Google vient d’annoncer le lancement d’une nouvelle fonctionnalité tout à fait géniale : la possibilité de rechercher des mots ou des phrases dans les vidéos des discours politiques américains, grâce à un système de reconnaissance vocale ! Le Google Elections Video Search gadget s’installe en un clic sur votre page d’accueil Google.

Il est probable que Google étendra progressivement ce nouvel outil de recherche à toutes les vidéos sur Youtube, mais pour l’instant il ne couvre que les discours hébergés sur les chaînes Youtube des politiciens américains. Leur “modeste contribution” à la campagne présidentielle, comme ils disent.

Voici un exemple de recherche sur le mot “France” :

Parfaite transition pour mon retour de vacances : le gouvernement thaïlandais menace de fermer 29 sites coupables d’offense au roi Bhumibol Adulyadej. La police a convoqué les responsables de ces sites accusés d’insulte à la monarchie, dont Prachataï, Fah Diew Kan et Hi-thaksin.net.

La Thaïlande n’en n’est pas à sa première censure du web : Youtube avait été bloqué 4 mois l’an dernier, le temps que Google accepte de retirer des vidéos parodiques mettant en scène le roi à côté d’un pied. Pour un Français, ça n’a l’air de rien - notre président de la République est bousculé bien plus durement chaque jour - mais les Thaïlandais ont un grand respect pour leur roi, souvent considéré comme un demi-dieu, et ont un immense dégoût pour les pieds. Selon leur tradition, il s’agit de la partie la plus sale et la moins noble du corps, car elle touche terre. Comparer quelqu’un à un pied est donc une terrible insulte. Et sachant que le crime de lèse-majesté est passible de 15 ans de prison, les webmasters incriminés doivent être dans leurs petits souliers.

Par ailleurs, le Computer Crim Act voté en juillet 2007 a conduit à la mise en place d’un numéro court (le 1111) pour permettre à chaque citoyen de dénoncer un site web jugé trop taquin à l’endroit du souverain. Aujourd’hui en Thaïlande, il est donc simple comme bonjour de faire fermer un site politique un peu trop critique.

Les internautes chinois (rappelons qu’ils sont maintenant 220 millions, plus nombreux que les internautes américains) utilisent à large échelle le web pour riposter contre les manifestations occidentales en faveur du Tibet. La censure du gouvernement chinois est en effet sélective, et laisse passer ce qui l’arrange quand il le faut.

Ainsi, des sites ont récemment été créés pour inciter au boycott de certaines marques françaises, dont LVMH et Carrefour.

Par ailleurs, Thomas Crampton, sur le blog de Loïc Le Meur et sur le sien, a relevé un certain nombre de vidéos patriotiques chinoises diffusées sur Youtube. Le néologisme de User Generated Propaganda est parfois utilisé.

La Chine n’est pas une démocratie, mais la voix de son peuple - certes peu éclairé à cause du filtrage de l’information - s’exprime aujourd’hui massivement sur Internet exactement comme dans une démocratie occidentale, en quelques clics.

Il y a deux semaines, la reine Rania de Jordanie a lancé une initiative sur Youtube pour une meilleure compréhension entre le Moyen-Orient et l’Occident. Par la création d’une chaîne dédiée, elle invite les internautes à s’exprimer sur les stéréotypes qu’ont les musulmans envers les Occidentaux, et vice-versa. Le but est d’utiliser les possibilités d’Internet pour améliorer le dialogue entre les peuples, et réduire le fossé des préjugés qui les séparent.

La chaîne commence à avoir un certain succès, l’appel de la reine ayant été vu plus de 1,2 million de fois, suscitant 20 vidéos en réponse et plus de 4700 commentaires. Classée 82ème femme la plus influente dans le monde par le magazine Forbes, l’épouse du roi Abdallah II semble s’investir réellement dans ce projet puisqu’elle a posté une deuxième vidéo il y a quelques jours.

Depuis le 1er avril, la Chine permet à nouveau l’accès aux versions anglaises des sites Wikipedia, Blogspot et Youtube, qui étaient inaccessibles depuis respectivement novembre 2006, janvier 2008 et mars 2008. Le récent blocage de Youtube était une tentative d’empêcher la diffusion en Chine des vidéos des émeutes au Tibet mises en ligne par des particuliers sur Internet. RSF espère qu’il ne s’agit pas d’un geste temporaire pour amadouer les pays occidentaux durant les Jeux Olympiques, et rappelle que des milliers de sites sont toujours bloqués par les autorités.

L’accès à Youtube est par contre devenu impossible en Indonésie depuis le 2 avril chez trois fournisseurs d’accès, toujours selon RSF. Le gouvernement a en effet demandé aux 146 opérateurs télécom locaux de procéder au blocage de plusieurs sites susceptibles de diffuser le film anti-islam “Fitna” : Youtube, MySpace, Metacafe, Rapidshare, Liveleak et Themoviefitna.com. Pour l’instant, seules 3 sociétés, dont le principal fournisseur d’accès du pays, PT. Excelcomindo, se sont pliées à cette demande de censure.

Illustration par CNet

Je vous entends déjà soupirer, encore un billet sur Obama et le web… Oui, mais aujourd’hui c’est pour commenter et vous recommander la lecture de deux bons articles qui poussent la réflexion plus loin, au-delà des petites vidéos virales du plus branché des candidats.

  • Politico.com : Welcome to the age of the soundblast
    Si le débat entre Kennedy et Nixon en 1960 a installé la télévision devant la radio comme média dominant pour les élections présidentielles américaines, le match démocrate de 2008 pourrait bien marquer la fin de sa domination au profit du web. Depuis 1960, les hommes politiques ont du s’adapter sans cesse à la diminution de leur temps de parole à l’antenne, la diffusion de longs discours étant remplacée par des courtes citations, souvent hors du contexte. C’est la pression de l’audimat et le zapping qui ont progressivement contraint les chaînes à privilégier les images choc et les petites phrases. Ainsi, le temps moyen accordé par la télévision aux citations des candidats à la présidentielle américaine est passé de 43 secondes en 1968, à 25 secondes en 1972 puis à 10,8 secondes en 2004. Ce phénomène est appelé “Sound bite shrinking”.
    Pourtant, Barack Obama a réussi à contourner cette contrainte en utilisant intensivement un nouveau média, le web. En effet, ses 800 vidéos sur Youtube ont été vues plus de 33 millions de fois, pour une durée moyenne de visionnage de 13 minutes. Et son grand discours de 37 minutes sur la race et l’union a été vu près de 4 millions de fois. Obama est ainsi le seul candidat qui a si bien su, non pas s’affranchir de la télévision, mais utiliser un canal complémentaire pour communiquer ses idées de façon approfondie, en se libérant des contraintes de format et de temps.
  • Mathoda : The Coming Digital Presidency
    Après avoir si brillamment utilisé Internet durant sa campagne pour diffuser ses idées, organiser ses militants et lever des fonds, quelles leçons tirera Barack Obama de son expérience online s’il est élu ? Dans quelle mesure ce média pourrait-il aussi lui être utile pour gouverner ?
    Tout d’abord, le vaste réseaux de supporters constitué durant la campagne pourront être facilement recontactés via Internet après l’élection, pour leur expliquer les décisions politiques du président. Le ciblage pourra être très granulaire grâce aux informations fournies lors de l’inscription. Barack Obama a également répété qu’il voulait améliorer la transparence - un argument important après 8 ans d’administration Bush -, notamment grâce à l’utilisation des nouvelles technologies. Le site web de la Maison Blanche devrait ainsi permettre à tous les citoyens d’accéder aux archives des contrats et accords gouvernementaux, des relations avec les lobbies, et de consulter et commenter les nouvelles lois. Au-delà du droit de regard, Obama a également l’intention de solliciter les Américains pour certaines décisions, en faisant appel, selon ses mots, à “l’expertise vaste et dispersée des citoyens américains pour aider le gouvernement à prendre des décisions mieux informées”. C’est le principe de la démocratie participative chère à Ségolène Royal, dans un pays où la souveraineté du peuple est la base de la Constitution, mais où paradoxalement, la volonté des Pères Fondateurs était que les représentants élus soient préservés des impulsions et émotions du peuple pour gouverner plus sereinement.

geert wildersLe député hollandais d’extrême droite Geert Wilders a mis en ligne jeudi dernier son court-métrage contre l’islam, intitulé “Fitna” (en arabe: division et discorde au sein de l’islam). Le film suscitait la polémique aux Pays-Bas avant même sa sortie, mais la presse et beaucoup d’internautes le considèrent finalement moins outrancier que prévu. Le court-métrage de 17 minutes, certes très racoleur, est en fait avant tout un montage d’images dures d’attentats terroristes, mais sans argumentaire réellement construit à l’encontre de l’islam. La communauté musulmane aux Pays-Bas est restée très calme, mais l’Iran dénonce “une vendetta de la part de citoyens occidentaux contre l’islam et les musulmans” et des manifestations auraient eu lieu au Pakistan.

Initialement mis en ligne sur la sulfureuse plateforme britannique de vidéos LiveLeak, le film a été retiré dès le lendemain suite aux menaces pesant sur le personnel. Ce qui n’a pas empêché sa traduction immédiate et sa diffusion sur d’autres plateformes telles que Google Vidéo ou Youtube. Selon les premiers chiffres, plus de 3 millions d’internautes auraient regardé la vidéo dès la première journée, et elle figure dans le Top 5 de ViralVideoChart.
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Voici la création qui a remporté la semaine dernière le prix de la meilleure vidéo des Youtube Awards 2007 dans la catégorie Politique : Stop the Clash of Civilizations de Avaaz.org. La vidéo dresse le parallèle entre musulmans et occidentaux, et pointe du doigt les idées reçues qui mènent au choc des civilisations.

free tibetLes émeutes qui sévissent depuis la semaine dernière au Tibet ont déjà fait 13 morts selon les autorités chinoises, et plus probablement 80 selon des sources tibétaines. Le gouvernement chinois n’hésite pas à faire preuve de la plus grande violence pour étouffer la rébellion à Lhassa. La guerre des médias étant cruciale pour contrôler l’opinion publique, les médias traditionnels chinois ne montrent aucune information ou image en défaveur du gouvernement. Mais Internet est plus difficile à maîtriser, des vidéos tournées en secret ayant fleuri sur le web ces derniers jours.
Du coup, la Chine vient de bloquer sans aucun commentaire l’accès à Youtube pour empêcher ses 210 millions d’internautes d’accéder à des vidéos qui pourraient nuire aux autorités. Par ailleurs, des plateformes locales telles que 56.com, youku.com et tudou.com n’affichent pas non plus de vidéos des émeutes actuelles.

Avec une population d’internautes qui va bientôt dépasser celle des Etats-Unis, la Chine ne fait pas que juguler le réseau mondial, elle apprend aussi à l’utiliser à son avantage. En effet, des vidéos pro-chinoises tournent sur Youtube et de nombreux sites et blogs en faveur du gouvernement existent sur la Toile. Par ailleurs, tous les sites hébergés sur le sol chinois sont sévèrement contrôlés, et une loi du 30 janvier 2008 restreint maintenant le partage de vidéos en ligne aux seuls sites détenus par l’Etat.
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