sept
3
Affichée sur Wikipédia avant même d’être annoncée dans les médias traditionnels, la nomination de Sarah Palin comme Vice-Président de John McCain a déclenché un véritable feu d’artifice sur Internet.
Auprès des vrais geeks politiques, c’est la nouvelle mode des “Little Know Facts” qui fait fureur. Le jeu consiste à diffuser sur Twitter des “le saviez-vous” hilarants (et presque toujours complètement faux) sur la colistière républicaine.
Un exemple similaire ? Le site SarahPalinIsYourNewSegway.com, qui n’a d’autre but que d’afficher des phrases drôles commençant par “Sarah Palin is Your New…”. Un carton.
Le buzz a aussi pris d’autres formes. Le quotidien italien “La Stampa” s’est fait piéger en diffusant une fausse couverture de Vogue, qui aurait mis en vedette Sarah Palin en 2007. Il s’agissait en fait d’un montage Photoshop qui circulait sur le web.
On s’est même laissé dire que cette mère de famille aurait été hacker il y a quelques années. Rumeur finalement démentie, elle agissait légalement en tant que procureur.
Et comme si cela ne suffisait pas, Sarah Palin donne encore plus de matière à buzzer avec sa fille de 17 ans, tombée enceinte un peu trop vite. Les internautes américains ne savent plus où donner du clavier, avec une cliente pareille.
La gouverneur de l’Alaska va-t-elle devenir une égérie d’Internet, un “mème“ ? Barack Obama ne doit pas en revenir : pour la première fois, le web s’agite pour quelqu’un d’autre que lui.
Edit du 4 septembre : Le Monde semble avoir la même analyse, dans un papier intitulé Avec Sarah Palin, les républicains espèrent avoir trouvé leur “Obama”. Certes, il s’agit d’une comparaison sur le plan politique, mais il y a fort à parier que Sarah Palin va également devenir l’alter-ego républicain d’Obama sur Internet.
juin
22
Ségolène Royal est aujourd’hui l’une des personnalités politiques françaises à faire l’usage le plus intensif du web, alors que des anciens candidats comme François Bayrou ou Nicolas Sarkozy ont presque oublié Internet depuis la fin de la campagne présidentielle 2007.
Il y a quelques jours, l’équipe de la Ségosphère annoncait par e-mail le lancement de la nouvelle version du site Desirsdavenir.org, un peu délaissé depuis la présidentielle.
D’un point de vue esthétique et fonctionnel, cette nouvelle mouture est assez réussie, avec une jolie charte graphique, et une navigation claire et agréable. Destiné à être le navire amiral de la communication online de Ségolène, le site met en ligne agenda, discours, médias, et dispose de fonctionnalités spéciales pour les comités locaux ou les “jeunes d’avenir”.
Du côté des débats participatifs chers à Ségolène Royal, une rubrique permet aux internautes de s’exprimer sur certaines sujets. Seulement cinq sujets de dissertation pour l’instant, mais fort ambitieux, comme par exemple “Un Parti socialiste efficace et ouvert”. Tout un programme. Espérons d’ailleurs que cela finira par déboucher sur un programme.
Le site pointe également vers d’autres spots de l’univers web de Ségolène Royal:
- Un groupe Facebook - incoutournable en 2008 - qui compte un peu moins de 400 membres.
- Une galerie Flickr toute récente (10 juin), sur laquelle viennent d’être mises en lignes des photos de meetings remontant à la campagne présidentielle. Il faudra voir si cette galerie sera régulièrement alimentée.
- Une chaîne Dailymotion à peine plus ancienne (9 juin), qui regroupe déjà 265 vidéos mais seulement 34 fans.
- Un Skyblog créé en mars 2007, et non actualisé depuis octobre. Encore un Skyblog à l’abandon…
- Un article Wikipédia. Il est assez étrange de faire un lien vers l’encyclopédie collaborative, car elle est censée être neutre. Or, montrer ainsi que l’équipe web garde un oeil attentif sur ce qui est écrit à propos de Ségolène Royal ne rassure pas quant à la neutralité de Wikipédia.
A signaler également, une interview récente de Ségolène par plusieurs blogueurs politiques, dont Maxime Pasino, Marie-Isabelle Pichon, Dagrouik et Lt Casaldi. Dans une ambiance de goûter de mercredi après-midi, l’entretien fleure un peu l’amateurisme scolaire, face à une institutrice qui a l’air de s’ennuyer avec ces blogueurs “militants politiques modernes”, comme ils disent. De toutes façons, la prise de son est ratée. Bref, je vous en dispense.
Photographie de Richard Ying.
juin
20
L’encyclopédie collaborative Wikipédia figure aujourd’hui parmi les 10 premiers sites mondiaux (source Alexa), avec plus de 60 millions de visiteurs uniques chaque mois. Elle est devenue une source de renseignement quotidienne pour les internautes, squattant la première position de Google pour à peu près toutes les requêtes possibles et imaginables.
Cet Oracle du web est certes extraordinairement utile, et son système d’intelligence collaborative représente le meilleur du Web 2.0, mais son hégémonie implique de respecter une règle absolue de neutralité des articles. Il s’agit d’ailleurs de l’un des 5 principes fondateurs de l’encyclopédie.
Or, la puissance de Wikipédia en fait un immense terrain de bataille pour tous ceux qui veulent diffuser des informations selon leur point de vue, notamment sur les sujets politiques. Pendant le débat de l’entre deux tours de la présidentielle 2007, des partisans avaient modifié en direct l’article consacré à l’EPR, voulant faire croire que Nicolas Sarkozy avait raison en affirmant qu’il s’agissait d’un réacteur de 4ème génération.
Il y a aussi des sujets de discorde bien plus graves, qui se jouent de façon invisible pour le lecteur lambda. Le conflit israélo-arabe est l’un d’entre eux. Depuis des mois, deux groupes partisans opposés - CAMERA et Electronic Intifada - composés de volontaires, s’affrontent en ligne pour modifier à leur façon tous les articles impliquant des enjeux israéliens et arabes.
Selon Aish.com1, de nombreux biais anti-israéliens existent sur Wikipédia, sous 3 formes : vandalisme, fausses allégations et tentatives de marginaliser Israël. Ceci se traduit par exemple en essayant de définir Jérusalem comme “capitale de la Palestine”, ou plus sournoisement en mettant des liens vers des sources externes clairement antisémites dans des articles tels que “Egypte” ou “Camp David”, dont l’audience est considérable. Ou encore, sur la page consacrée aux “massacres de la guerre israélo-palestienienne de 1948″, en ne listant que ceux commis par les Israéliens.
Cette lutte souterraine connaît parfois des moments très tendus. Fin avril, des “accrochages” ont mené au bannissement de plusieurs membres de CAMERA, dénoncés par Electronic Intifada aux administrateurs de l’encyclopédie. L’histoire complète est à lire sur Aish.
Pour poursuivre votre réflexion, sachez que Valeurs Actuelles a publié récemment un papier sur les défauts de l’encyclopédie en ligne, et ce blog anti-Wikipédia en relève tout un catalogue.
Image : logo de Wikipédia modifié par le groupe anti-israélien Electronic Intifada.
- un portail communautaire juif, certes, mais dont l’article est indiscutablement argumenté et étayé [↑]