Jaroslaw KaczynskiContrairement à la Suisse qui expérimente progressivement le vote en ligne, la Pologne n’est pas près de laisser les citoyens exprimer leur voix par Internet. L’ex-premier ministre Jaroslaw Kaczynski (frère jumeau du président de la république) vient en effet de donner son point de vue éclairé sur la question. “Les Polonais ne doivent pas pouvoir voter en ligne, parce que l’Internet n’attire que les amateurs de pornographie et de bière” a-t-il déclaré sur le site web (si, si) du parti conservateur Droit et Justice.

La Pologne étant chroniquement confrontée à une forte abstention, une commission étudie actuellement les moyens d’inciter les citoyens à exercer leur devoir civique, et le vote par le web était une piste de réflexion. Or l’ancien premier ministre se prononce contre, estimant que la population internaute est un électorat plus influençable (ou plus informé ?) : “C’est le groupe le plus facile à manipuler, pour leur suggérer pour qui voter”. Il est assez étrange de considérer les internautes comme un groupe isolé, quand on sait que plus d’un Européen sur deux est connecté (41% en Pologne). Bientôt cela paraîtra aussi absurde que de dénoncer les téléspectateurs comme étant des gens spécialement influençables.

Contre toute attente, Kaczynski n’est pas un féru de nouvelles technologies : il n’utilise ni Internet, ni téléphone mobile, et ne possède pas de compte en banque. Par ailleurs, son parti avait perdu les élections législatives d’octobre 2007 notamment à cause du vote des jeunes et des urbains, et ses adversaires politiques avaient mieux tiré profit du web durant la campagne que le parti conservateur.

suisseLe système politique suisse a la particularité de faire voter très souvent ses citoyens, qui expriment leur avis pour de nombreuses décisions fédérales et locales lors de votations. Malgré le proverbial sens civique des Suisses, ceci entraîne inévitablement un taux de participation assez faible, 42% en moyenne. Pour faciliter la participation des habitants aux votations, le gouvernement s’intéresse donc à la mise en place d’un outil de vote par Internet, et effectue actuellement des tests dans certains cantons.

Un sixième test a justement eu lieu le 24 février dans le canton de Neuchâtel, où 1500 personnes qui s’étaient préalablement portées volontaires ont voté depuis leur ordinateur. Selon la Chancellerie fédérale tout s’est bien passé, ce qui rapproche la Suisse de la généralisation du système à l’échelle de tout le pays.

Source : Forum e-démocratie.

democrats-abroadIl s’agit d’une première : les américains expatriés à travers le monde peuvent voter en ligne pour les primaires démocrates du 5 au 12 février. Depuis 1976, les Democrats Abroad (démocrates à l’étranger) sont reconnus comme une section officielle du parti démocrate et peuvent voter par correspondance aux scrutins présidentiels et parlementaires. Aujourd’hui, avec plus de 6 millions d’américains concernés, les expatriés ont un véritable poids électoral, d’autant plus important lorsque la compétition est serrée comme c’est le cas actuellement entre Hillary Clinton et Barack Obama.

Auparavant, le vote par correspondance des électeurs démocrates et républicains se faisait par courrier, fax, ou dans l’un des 30 centres prévus à travers le monde. Mais le processus manquait terriblement de fiabilité : lors des élections générales de 2006, sur les 992 000 bulletins de vote reçus de l’étranger, seuls 330 000 sont arrivés à bon port dans les délais et ont été comptabilisés.

Le site votefromaboard.org permet donc cette année aux électeurs démocrates de voter en ligne, grâce à une procédure très sécurisée développée par la société Everyone Counts, qui possède de l’expérience dans le domaine puisqu’elle organise déjà le vote par Internet du Parti Travailliste britannique depuis 2000.