oct
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On s’en souvient, Nicolas Princen Sarkozy avait (re)lancé fin mai sa page Facebook, sur le ton détendu qui est de mise sur le web. On y apprenait ainsi qu’il avait lu deux livres et vu un film de Charlie Chaplin. Depuis le 22 mai, pourtant, les 162 000 groupies du Chef de l’Etat (on en a tous quelques uns parmi ses friends, avouez) sont restés sur leur faim, car seulement 8 mises à jour ont été publiées sur son mur.
Pourtant, le geek qui sommeille en notre Président se réveille avec les frimas de l’automne : à l’occasion du prochain sommet de Copenhague, consacré au réchauffement climatique, il ouvrira un compte Twitter pour nous rendre compte à chaque instant de l’avancement des négociations internationales. Vous imaginiez déjà Nicolas Sarkozy en train de se cacher sous son pupitre ou derrière Angela Merkel pour twitter frénétiquement sur son Blackberry ? Naïf que vous êtes ! Franck Louvrier nous avoue en réalité que « le président n’utilisera pas lui-même Twitter, mais on détaillera sa démarche tout au long du sommet et l’évolution des négociations ». Dommage.
Mais ce n’est pas tout : entraînée par la fièvre technologique de son mari, Carla Bruni-Sarkozy a inauguré aujourd’hui son propre site, carlabrunisarkozy.org. Non, vous ne pourrez pas y écouter des extraits de son dernier album culte, car il y avait déjà un site pour Carla Chanteuse. Cette fois, c’est de Carla Première Dame de France qu’il s’agit. Manque de chance, elle a du se faire recommander son hébergeur par Ségolène Royal, car ce soir, le site était tombé en raison d’un trop grand nombre de connexions.
En revanche, à Dominique de Villepin, Ségolène Royal n’a peut-être pas refourgué son hébergeur, mais certainement sa géniale inspiration graphique. Etrangement intitulé VillepinCom.net – « Com » pour « communauté » et non pas « communication » – c’est d’une plateforme communautaire qu’il s’agit, comme le confirme Brigitte Girardin, à l’origine de ce petit chef d’oeuvre du web. C’est vrai : on peut s’inscrire pour commenter les articles, et il y a même un forum1. Et tout ça grâce à une gestion de projet étonnamment visionnaire : « Au départ, on voulait juste faire un site, mais on s’est rendu compte que l’avenir était aux réseaux sociaux et que la plupart des partis allaient dans cette direction » raconte Brigitte Girardin. Retenez bien : l’avenir est aux fameux réseaux sociaux, vous en entendrez bientôt parler.
Allez, après tant de mauvaise foi, finissons sur une note positive : l’Elysée aurait comme projet de mettre en ligne un site « très interactif » d’ici la fin de l’année. Espérons que Ségolène Royal ne va pas leur refiler son développeur.
- ne soyons pas mauvaise langue : chaque utilisateur peut effectivement créer son profil, un peu à la Facebook [↑]
juin
13
Elles ne sont pas toujours diffusées par les médias traditionnels, qui relaient plus volontiers les altercations entre politiciens de partis opposés. Mais la politique est aussi le théâtre de scènes violentes entre élus du même camp : on en a vu (re)surgir plusieurs ces derniers temps, sur le web. Voici les meilleures scènes.
Ségolène royale. Lors d’une séance du conseil régional de Poitou-Charentes le 26 février dernier, une sérieuse altercation a éclaté entre la présidente (de région) Ségolène Royal et plusieurs membres de l’assemblée dont Jean-François Fountaine, lui-même socialiste. Cette scène, qui avait été diffusée à la télévision en février, est soudainement réapparue de manière opportune sur Internet il y a quelques semaines, au moment où l’ex-candidate annonce ses ambitions à la tête du Parti Socialiste.
Maxime Gremetz enragé. Décidément, les conseils ne se passent pas toujours dans une ambiance feutrée. Lors du conseil régional de Picardie le 28 avril dernier, le député communiste Maxime Gremetz en vient carrément aux mains avec ses homologues socialistes, qui tentent de lui faire quitter la salle. Observez la technique d’attaque très particulière de l’élu en costume
Christine Boutin, ministre du logement, et Claude Goasguen, maire UMP du 16ème arrondissement, se sont chamaillés en direct devant les journalistes le 11 juin, lors d’une visite de Christine Boutin venue inaugurer un centre d’hébergement pour SDF. Claude Goasguen revient sur cet épisode sur son blog.
Villepin sur la presse « pâtée pour chat ». Ce n’est pas une dispute, mais Dominique de Villepin a vivement critiqué la presse, et indirectement le président de la République, lors d’un débat organisé par Politique.net et Dauphine. Il dénonce « l’esprit de cour » et les industriels « partie prenante du jeu politique » (Le Figaro), qui seraient une « vérole pour la démocratie ». L’ancien premier ministre ne mâche pas ses mots, allant même jusque à trouver que la presse avait un plus grand esprit d’indépendance sous l’Empire. C’est évidemment son ennemi juré Nicolas Sarkozy qui est visé, et Dominique de Villepin se fait l’écho – à droite – de la critique selon laquelle les médias seraient fortement influencés par l’Elysée. Avec cette phrase désabusée, inquiétante car elle vient de quelqu’un qui sait de quoi il parle : « En politique, la transparence est toujours le maquillage de quelque chose. » Décidément, les hommes politiques ne sont jamais aussi passionnants que lorsqu’il sont retirés de la vie publique.