juin
13
Elles ne sont pas toujours diffusées par les médias traditionnels, qui relaient plus volontiers les altercations entre politiciens de partis opposés. Mais la politique est aussi le théâtre de scènes violentes entre élus du même camp : on en a vu (re)surgir plusieurs ces derniers temps, sur le web. Voici les meilleures scènes.
Ségolène royale. Lors d’une séance du conseil régional de Poitou-Charentes le 26 février dernier, une sérieuse altercation a éclaté entre la présidente (de région) Ségolène Royal et plusieurs membres de l’assemblée dont Jean-François Fountaine, lui-même socialiste. Cette scène, qui avait été diffusée à la télévision en février, est soudainement réapparue de manière opportune sur Internet il y a quelques semaines, au moment où l’ex-candidate annonce ses ambitions à la tête du Parti Socialiste.
Maxime Gremetz enragé. Décidément, les conseils ne se passent pas toujours dans une ambiance feutrée. Lors du conseil régional de Picardie le 28 avril dernier, le député communiste Maxime Gremetz en vient carrément aux mains avec ses homologues socialistes, qui tentent de lui faire quitter la salle. Observez la technique d’attaque très particulière de l’élu en costume
Christine Boutin, ministre du logement, et Claude Goasguen, maire UMP du 16ème arrondissement, se sont chamaillés en direct devant les journalistes le 11 juin, lors d’une visite de Christine Boutin venue inaugurer un centre d’hébergement pour SDF. Claude Goasguen revient sur cet épisode sur son blog.
Villepin sur la presse “pâtée pour chat”. Ce n’est pas une dispute, mais Dominique de Villepin a vivement critiqué la presse, et indirectement le président de la République, lors d’un débat organisé par Politique.net et Dauphine. Il dénonce “l’esprit de cour” et les industriels “partie prenante du jeu politique” (Le Figaro), qui seraient une “vérole pour la démocratie”. L’ancien premier ministre ne mâche pas ses mots, allant même jusque à trouver que la presse avait un plus grand esprit d’indépendance sous l’Empire. C’est évidemment son ennemi juré Nicolas Sarkozy qui est visé, et Dominique de Villepin se fait l’écho - à droite - de la critique selon laquelle les médias seraient fortement influencés par l’Elysée. Avec cette phrase désabusée, inquiétante car elle vient de quelqu’un qui sait de quoi il parle : “En politique, la transparence est toujours le maquillage de quelque chose.” Décidément, les hommes politiques ne sont jamais aussi passionnants que lorsqu’il sont retirés de la vie publique.
mai
5
Les jeunes UMP refont Mai 68 quarante ans plus tard
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Le buzz de la semaine, ce n’est pas chez Barack Obama, mais chez les jeunes UMP que ça se passe. De nombreux blogueurs politiques ont en effet reçu un e-mail faisant la promotion d’un débat avec André Glucksmann le 7 mai, et par la même occasion du site 40ansplustard.fr. Ce sont les jeunes militants de l’UMP Grandes Ecoles - et non pas de la Sorbonne - sous la houlette de Frédéric Lefebvre qui remettent Mai 68 au goût du jour, mais cette fois du côté de la majorité. Selon eux, la jeunesse qui bouge a changé de camp : elle porte désormais la mèche, un polo Ralph Lauren et des chaussures de bateau (vous savez, avec les lacets en tire-bouchon).
L’initiative est si gauche (je n’ai pas pu résister) dans sa réalisation qu’on n’y croit pas un instant. Les 4 jeunes populaires qui nous expliquent sur la page d’accueil pourquoi ils se sentent les héritiers du mouvement de nos parents ne sont pas crédibles une seconde. Alors forcément, la blogosphère - surtout de gauche - ne les a pas loupés. D’autant que l’e-mail envoyé aux blogueurs “influents” affichait l’ensemble des destinataires, ce qui n’est pas très adroit. Depuis quelques jours, cette opération suscite ricanements et grincements de dents un peu partout : Birenbaum essaie d’être drôle, Maxime Pisano essaie de l’imiter, Finis Africae dit des gros mots, Embruns en dit encore plus, Luc Mandret parle de lui comme toujours, Vinz grommelle gentiment, Versac s’énerve méchamment, Marianne relève le niveau, et tout le réseau web officiel de l’UMP diffuse l’info. Seuls Authueil et l’Assistant parlementaire semblent avoir compris qu’en la matière, peu importe qu’on se moque ou non, l’essentiel est qu’on parle de vous.
Et incontestablement, les “jeunes pop” ont réussi un joli coup de bluff, on ne parle que d’eux ces jours-ci sur le web politique. Leur groupe Facebook compte plus de 500 membres. La question qui demeure est de savoir s’ils ont fait exprès ou non de susciter ces railleries pour créer le buzz. Ce serait sans doute les surestimer que de penser qu’ils ont été assez subtils pour créer sciemment une opération second degré. Mais il faut leur reconnaître le mérite de n’avoir pas hésité à communiquer complètement à contre-courant de leurs idéaux politiques historiques, pour occuper le terrain. Comme quoi, quand on ose…
avr
1
Raffarin quitte l’UMP
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C’est en tous cas le scoop annoncé aujourd’hui par le site collaboratif Agoravox, ce qui a suscité un certain émoi et des gorges chaudes à l’Assemblée Nationale : raté, il s’agissait d’un poisson d’avril !
Dans un long article intitulé “Majorité présidentielle : l’éclatement attendu de l’UMP“, Agoravox affirmait en effet le plus sérieusement du monde que l’ancien Premier ministre allait créer son propre parti :
Ce matin vers 9 h 30, c’est au Sofitel Saint-Jacques de Paris, que l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a lancé la nouvelle. Une nouvelle qui va bouleverser le paysage politique français.
Entouré des anciens ministres Pierre Méhaignerie, vice-président de l’UMP comme lui et président de la Commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale, et de François Goulard, député-maire de Vannes, Jean-Pierre Raffarin a annoncé la création d’un nouveau parti, l’Union des démocrates populaires (UDP).
Fort du soutien de plusieurs dizaines de députés et de sénateurs, Jean-Pierre Raffarin a expliqué qu’il était difficile, pour de nombreux parlementaires de la majorité, de travailler au sein de l’UMP entièrement vouée à la promotion exclusive du président Nicolas Sarkozy.
D’une part, l’UDP se défend d’être dans l’opposition, mais revendique le pluralisme de la majorité présidentielle.
D’imaginaires réactions de parlementaires ont été inventées pour plus de crédibilité. Ainsi, François Fillon condamne cette initiative, Jean-François Copé dénonce une “véritable agression de l’intérieur” vouée à l’échec, et Nadine Morano s’emporte contre “ces félons qui trahissent le président de la République”. Au centre et à gauche au contraire, on s’en réjouirait : François Bayrou salue l’initiative tout excluant une alliance avec l’UDP, et Laurent Fabius relève “le courage politique de Jean-Pierre Raffarin”.
Si l’on en croit les commentaires, une bonne partie des internautes a mordu à l’hameçon, tout comme un certain nombre de députés aujourd’hui à l’Assemblée. Et même, selon un collaborateur de groupe parlementaire, “ça devait bien finir par arriver”. Une autre fois, peut-être ?
mar
24
Eric Besson, secrétaire d’Etat à l’économie numérique
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Mardi 18 mars, à l’occasion du remaniement ministériel post-municipales, le portefeuille d’Eric Besson, Secrétaire d’Etat à la prospective et à l’évaluation des politiques publiques, a été élargi au développement de l’économie numérique. Alors que la création d’un tel poste était demandée depuis fort longtemps par les acteurs du secteur, et préconisée par le rapport Attali, la nomination de cette figure de “l’ouverture” a néanmoins été inattendue. Quelques jours auparavant, ZDNet avait listé 10 personnalités pressenties à ce poste, et M. Besson n’y figurait pas, les favoris étant plutôt Thierry Solère, Valérie Pécresse ou André Santini.
La création de ce portefeuille a été accueillie assez positivement par la sphère des nouvelles technologies et du web, même si certains regrettent qu’il ne s’agisse pas d’un poste dédié, et pointent le manque d’expérience d’Eric Besson en la matière (voir le tour d’horizon d’iPol). Ceci étant, si les ministères ne devaient être dirigés que par des experts, il n’y aurait plus d’hommes politiques au gouvernement, mais des scientifiques et des profs.
Le secrétaire d’Etat rapportera directement au Premier Ministre. Ses premiers chantiers devraient être ceux qu’il avait énoncés en novembre 2007 : renforcement de la protection intellectuelle, encouragement à l’innovation dans les PME et accès privilégié des PME aux marchés publics. Le renforcement de la protection intellectuelle risque néanmoins de susciter des remous, l’April affichant déjà ses réserves face à une attitude inspirée des Américains, qui étoufferait la créativité et la liberté sur Internet. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a promis lors du CeBIT 2008 un accès au haut-débit pour tous les Français d’ici 2012.
En tous cas, il faut espérer qu’Eric Besson saura s’entourer de meilleurs spécialistes que ceux qui ont conçu le site de son mouvement Les Progressistes, car j’en avais fait une analyse très décevante.
mar
23
Après les élections, que deviennent les sites des candidats ?
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Une semaine après le 2ème tour des municipales, les perdants ont séché leurs larmes, les plus de 5% se sont assis sur leur siège tout neuf, et les élus ont revêtu leur belle écharpe tricolore. Mais une fois le fracas de la campagne passé, les tracts jetés au pilon et les militants repartis, que deviennent les sites et les blogs des candidats, qui étaient jusqu’au 16 mars la preuve affichée de leur modernité et de leur volonté de communiquer directement avec les citoyens ? Zoom sur quelques cas.
A Paris, le “vlog” de Bertrand Delanoë a été à peine mis à jour depuis dimanche dernier : le verbatim de son discours de réélection a été copié-collé, ainsi que la liste des adjoints à la mairie. C’est tout.
Mais c’est toujours mieux que pour ses deux principales adversaires. Chez Françoise de Panafieu, la vie s’est arrêtée après sa déclaration du 1er tour : ni merci ni au revoir, le site n’a pas reçu la moindre mise à jour. Marielle de Sarnez (MoDem) a elle aussi posé un lapin à ses militants : malgré un “nous nous retrouvons lundi” posté l’avant-veille du deuxième tour, personne n’est revenu. On note avec un sourire que le dernier billet indique “qu’aucun nouvel article ou nouveau commentaire ne sera publié à partir de vendredi 14 mars minuit” alors qu’il est daté du 15 mars.
En revanche, Jean-Marc Restoux, le candidat SDF du 6ème arrondissement, passé la déception du 1er tour, fait un bilan de campagne en vidéo dans lequel il annonce sa volonté de poursuivre l’aventure.
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mar
22
Panafieu en larmes
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Jean-Marc Morandini a mis en ligne sur son blog une séquence d’un reportage de Canal+, “Le Paris en or de Bertrand Delanoë” de Vanessa Schneider, diffusé jeudi 20 mars dans “Jeudi Investigation”. Une séquence particulièrement forte et rare montre la candidate UMP à Paris fondre en larmes entre les deux tours des municipales. La vie politique est rude, et même les années d’expérience ne peuvent constituer un blindage à toute épreuve.
mar
1
Sur les prospectus et sur le site de campagne de Françoise de Panafieu, actuelle maire du 17ème arrondissement de Paris et candidate pour un nouveau mandat, s’affiche une grande photo des 39 colistiers de la “Liste de l’Union pour un Paris Gagnant dans le 17ème”, posant tout sourires devant la mairie de l’arrondissement.
Mais à regarder de plus près sur le prospectus (sur le site, la photo est un peu trop petite), il s’avère que l’équipe ne devait pas être au complet ce jour là car on voit nettement que les têtes de Christine Dumas, n°3 et Sénatrice de Paris, et de M’Backe Sow, n°36 et artiste-musicien-naturopathe de son état, ont été ajoutées sur cette photo avec un logiciel de retouches d’images. La manipulation n’a pas du être effectuée par un graphiste professionnel.
On savait que Françoise de Panafieu avait des difficultés à fédérer des électeurs, mais apparemment elle a aussi du mal à rassembler toute son équipe…

fév
21
Cette campagne des municipales est décidément riche en buzz et en petites vidéos assassines : cette fois c’est au tour de Dominique Perben, candidat UMP à la mairie de Lyon, de voir son image mise en danger par une phrase maladroite. Dans une interview mise en ligne sur son site de campagne mardi 20 février, on le voit motiver ses troupes en ces termes : “Ce que je veux vous dire aujourd’hui, c’est qu’il reste trois semaines, qu’il faut mettre le paquet, qu’on va mettre le turbo, et qu’on va les défoncer”. La vidéo a été publiée par inadvertance par l’équipe UMP, et n’est restée que quelques heures en ligne : une seconde version adoucie l’a remplacée, dans laquelle le mot litigieux avait disparu. Contactée par 20minutes, l’équipe de campagne a livré quelques explications confuses : “Cette phrase était dans un montage destiné aux militants. Elle n’aurait pas dû être en ligne. C’est une erreur” assure une permanente, tandis que l’administrateur du site écrit de son côté : “Nous avons eu un problème de poids de fichier et il a fallu recalibrer la vidéo”.
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fév
20
Ca n’a pas raté : alors que tourne sur le Net depuis quelques jours une vidéo de Jean-Marie Cavada sur laquelle on le voit ne pas réagir aux propos antisémites de l’écrivain Yvan Stefanovitch, la polémique a tellement enflé que le candidat UMP à la mairie du 12ème arrondissement a du s’expliquer. Un proche avait pourtant juré qu’ils regarderaient avec “détachement” la blogosphère “s’acharner”.
Et en fait de détachement, ayant pris conscience de l’image désastreuse qui se propageait sur le web, Cavada a finalement décidé de plaider la bonne foi dans une interview au quotidien Métro. Il refuse le “procès qu’on essaie d’instruire” et affirme: “Il y avait beaucoup de monde et au moment où M. Stefanovitch a tenu ces propos je discutais en aparté avec quelqu’un. Je n’ai donc pas entendu. Dans le cas contraire, j’aurais évidemment réagi. Je ne peux pas accepter le moindre relent d’antisémitisme ou de racisme.”. Et de contre-attaquer carrément : “nos adversaires politiques dans le XIIe arrondissement essaient de capturer le martyrologue du peuple juif pour essayer d’en faire un argument électoral en leur faveur”. Réponse dont fait mine de s’ulcérer le PS en la personne de Patrick Bloche, directeur de campagne de Bertrand Denaloë, qui dénonce des “insinuations inacceptables” et des “accusations calomnieuses et extrêmement graves”. En tous cas, Jean-Marie Cavada n’est pas près d’oublier cette petite leçon de politique-polémique sur le web.
fév
17
Françoise de Panafieu est décidément la reine du buzz négatif sur Internet. Cette semaine, elle fait une nouvelle fois parler d’elle - mais pas de son programme - depuis qu’elle a traité son adversaire socialiste de “tocard”. A la sortie d’une séance du conseil municipal, l’actuelle maire du 17ème arrondissement et candidate UMP s’exaspère en effet de voir toutes les caméras tournées vers Bertrand Delanoë. Elle lâche alors ce mot peu amène sous l’oeil de Canal+, qui diffuse l’extrait dans l’émission Dimanche+ du 11 février. L’insulte est plus comique que violente mais la séquence se répand comme une traînée de poudre sur le web, avec plus de 70 000 visionnages sur Dailymotion.
Interrogée par LCI, elle s’en explique quelques jours plus tard dans une interview.
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fév
16
Jean-Marie Cavada, candidat à la mairie du 12ème arrondissement de Paris, ex-Modem et soutenu par l’UMP pour les municipales, se retrouve piégé en pleine campagne par une vidéo le montrant en train d’assister à des propos antisémites. Le 13 février, il participe en effet à une réunion publique à laquelle le journaliste Yvan Stefanovitch présente son livre Bertrand le Magnifique, une enquête sur le système Delanoë. Après une introduction flatteuse, JM Cavada écoute le court discours de l’auteur, qui prend rapidement des allures douteuses à connotations antisémites.
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fév
12
Christophe Grébert, blogueur candidat à Puteaux
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Christophe Grébert, personnalité bien connue de la blogosphère politique française depuis 2002 grâce à son blog Monputeaux.com, et ex-militant socialiste, a décidé en mai 2007 de passer du rôle de blogueur critique à celui de candidat politique bien réel. Il présentera donc en mars une liste “d’ouverture”, composée de colisitiers apparentés UMP, Modem, PS et Verts.
Il faut dire que la ville de Puteaux est depuis longtemps le théâtre d’une guerre familiale extraordinaire entre le député-maire UMP actuel, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, et son père Charles Ceccaldi-Raynaud, ancien maire de 1969 à 2004. Charles Ceccaldi-Raynaud avait en effet laissé en 2004 son siège à sa fille pour raisons de santé, ne restant que simple conseiller; mais il a ensuite voulu reprendre sa place, considérant que la maire actuelle n’avait pas les compétences pour cette fonction. Cette “guerre des Ceccaldi” a donné lieu à des situations rocambolesques, comme ce conseil municipal du 1er février où père et fille se sont invectivés avec violence, sous les huées du public.