cyber-terroriste-150x150L’Institut National des Hautes Etudes de Sécurité (Inhes), un organisme rattaché au Ministère de l’Intérieur, a récemment sorti une publication consacrée aux sites de propagande djihadiste. Selon l’article du Figaro qui commente cette étude, “le djihadisme sur Internet a pris des proportions industrielles et menace ouvertement la France“. Lesquelles proportions industrielles sont chiffrées quelques paragraphes plus bas : il existait 74 sites djihadistes en 2006, et environ 200 aujourd’hui. Voilà qui ne semble pas si faramineux, ni en valeur absolue, ni en progression. Concernant l’audience de ces sites, Le Figaro en cite un consacré à la résistance irakienne qui comptabiliserait “deux cents visites quotidiennes“. Faible, surtout si la moitié des visiteurs arrive au hasard d’une recherche Google. 

Quoi qu’il en soit, l’étude entend démontrer qu’Internet est un vecteur idéal pour le recrutement de candidats et pour la propagation d’idées islamistes, grâce à l’affranchissement de toute censure, et à la possibilité de toucher un très large public à un coût minime. Indiscutablement, ce sont les avantages de ce média. Plus inquiétant, les islamistes se professionaliseraient, au point de faire appel à des “agences de marketing” pour leur propagande, et même de se familiariser avec des techniques du Web 2.0 : les forums et les chats. A mon sens, ce serait du web “1.5″, mais pas plus… Concernant les sites islamistes identifiés, l’étude recommande de les placer sous surveillance plutôt que des les faire fermer, car ils réapparaissent ailleurs dans les 24 à 72 heures. Du bon sens, en effet. Enfin, les auteurs reconnaissent que “Internet et sa propagande ne sauraient suffire. Ils ne sont que des conditions nécessaires et des prérequis. Une mise en relation humaine est indispensable.

Bref, le Ministère de l’Intérieur prend conscience que les islamistes, comme n’importe quelle autre organisation ou entreprise, utilisent les avantages du web pour leur communication : faible coût, large potentiel d’audience, flexibilité, rapidité de propagation… Mais finalement, il est sans doute plus facile pour les Etats d’espionner une activité sur Internet que dans des grottes en Afghanistan. La menace venue du web islamiste est donc certainement à relativiser.

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La campagne se tend… à trois semaines du scrutin, les Républicains sont en position difficile et ils le savent. C’est peut-être ce qui explique la plaisanterie extrêmement douteuse d’un comité local du Parti Républicain de Sacramento : sur leur site, un visuel a été publié en début de semaine, prétendant que la seule différence entre Obama et Osama Ben Laden est la lettre B ou S (BS signifie Bullshit). Ce trait d’esprit est accompagné du slogan “Waterboard Barack Obama”, le waterboarding étant une technique de torture, peut-être employée à Guantanamo, qui sait…

Les attaques politiciennes ont des limites, et devant le tollé, le visuel a été retiré mardi :

waterboard-obama

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pakistan

Oui bien sûr, ils ont des têtes un peu kitsch. Et pourtant, vous avez tort de vous moquer, car cette image est tirée du site Yeh Hum Naheen. Il ne s’agit pas de la Star Ac’ locale, mais d’une ONG pakistanaise pour lutter contre le terrorisme dans le pays, qui a fait 2000 morts l’an dernier.

Le site a été lancé le 11 juillet pour recueillir des signatures en ligne, et a connu un impressionnant succès grâce à une promotion en presse et télévision. Le compteur dépasse déjà les 36 millions de signatures, ce qui en fait la plus grande pétition jamais réalisée sur Internet, bien au-delà de l’initiative pour le Tibet.

“Yeh Hum Naheen” signifie “Ce n’est pas nous” en pakistanais. Si vous êtes fan, sachez qu’un single avait vu le jour l’été dernier, et qu’un groupe Facebook et une page Myspace existent.

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cyber-terrorisme-150x150Signe des temps et preuve de la virtualisation1 des champs de bataille - jusqu’à un certain point, vous diront les victimes des guerres - le mouvement jihadiste palestinien a annoncé la création d’une division de cyber-combattants parmi les Brigades Al-Quds. Il s’agit d’une réponse à des années d’attaques de hackers israéliens contre les sites des mouvements islamistes.

Leur porte-parole Abu Hamza déclare que ces cyber-brigades doivent “combattre l’ennemi sur les médias électroniques, et résister aux assauts des deux fronts, physique et virtuel”. Celles-ci auraient déjà des faits d’armes : les journaux israéliens Yediot Ahronot et Maariv auraient été hackés, et des photos de martyrs mis en ligne à la place de leur contenu habituel. Le responsable de Yediot Ahronot dément que son site ait été mis à mal, même s’il reconnaît subir des tentatives fréquentes. Les pirates israéliens, eux, avaient l’habitude d’uploader des photos “indécentes” sur les sites infiltrés…

Là où l’affaire est beaucoup plus sérieuse, c’est que les attaques virtuelles pourraient devenir préalables aux assauts physiques réels, affaiblissant les réseaux de communication israéliens juste avant la vraie attaque. Et même de façon passive : les islamistes utilisent Google Earth pour repérer les colonies israéliennes frontalières avant d’y envoyer des roquettes.

  1. voir aussi mon récent billet sur la neutralité de Wikipédia []

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hacker-150x150Les ministres de la Justice et de l’Intérieur des pays membres de l’Union Européenne, réunis vendredi à Luxembourg, ont conclu un accord pour punir l’incitation au terrorisme via Internet. “La provocation publique à commettre des infractions terroristes ainsi que le recrutement et l’entraînement à des fins de terrorisme, y compris par l’internet, seront passibles de poursuites” a indique l’UE dans un communiqué. Selon Gilles de Kerchove, coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, “près de 5 000 sites sur Internet contribuent à radicaliser les jeunes en Europe”.

Avec le resserrement de la législation décidé vendredi, les autorités européennes pourront donc plus facilement obtenir la collaboration des fournisseurs d’accès pour lutter contre le terrorisme. Sont particulièrement visés les sites qui diffusent de la propagande violente ou qui publient de véritables manuels du Petit Terroriste, détaillant tactiques d’attaque et notices de fabrication d’explosifs.

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tsahal-soldats-150x150L’armée canadienne a récemment demandé à ses soldats de ne mettre sur Facebook aucune photo ou information personnelle pouvant être utilisée à mauvais escient par des groupes terroristes, qui surveillent probablement les réseaux sociaux. Selon la chaîne canadienne CBC, un mémorandum de l’état-major interdit aux militaires canadiens de mettre en ligne des images d’eux-même en uniforme, ou toute photo prise en Afghanistan. Le Canada est en effet engagé depuis 2002 en Afghanistan, et ce genre de données pourrait mettre en danger la sécurité des personnels présents sur place.

Selon Lemonde.fr, Israël aussi s’inquiète des informations diffusées sur Facebook. En effet, “Des douzaines, voire peut-être des centaines, de photographies classées confidentielles par Tsahal sont librement disponibles sur Facebook” écrit le Jérusalem Post. Envoyées par les soldats, ces photos montreraient des bases de Tsahal et des systèmes d’armement, ainsi que les coordonnées d’unités sur le terrain. Le ministère de la défense affirme que l’armée israélienne a mis en place une cellule chargée de retrouver toute information confidentielle défense mise en ligne. Les militaires imprudents risqueraient la cour martiale.

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