août
11
Reporters Sans Frontières ne relâche pas ses efforts pour dénoncer le régime chinois à l’occasion des JO de Pékin, et ce combat prend de plus en plus d’importance sur le web. Après avoir été hackés jeudi dernier, RSF riposte en appelant à cyber-manifester devant le Stade Olympique de Pékin.
C’est beaucoup plus facile que de prendre un billet d’avion pour aller sur place. Il vous suffit de vous inscrire sur le site et de choisir une banderole à brandir à l’écran : “Libérez les prisonniers olympiques”, “Oui au sport, non à la répression”, “Pas de fête olympique sans liberté”… En me connectant ce soir, j’ai constaté 16 723 manifestants virtuels.
L’impact de ce genre d’événement auprès des autorités chinoises est à mon avis strictement nul. Un peu comme si on essayait de repousser l’invasion russe en Géorgie en jouant à Counter Strike.
août
7
L’AFP rapporte que le site de Reporters Sans Frontières a été piraté aujourd’hui, à la veille de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin. Etant donné le militantisme médiatique de RSF contre les privations de liberté en Chine, il ne fait guère de doute que ce piratage est politique.
Selon des responsables de l’organisation, la provenance de l’attaque serait Taïwan, mais “de bons hackers peuvent la falsifier”. Suivez mon regard… D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que RSF est victime de cyber-attaques ces derniers mois.
avr
9
Depuis le 1er avril, la Chine permet à nouveau l’accès aux versions anglaises des sites Wikipedia, Blogspot et Youtube, qui étaient inaccessibles depuis respectivement novembre 2006, janvier 2008 et mars 2008. Le récent blocage de Youtube était une tentative d’empêcher la diffusion en Chine des vidéos des émeutes au Tibet mises en ligne par des particuliers sur Internet. RSF espère qu’il ne s’agit pas d’un geste temporaire pour amadouer les pays occidentaux durant les Jeux Olympiques, et rappelle que des milliers de sites sont toujours bloqués par les autorités.
L’accès à Youtube est par contre devenu impossible en Indonésie depuis le 2 avril chez trois fournisseurs d’accès, toujours selon RSF. Le gouvernement a en effet demandé aux 146 opérateurs télécom locaux de procéder au blocage de plusieurs sites susceptibles de diffuser le film anti-islam “Fitna” : Youtube, MySpace, Metacafe, Rapidshare, Liveleak et Themoviefitna.com. Pour l’instant, seules 3 sociétés, dont le principal fournisseur d’accès du pays, PT. Excelcomindo, se sont pliées à cette demande de censure.
avr
8
Le périple chaotique de la flamme olympique hier à Paris, bousculée à chaque mètre par des manifestants pro-Tibet ou anti-Chine et qui s’est transformé à plusieurs reprises en sérieuse empoignade, a fait l’objet d’un abondant traitement sur le web.
Dans les journaux français en ligne, plusieurs rédactions ont prévu un dispositif en direct pour suivre le parcours du combattant de la flamme et de ses porteurs. La palme revient à 20minutes.fr, qui s’est montré à la hauteur de son nom en proposant un suivi presque minute par minute, grâce à ses journalistes sur place et aux internautes. De 9h43 à 22h08, la page consacrée s’est allongée en direct au fil des événements, ainsi que le diaporama et la vidéothèque, ouverts aux contributions d’internautes. A la fin de la journée, la page ressemblait beaucoup plus à un historique Twitter qu’à un article de journal. Sorties de leur contexte, certaines phrases surréalistes prêteraient presque à rire (cf extraits plus bas).
Selon 20minutes, la forte couverture online de l’événement a causé une inflation du mot-clé payant “flamme olympique” sur Google, passant de 0,08 € le matin à plus de 8 € en fin de journée !
A noter que Reporters Sans Frontières s’est félicité à travers un communiqué publié sur son site du succès de son action, “malgré un déploiement policier massif“.
Pourtant, les médias chinois n’ont pas diffusé le même récit, comme l’écrit Lefigaro.fr qui a recensé des réactions sur le web. La télévision CCTV décrit sur son site “le soutien chaleureux du public français”, l’agence Chine Nouvelle note que “certaines personnes avaient tenté en vain de perturber le parcours de la flamme à Paris”, et ses photographes ont réussi l’exploit de saisir les rares instants vierges de drapeau contestataire lors du parcours.
Quant au site officiel des J.O., il manie lui aussi l’euphémisme sans complexe, résumant la situation ainsi : “Bravant les manifestations de quelques séparatistes tibétains, le relais olympique a pu être réalisé comme prévu.”