oct
26
Les Républicains admettent eux-même que le parti Démocrate utilise le web de façon plus intensive et généralement plus avisée qu’eux1. Voulant sans doute démontrer leur inventivité sur le nouveau média, quelques militants républicains du Connecticut ont donc eu l’idée d’usurper sur Twitter l’identité de législateurs démocrates locaux. Après avoir créé des comptes aux noms de leurs adversaires, ils ont diffusé des messages satiriques sur l’utilisation des impôts dans le Connecticut par les élus démocrates.
Malheureusement pour eux, les petits malins ont été dénoncés et Twitter a fait fermer 33 comptes frauduleux, l’usurpation d’identité étant interdite dans les conditions générales d’utilisation. Ce à quoi le sénateur républicain Chris Healy a répondu qu’il s’agissait d’une restriction de la liberté d’expression de son parti.
Source : Hartford Advocate
- même si les conservateurs commencent à rattraper leur retard, comme le prouvent leurs récentes initiatives [↑]
oct
18
Le Grand Old Party a mis en ligne la semaine dernière son nouveau site web: plus moderne, plus léché, plus orienté communautés. Les membres peuvent s’informer, discuter, créer leur blog républicain, se constituer un réseau d’amis, faire des dons… Mais le plus important sont les fonctions permettant de coordonner en ligne les actions des militants sur le terrain. C’est ce qui avait fait l’efficacité du dispositif d’Obama pendant sa campagne, cette capacité à transformer en opérations de militantisme concret l’outil de communication qu’est Internet. Sans doute une différence avec la France, où les remous de l’Internet politique ont encore assez peu d’effets sur la vraie vie.
Au final donc, de la belle ouvrage que ce nouveau site, mais les temps changent et la Guerre Froide est bien révolue, car le site est entièrement rouge, ce qui aurait été inimaginable il y a 20 ans pour le parti de Reagan.
Et voici la vidéo de présentation :
août
21
Il semble que l’outrance n’a pas de limite en politique, et c’est ce que les Américains nous démontrent depuis quelques semaines, en comparant Barack Obama à Adolf Hitler dans ses efforts pour établir une couverture maladie universelle.
Et l’on voit fleurir sur le web des extraits télévisés si incroyables qu’on se demande si tout cela n’est pas une gigantesque farce.
Regardez ces deux réunions municipales où deux sénateurs démocrates, Arlen Specter et Barney Frank, sont confrontés à des concitoyens qui osent tout (c’est à ça qu’on les reconnaît).
Evidemment, inutile de compter sur les responsables du Parti Républicain pour calmer le jeu et rétablir une élémentaire échelle de valeur. Au contraire, Sarah Palin enfonce le clou sur Facebook en publiant un pamphlet intitulé « Death Panel » : 8800 personnes « aiment ça ».
Du coup, face à cette insuppportable menace de restriction de leurs libertés fondamentales, quelques hurluberlus ont assisté aux meetings publics d’Obama avec des armes chargées (pistolet automatique, fusil d’assaut) afin de réaffirmer leur attachement à la Constitution. Rien d’illégal à cela car dans certains Etats, porter une arme en public est autorisé, tant qu’elle n’est pas dissimulée.
août
11
Vous avez peut-être entendu jusque de côté-ci de l’Atlantique la petite polémique à propos d’une sortie du célèbre animateur de radio Rush Limbaugh, aux opinions bien conservatrices, qui compare les Démocrates au parti nazi (encore un qui devait sécher les cours d’histoire à l’école) et trouve même une troublante ressemblance entre le logo de la réforme Healthcare d’Obama et la croix gammée.
Un petit site-champignon de circonstance a surgi et s’amuse à comparer les ressemblances entre Hitler et Obama : tous les deux tenaient des meetings politiques, tous les deux avaient un chien, tous les deux buvaient de la bière…
D’ailleurs en ce moment, les rumeurs anti-Obama vont bon train sur Internet : avec une élection de retard, les conservateurs apprennent à se servir d’un ordinateur pour combattre le président (si possible en dessous de la ceinture), avec une efficacité qui se rapproche de plus en plus de celle du candidat démocrate pendant sa campagne.
Entre les posters du Joker, le mouvement des « birthers » qui contestent la naissance d’Obama sur le sol américain1, les vidéos anti-Healthcare et autres rumeurs selon laquelle la nouvelle couverture sociale conduirait à l’euthanasie des plus vieux, la Maison Blanche s’est dépêchée de mettre en ligne un site anti-rumeurs , avec un faux air de prospectus, tout de même : www.whitehouse.gov/realitycheck2.
L’état de grâce du président Obama semble maintenant être retombé, tout empêtré qu’il est dans sa réforme controversée du système de santé. La nouveauté, c’est que les conservateurs vont maintenant aussi le combattre sur un terrain dont il avait, sinon défini les règles, du moins coupé le ruban inaugural : l’arène du web politique. Les politiques français ont donc de bonnes chances d’apprendre encore de nouvelles techniques online made in USA d’ici la présidentielle 2012.
- ce qui a valu à Rush Limbaugh une autre saillie drôlatique: « Barack Obama a une chose en commun avec Dieu. Vous savez ce que c’est? Dieu non plus n’a pas de certificat de naissance » [↑]
- rappelons l’existence du site de campagne très similaire FightTheSmears.com [↑]
fév
2
Les Républicains ont été défaits par le tsunami Obama, mais ils pourraient bien ne pas être lents à tirer les leçons de leur défaite, et à relancer la dynamique du parti.
Deux vidéos étonnantes (surtout la première) montrent que les conservateurs n’ont pas l’intention de se laisser voler le « monopole du cool ».
La première est une publicité de chrétiens opposés à l’avortement, qui utilise admirablement bien l’enthousiasme populaire pour Obama, avec une chute tout à fait inattendue.
La seconde est un clip destiné aux militants du parti Républicain, que l’équipe de campagne d’Obama aurait pu faire elle-même : des visages de jeunes et de vieux, des Américains « issus de la diversité », un montage moderne… les conservateurs veulent reconstruire leur parti, et en 2012 ils n’ont pas l’intention d’avoir encore un clic de retard sur les Démocrates.
