sept
17
Dans la vie (d’un geek) il y a des plaisirs simples. J’ai eu la chance de pouvoir accéder au nouveau site de Ségolène Royal pour vérifier si l’hilarité générale était justifiée. Elle l’est.
Alors rien que pour vous, une authentique capture d’écran de la page d’accueil de Désirs d’Avenir du 17 septembre 2009.
Ca se passe de commentaires.
Cliquez pour agrandir l’image.
NB: La déformation de certains mots n’est pas dûe à la capture d’écran, c’est d’origine.
sept
16
La blogosphère n’en croit pas ses yeux : le nouveau site de Ségolène Royal desirsdavenir.org, sorti le 15 septembre, est une véritable machine à remonter le temps. Bienvenue en 1998 !
Prenons les choses dans l’ordre. Censé être une plateforme communautaire moderne pour fédérer les militants et les sympathisants, ce site est avant tout… indisponible. En effet, l’hébergement serait une offre sous-dimensionnée à 10€ par mois. A l’heure où j’écris cet article, il renvoie toujours une erreur 500.
Pour autant, les captures d’écran des chanceux qui ont réussi à se connecter laissent pantois : une architecture adossée au CMS gratuit Joomla1, un fond d’écran gratuit tiré de Vistawallpapers.com, un titre qui semble écrit avec WordArt, aucun contenu sur la Home Page à part une vidéo, des boutons moches… le résultat semble totalement hallucinant, inexplicable.
J’attends de pouvoir juger de façon plus approfondie le site lorsqu’il sera à nouveau disponible, mais L’Express avance des raisons à cette navrante affaire. Le nouveau compagnon de Ségolène Royal, un homme d’affaires « très doué en multimédia », qui dirigerait également une vague web agency, aurait réalisé la chose immonde pour la modique somme de 41 860 euros. La facture étant envoyée à Pierre Bergé, dont on a sûrement parié qu’il n’aurait pas un oeil expert en matière d’Internet.
Dans l’absolu, un budget de 41 K€ ne serait pas excessif pour développer une vraie plateforme communautaire moderne et performante, à la hauteur des ambitions digitales de la femme politique la plus branchitudée de France. Mais pour un avorton de ce niveau…
Toujours est-il que l’objet du délit a aussitôt fait surgir, en plus d’un kyrielle d’articles grinçants, des blagues et des mèmes en tous genres :
- pas mal pour des sites simples, mais totalement inadapté pour des besoins plus complexes [↑]
mar
28
Le député socialiste Pierre Moscovici, qui tient un blog de façon assidue depuis juin 2007, fais les frais d’une calamité particulièrement répandue dans la blogosphère politique : l’inanité et la stérilité des commentaires.
Dans une « lettre ouverte » publiée hier, il avoue envisager d’arrêter purement et simplement son blog :
Plusieurs d’entre vous, ces jours-ci, l’ont écrit : ce blog est menacé de disparition. Nous n’en sommes bien sûr pas là, mais la stérilité des débats qui s’y déroulent est frappante. [...] Ce blog est un des plus lus de la « blogosphère » politique, peut-être même le premier, [...] bref c’est un succès.
Ce succès est-il pour autant complet ? Non, car j’observe certaines dérives. En effet, quel que soit le sujet traité, [...] le débat dégénère très vite dans une foire d’empoigne, au ton pas toujours très digne, sans argumentations dignes de ce nom, autour d’un thème obsessionnel : Ségolène ou Martine, avec périodiquement le retour de DSK. [...]
Je sais qu’il s’agit d’un symptôme, d’un mal-être plus général, que ce n’est pas spécifique à ce blog. Mais je ne veux pas que celui-ci se transforme [...] en forum de la discorde des socialistes. Je ne vais pas d’emblée arrêter de le nourrir [...] mais je vais observer attentivement le déroulement de vos échanges, puis en tirer des conséquences.
La « commentosphère » est un aspect par essence indissociable des blogs – la notion de discussion étant intrinsèque au blog – mais elle peut paradoxalement mettre en danger les blogs eux-mêmes.
Plus un blog connaît de succès, plus son audience se diversifie et s’éloigne de son coeur de lectorat, prêtant ainsi le flanc à des « trolls » capables de ruiner les conversations. Mais la politique est un thème naturellement exposé : les blogs traitant de jardinage ou de mode ne subissent pas les affres des trolls dans la même mesure. Pierre Moscovici a un peut-être un hobby moins polémique, dont il voudrait faire profiter les internautes à la place de ses billets politiques ?
jan
26
Nul doute que la bourrasque technologiquo-politique américaine vient d’atteindre le bassin parisien : en ce premier mois de l’an I de l’ère Obama, nos parlementaires ont découvert les joies des petites vidéos politiques virales. En moins de deux semaines, on a vu surgir trois vidéos web virales concoctées par des députés eux-mêmes.
La première était attendue depuis décembre : Jean-François Copé nous avait promis un petit montage de derrière les fagots dénonçant les cabotineries improductives des députés de l’opposition tentant d’obstruer le travail parlementaire. Lancée le 12 janvier sur un site ad’hoc laissant espérer de futurs épisodes, elle est quelque peu décevante, manquant d’exemples criants malgré une intéressante leçon sur la cuisson du homard, et un éclaircissement sur la nature de Casimir.
Bien que la vidéo connaisse un succès d’audience mitigé (seulement 40 000 visionnages), le groupe PS, qui a du temps à tuer, concocte dès le lendemain une réplique du même tonneau démontrant l’incontestable utilité de cette honorable technique de guérilla parlementaire.
Et la semaine dernière, la cacophonie lors du débat sur la limitation du temps de parole – qui a amené l’opposition à entonner la Marseillaise, avant de quitter la séance – a été filmée et montée pendant la nuit, pour mettre en ligne à l’aube cette savoureuse petite vidéo, relayée notamment par Le Figaro et Libération. Plus de 100 000 visionnages, ce qui n’est pas mal.
Que penser de ce triptyque ? La communication politique via des vidéos diffusées sur Internet n’est pas tout à fait nouvelle, même en France, puisque le phénomène a connu un coup d’envoi lors de la présidentielle de 2007. La souplesse, la réactivité et le faible coût de la production sur le web sont des atouts qui séduisent les politiques. Mais jusqu’à présent, il s’agissait surtout de vidéos à contenu classique : interviews, explications pédagogiques, petits reportages…
Or, maintenant que les députés commencent à entrevoir la puissance du buzz sur le web lorsqu’ils disposent de contenu croustillant, on peut prévoir que la prépondérance du sensationnel, de l’émotion, bref de la forme dans la communication politique ne fera que se renforcer, et qu’on touchera moins au fond. Mais qu’on touchera le fond.1
- Pas pu résister… [↑]
déc
30
Dans sa vidéo hebdomadaire postée la semaine dernière sur Desirsdavenir.org, Ségolène Royal livre ses bonnes résolutions pour 2009 : elle veut notamment faire monter en puissance sa stratégie Internet pour créer un réseau suffisamment fort pour faire contrepoids à la direction officielle du PS, qui l’a « laissée à la porte ». A plus long terme, c’est évidemment la course pour la présidentielle 2012 qui est en ligne de mire.
« Venez nombreux, adhérez et faites adhérer [...] Nous allons continuer à mettre sur le site les meilleures contributions des experts, des économistes, des intellectuels, des sociologues que nous rencontrons, parce que je souhaite que cette matière grise soit mise à la disposition du plus grand nombre. [...] Je veux que les militants de Désirs d’avenir soient aux côtés de ceux qui souffrent et qui disparaissent en silence, filmez-les, recueillez leurs témoignages, faites-les porter sur le site de Désirs d’avenir ».
Ségolène Royal annonce également une nouvelle version : « Nous allons restructuer le site pour lui donner beaucoup plus d’ampleur et d’impact, et j’ai besoin de vos contributions. » L’association compterait actuellement autour de 10 000 adhérents, avec un objectif de 15 000 adhérents d’ici trois mois.
Après l’UMP et le MoDem, c’est donc au tour du PS – ou du moins d’une branche du parti – de se sentir inspiré par la cyber-campagne de Barack Obama. Il reste néanmoins à voir si ces nobles intentions seront réellement suivies, et si les outils Internet seront utilisés avec savoir-faire. Car le site CongrèsUtileEtSerein.com ressemblait plus à un alibi de démocratie participative qu’à une version française du solide réseau de militants tissé par Barack Obama sur le web.
déc
14
Le nouveau numéro un de l’UMP, Xavier Bertrand, commence à battre le rappel des troupes pour remettre le parti en ordre de bataille en vue des élections européennes de 2009 et régionales de 2010. En particulier, l’objectif est de recruter de nombreux nouveaux adhérents, pour grossir les rangs face à un PS qui risque de devenir plus combattif avec Martine Aubry à sa tête.
Mais la campagne de Barack Obama est passée par là, et l’UMP compte bien en tirer des enseignement, ainsi que le révèle le magazine Challenges du 11 décembre :
« C’est très difficile d’augmenter le nombre de militants à l’ancienne, bénévoles, confie un dirigeant de l’UMP. En revanche, il faut faire participer davantage de gens grâce à Internet.« Depuis quelques mois, sous la houlette de Xavier Bertrand, une task force de communicants [...] travaille à une profonde refonte du site de l’UMP. S’inspirant de ce qu’a fait Barack Obama. L’appel d’offres a déjà été lancé.
De fait, cette volonté de mieux exploiter Internet pour recruter avait déjà été abordée à l’université d’été de l’UMP, début septembre. On a aussi appris de la plume de Christophe Ginisty que le MoDem musclait sa stratégie online. On n’attend donc plus que le PS.
nov
25
Cela devient un « meme« , une blague récurrente de la culture Internet : les ventes farfelues sur eBay. Après l’Islande pendant la crise financière, la voix d’un électeur américain, le nom de domaine casse-toi-pauvre-con.com, les photos dénudées d’une maire de l’Oregon, l’Union Européenne après l’échec du référendum, et même très sérieusement la 605 blindée de Jean-Marie Le Pen, c’est aujourd’hui le Parti Socialiste qui est à vendre sur eBay.
L’enchère en est actuellement à 10 millions d’euros. Est-ce Ségolène Royal ou Martine Aubry qui a surenchéri en dernier1 ? En tous cas, l’annonce ne fera pas long feu, car elle est contraire à la charte du site, le mystérieux vendeur n’étant évidemment pas propriétaire de ce « bien ».
Pourtant, il avait promis une livraison gratuite pour ce parti politique « peu utilisé, vendu sans capitaine ». Nostalgie…
- apparemment ce serait Martine Aubry [↑]
nov
11
Il ne vous aura pas échappé que l’actualité est assez chargée ces derniers temps, entre l’élection d’un nouveau président américain, la crise économique internationale, et les coups de vents sur le Vendée Globe. Alors les tempêtes dans le verre d’eau du PS français n’ont pas, au sein des rédactions, toute la place qu’elles auraient eu par temps calme.
Pour contourner ces fâcheuses limites des médias traditionnels, les cadres socialistes ambitieux ont saisi l’intérêt d’Internet, et sont donc nombreux à avoir aujourd’hui leur propre blog, sur lequel ils peuvent développer à l’envi leurs idées, leurs tourments et leurs humeurs.
Jean-Luc Mélenchon, dont je commente parfois ici la production littéraire en ligne, a créé l’événement la semaine dernière en faisant son coming-out. Affligé par la probable victoire de Ségolène Royal, qui menace de faire du PS un parti de « centre gauche », il claque la porte aux cris de « ça suffit comme ça », – une sorte de Yes We Can en négatif. Sur son blog, il explique les raisons de son départ : or, ses lecteurs réguliers ne sont absolument pas surpris de sa décision, mais plutôt du temps qu’il a mis à la prendre. Plus de 1000 commentaires accueillent son schisme de façon globalement très positive :
ENFIN!!!!!!!
J’attendais celà depuis un moment!Bravo!! Depuis 2005, j’attendais avec impatience cette décision courageuse.
Tu as été un peu long à la détente, mais tu as enfin compris.
Bienvenue à gauche!Il était grand temps. Nous allons enfin pouvoir voter à gauche!
Et effectivement, pour qui le lisait, il était clair depuis longtemps que la ligne politique du blog de Mélenchon était aussi éloignée du PS que celle de Poujade l’aurait été de l’UMP. Mais ses camarades socialistes lisaient-ils ses billets ?
En tous cas, contraint maintenant à se faire entendre pour exister et créer un nouveau mouvement de gauche, Jean-Luc Mélenchon semble décidé à tirer parti des possibilités d’Internet. La campagne d’Obama lui sera certainement une source d’inspiration. D’ailleurs, dès le lendemain de son départ, il lance CaSuffitCommeCa.fr, site web provisoire qui vivra le temps de trouver un nom à son nouveau parti. Mais le journal Marianne a remarqué avec étonnement que le nom de domaine avait été enregistré une semaine avant l’annonce de son départ du PS. Le coup de gueule aurait-il été préparé ? On ne le saura pas, car cette question a mis le sénateur dans une « colère stalinienne », excédé « d’être appelé par des journalistes pour des histoires de site Internet ».
Trois jours plus tard, tandis que Mélenchon laissait entendre qu’une alliance avec le PC ou le NPA ne lui déplairait pas, Olivier Besancenot lui oppose une fin de non-recevoir : morcellement de la gauche que semble désapprouver la communiste Clémentine Autain sur son blog, en accord avec ses commentateurs.
sept
4
L’Université d’été de La Rochelle a été unanimement qualifiée de lamentable ratage, renvoyant plus que jamais du PS une image de désordre total et d’interminables luttes d’égos.
Pourtant, aussitôt rentrés à Paris, les éléphants, ténors et barons socialistes n’ont rien eu de plus pressé que de jouer les prolongations, estimant que quatre jours de combat de boue étaient un peu courts pour donner la pleine mesure de leur fiel. Et c’est notamment à travers leurs blogs qu’ils ont continué à laver leur linge sale sur la place publique, prenant à témoin leurs internautes.
Jean-Luc Mélenchon, toujours en verve quand il faut gueuler, titre « Un cirque inacceptable« 1 et prend sa plume la plus talentueuse pour se livrer à son exercice favori, balancer sur la tête du PS :
L’indigne merdier de La Rochelle m’a galvanisé. Ni de près ni de loin, je ne veux rien avoir à faire avec cette sarabande de girouettes. Quand je pense que tous ces agités sont ceux qui se donnent de grands airs d’importants responsables et me font des leçons de maintien le reste de l’année! Bien fou qui voudrait confier son pays à de tels vibrions.
Pierre Moscovici est content de retrouver l’air parisien. Il avait cru pouvoir séduire Martine à la plage, mais n’a finalement pas réussi à conclure. On sent qu’il a du vague à l’âme :
Après avoir passé 4 jours dans les affaires du PS, et pas dans ce qu’elles ont de plus ragoûtant, après avoir résisté à une offensive peu digne, puis reconstruit une perspective, j’éprouve le besoin de souffler, de réfléchir, de revenir à l’essentiel. C’est pourquoi je n’ai pas voulu rencontrer Martine Aubry hier : il faut bien analyser les conséquences de l’échec de l’Université d’été [...]
Jean-Jacques Urvoas veut aller de l’avant grâce à sa capacité de mémoire sélective, il préfère « oublier La Rochelle » :
Retour de La Rochelle avec une conviction : il est temps que s’expriment les militants ! [...] Pour faire simple, cette université fut un congrès à blanc. C’est-à-dire avec le pire de ce que nous sommes capables de montrer aux médias (confusion quotidienne, manipulations permanentes, intoxications régulières, trahison même…). Mais aussi sans l’essentiel et donc le meilleur: la voix et le choix des adhérents. [...] Tournons vite la page de cette 15ème université.
Benoît Hamon a la flemme d’écrire – c’est la nouvelle génération – mais l’analyse qu’il nous livre en vidéo sur son blog n’est qu’à moitié optimiste :
A l’évidence, si on s’arrête aux images qui ont été renvoyées par les médias, le spectacle est assez navrant et consternant.
En revanche, Jean-Christophe Cambadélis, que d’aucuns accusent de ne pas détester les coups bas des querelles intestines, concède certes une Université un peu brouillonne, mais reste « calme et serein » pour « travailler à l’unité » :
Mes amis, de grâce, n’ajoutons pas à l’image déplorable de La Rochelle, à cet entrechoc de personnalités et d’ego, le spectacle désolant de notre implosion. Que s’est il passé ? [...]
Bon, parlons-nous ! Rien d’irréparable n’a été commis. Franchement !
Quant aux vrais grands ténors, François Hollande, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, il ont préféré rester au-dessus de la mêlée et ne pas livrer à la sagacité des internautes leur débriefing de ce week-end rochelais, à une encablure de l’Île de Ré.
- le titre original est tout en majuscules, mais on ne crie pas sur mon blog [↑]
août
22
Pierre Moscovici publie aujourd’hui sur son blog le 2ème épisode d’une analyse sur les raisons de l’incapacité du Parti Socialiste à se ressaisir, malgré l’impopularité de Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal en fait les frais, c’est de bonne guerre.
De plus, selon lui, la présidentialisation du Congrès de Reims serait « suicidaire ». Il considère par ailleurs qu’un parlementaire doit sillonner le pays et savoir animer une équipe, qualités que n’auraient pas les présidentiables les plus fréquemment cités. Alors que lui, infatigable marcheur… Pierre Moscovici se dit « plus que jamais, décidé à avancer ».
Et d’en profiter pour mettre une mandale au blog UMP de sa circonscription, qui joue l’opposition « bête et méchante ». Ils devraient plutôt prendre exemple sur l’opposition constructive du PS
.
juin
29
Ségolène Royal a annoncé hier par e-mail que sa contribution – « notre » contribution selon ses termes – pour le Congrès des socialistes de novembre était maintenant disponible sur son site participatif dédié Congresutileetserein.com (lire mon billet à ce sujet). Dans quelle mesure les contributions des internautes ont été prises en compte dans la synthèse finale ? Ce n’est pas clair.
Quoi qu’il en soit, ce dossier en 7 points, qui est le fruit « d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques », sera remis au Parti Socialiste le 2 juillet. D’ici là, les adhérents peuvent le signer en ligne, ainsi que l’ont déjà fait des centaines de militants.
juin
22
Ségolène Royal est aujourd’hui l’une des personnalités politiques françaises à faire l’usage le plus intensif du web, alors que des anciens candidats comme François Bayrou ou Nicolas Sarkozy ont presque oublié Internet depuis la fin de la campagne présidentielle 2007.
Il y a quelques jours, l’équipe de la Ségosphère annoncait par e-mail le lancement de la nouvelle version du site Desirsdavenir.org, un peu délaissé depuis la présidentielle.
D’un point de vue esthétique et fonctionnel, cette nouvelle mouture est assez réussie, avec une jolie charte graphique, et une navigation claire et agréable. Destiné à être le navire amiral de la communication online de Ségolène, le site met en ligne agenda, discours, médias, et dispose de fonctionnalités spéciales pour les comités locaux ou les « jeunes d’avenir ».
Du côté des débats participatifs chers à Ségolène Royal, une rubrique permet aux internautes de s’exprimer sur certaines sujets. Seulement cinq sujets de dissertation pour l’instant, mais fort ambitieux, comme par exemple « Un Parti socialiste efficace et ouvert ». Tout un programme. Espérons d’ailleurs que cela finira par déboucher sur un programme.
Le site pointe également vers d’autres spots de l’univers web de Ségolène Royal:
- Un groupe Facebook – incoutournable en 2008 – qui compte un peu moins de 400 membres.
- Une galerie Flickr toute récente (10 juin), sur laquelle viennent d’être mises en lignes des photos de meetings remontant à la campagne présidentielle. Il faudra voir si cette galerie sera régulièrement alimentée.
- Une chaîne Dailymotion à peine plus ancienne (9 juin), qui regroupe déjà 265 vidéos mais seulement 34 fans.
- Un Skyblog créé en mars 2007, et non actualisé depuis octobre. Encore un Skyblog à l’abandon…
- Un article Wikipédia. Il est assez étrange de faire un lien vers l’encyclopédie collaborative, car elle est censée être neutre. Or, montrer ainsi que l’équipe web garde un oeil attentif sur ce qui est écrit à propos de Ségolène Royal ne rassure pas quant à la neutralité de Wikipédia.
A signaler également, une interview récente de Ségolène par plusieurs blogueurs politiques, dont Maxime Pasino, Marie-Isabelle Pichon, Dagrouik et Lt Casaldi. Dans une ambiance de goûter de mercredi après-midi, l’entretien fleure un peu l’amateurisme scolaire, face à une institutrice qui a l’air de s’ennuyer avec ces blogueurs « militants politiques modernes », comme ils disent. De toutes façons, la prise de son est ratée. Bref, je vous en dispense.
Photographie de Richard Ying.
juin
13
Elles ne sont pas toujours diffusées par les médias traditionnels, qui relaient plus volontiers les altercations entre politiciens de partis opposés. Mais la politique est aussi le théâtre de scènes violentes entre élus du même camp : on en a vu (re)surgir plusieurs ces derniers temps, sur le web. Voici les meilleures scènes.
Ségolène royale. Lors d’une séance du conseil régional de Poitou-Charentes le 26 février dernier, une sérieuse altercation a éclaté entre la présidente (de région) Ségolène Royal et plusieurs membres de l’assemblée dont Jean-François Fountaine, lui-même socialiste. Cette scène, qui avait été diffusée à la télévision en février, est soudainement réapparue de manière opportune sur Internet il y a quelques semaines, au moment où l’ex-candidate annonce ses ambitions à la tête du Parti Socialiste.
Maxime Gremetz enragé. Décidément, les conseils ne se passent pas toujours dans une ambiance feutrée. Lors du conseil régional de Picardie le 28 avril dernier, le député communiste Maxime Gremetz en vient carrément aux mains avec ses homologues socialistes, qui tentent de lui faire quitter la salle. Observez la technique d’attaque très particulière de l’élu en costume
Christine Boutin, ministre du logement, et Claude Goasguen, maire UMP du 16ème arrondissement, se sont chamaillés en direct devant les journalistes le 11 juin, lors d’une visite de Christine Boutin venue inaugurer un centre d’hébergement pour SDF. Claude Goasguen revient sur cet épisode sur son blog.
Villepin sur la presse « pâtée pour chat ». Ce n’est pas une dispute, mais Dominique de Villepin a vivement critiqué la presse, et indirectement le président de la République, lors d’un débat organisé par Politique.net et Dauphine. Il dénonce « l’esprit de cour » et les industriels « partie prenante du jeu politique » (Le Figaro), qui seraient une « vérole pour la démocratie ». L’ancien premier ministre ne mâche pas ses mots, allant même jusque à trouver que la presse avait un plus grand esprit d’indépendance sous l’Empire. C’est évidemment son ennemi juré Nicolas Sarkozy qui est visé, et Dominique de Villepin se fait l’écho – à droite – de la critique selon laquelle les médias seraient fortement influencés par l’Elysée. Avec cette phrase désabusée, inquiétante car elle vient de quelqu’un qui sait de quoi il parle : « En politique, la transparence est toujours le maquillage de quelque chose. » Décidément, les hommes politiques ne sont jamais aussi passionnants que lorsqu’il sont retirés de la vie publique.
mai
28
L’un des sports préférés des élus du Parti Socialiste, surtout lorsqu’ils se trouvent être dans l’opposition comme en ces années de sarkozysme, c’est de se chercher noise entre eux. On s’invective, on se scandalise, on vocifère et on s’indigne, tout cela dans une joyeuse ambiance de cour d’école, mais sous les ors de l’Assemblée ou du Sénat, et payé par nos impôts. Avant l’ère numérique, les socialistes aimaient régler leurs comptes par journaux interposés (Le Monde et le Nouvel Obs étant leurs bacs à sable préférés), et dans des émissions radio ou TV. L’avènement d’Internet leur a fourni un nouveau média pour agrandir leur terrain de jeu, et c’est désormais aussi à travers leurs blogs que les grands enfants du PS se crêpent le chignon.
Le cancre Mélenchon, blogueur depuis 2004, vieil habitué des polémiques, et passablement revigoré par la couverture médiatique dont il a fait l’objet ces derniers temps à cause de ses positions sur la Chine, se trouve une fois de plus au centre de l’une de ces querelles improbables dont les socialistes ont le secret. Cette fois, il s’agit d’un discours sur les langues régionales tenu au Sénat le 13 mai dernier (le texte est disponible sur le site du Sénat). Comme souvent, Mélenchon ne mâche pas ses mots et n’a pas peur de muscler son discours avec des comparaisons venues de très loin, rappelant par exemple que le dictionnaire du breton unifié de 1942 a été écrit par un collaborateur des nazis.
Ce discours n’a pas plu à tous ses collègues, surtout Bretons. Ni une ni deux, le député (PS) du Finistère Jean-Jacques Urvoas saisit son ordinateur et embroche virtuellement son collègue sur son blog dans un billet intitulé Butor, billet repris en intégralité par le journal Le Télégramme de Brest :
Voilà un élu qui n’honore pas sa fonction. [...]
Dans cette subtilité qui n’appartient qu’à lui, et qu’heureusement personne ne songe à lui disputer, il vient d’émettre un jugement à l’emporte-pièce dont il est certes coutumier, mais qui ne le rend pas pour autant recevable. [...]
Que répondre à ce tissu d’insanités sinon que ce petit monsieur, à dessein ou non, confond langues et dialectes, que le breton unifié n’a pas plus de raison d’être marqué au fer rouge de la collaboration que la fête des mères [...]
Jean-Luc Mélenchon, bien loin de mettre de l’eau dans son vin suite à ses propos, lui répond quelques jours plus tard via son blog :
Le montage de mes propos (avec guillemets mensongers à l’appui) est d’une telle malveillance et si manipulatoire qu’il me paraît extrêmement révélateur d’un état d’esprit. [...]
Ces propos et les mots utilisés pour me désigner ont une tonalité nauséabonde. [...] Je trouve également très significatif le contenu et le ton sur lequel sont faits les commentaires des violents qui approuvent ses propos alors même qu’ils ont eu le moyen de vérifier eux-mêmes l’inanité du montage d’Urvoas en allant vérifier mes propos sur le site du Sénat. Je recommande la découverte de ce visage du folklore local de la haine ethniciste.
Au-delà de ces disputes politiciennes éternelles, et sans juger le fond de la polémique, il est intéressant de voir que les blogs d’élus sont aujourd’hui un outil de communication à part entière, et que la presse n’hésite plus à reproduire des notes publiées sur ces supports.
Illustration de Caricatures-sarkozy.com.
avr
22
On a beaucoup entendu parler, ces dernières semaines, de Jean-Luc Mélenchon à propos de sa position sur le dossier sino-tibétain, qui se situe sinon à rebours, du moins en fort décalage par rapport à l’opinion française dominante telle qu’elle est relayée par la majorité des médias et des politiques. Le sénateur PS a eu l’occasion de s’exprimer dans des émissions de radio et de télévision, ainsi que par le biais d’un long billet sur son blog, lequel blog figure parmi les plus fréquentés de la sphère politique française. J’ai souligné lors de deux précédents billets que Jean-Luc Mélenchon était assez au fait d’Internet, non seulement par son utilisation, mais aussi par sa compréhension du rôle de ce nouveau média.
Il a publié hier un nouveau billet pour raconter l’écho considérable qu’a eu son premier article sur la Chine, qui aurait suscité près de 2500 commentaires et 1500 réactions par mail. Probablement une record pour un blog d’homme politique français. La médiatisation de ses propos dans les médias de masse a certainement contribué pour grande partie à cette audience, mais la blogosphère a aussi abondamment cité son article. Jean-Luc Mélenchon est renforcé dans sa conviction que le blog est un outil d’expression « hors du commun »:
Je milite depuis assez longtemps, j’ai utilisé tant de vecteurs d’expression, que je peux mesurer l’apport de ce nouvel outil. Quelle merveille ! Il produit une capacité de propagation, et de mise en lien des protagonistes d’une discussion, sans précédent et sans équivalent. [...]
Un grand nombre de commentaires exposent une analyse. C’est cela le plus précieux. Bon nombre d’entre elles m’ont permis de corriger ou d’adapter mes arguments à l’occasion des passages audiovisuels.


