nov
25
Sur son blog qu’il continue d’alimenter régulièrement, Julien Dray s’est plaint la semaine dernière de la déformation et de la diffusion sur Internet de propos qu’il a récemment tenus dans une émission sur Public Sénat à propos de Charles Pasqua.
Selon lui, le point de départ est une dépêche AFP mal orientée, mais les autres maillons de la chaîne sont sur le web : un article sur le site du nouvelobs.com, puis le blogueur Marc Vasseur.
Son interprétation est intéressante :
Je prends le soin de récapituler cet itinéraire, car il permet de comprendre comment se construisent les fausses rumeurs et les informations déformées, qui occupent une place croissante dans la presse en ligne, et dont j’ai eu à souffrir plus d’une fois dans mon « affaire ».
Au final, nous retrouvons un cas de figure qui devient assez classique : Internet est perçu comme une « machine à fabriquer des polémiques » (l’expression est d’Alain Duhamel).
Pourtant, la plupart des vrais gros buzz prennent leur source dans les médias traditionnels (ou du moins dans la version online de titres de presse traditionnelle) : Leparisien.fr pour « Casse-toi pauv’con », ou Public Sénat et Lemonde.fr pour les propos d’Hortefeux, par exemple. Internet n’est généralement pas à l’origine de ces informations, même si force est de reconnaître qu’il les a considérablement diffusées et amplifiées.
déc
8
Comme Dupond et Dupont, il y a deux Christophe G. célèbres pour être passés du simple statut de blogueur politique à celui d’élus locaux et militants actifs : Christophe Ginisty et Christophe Grébert. Tous les deux forcément au MoDem, dont on se demande si François Bayrou n’a pas choisi ce nom exprès pour attirer les blogueurs français.
En avril dernier, Ginisty annonçait avoir été chargé de piloter la stratégie Internet du Mouvement Démocrate avec les équipes existantes : « c’était bien une info, pas une rumeur« . Sauf que depuis huit mois, plus aucune info ni rumeur n’a filtré sur les travaux de l’équipe.
On supposait donc volontiers qu’elle oeuvrait dans l’ombre, préparant lentement mais sûrement un plan d’action Internet dont le MoDem avait à la fois le plus grand besoin (inaudible dans les grands médias, coincé entre PS et UMP) et le plus grand potentiel (un très fort réseau de sympathisants dans la blogosphère). Et puis, ces derniers mois, la cyber-machine de guerre Obama a été une formidable source d’inspiration, admirée, décortiquée, analysée quotidiennement. Bref, on s’attendait à ce que le MoDem en crée une copie Made in France pour renaître sur la scène nationale en s’affranchissant des contraintes des mass médias.
Mais patatras ! Voilà que Christophe Grébert nous annonce hier sa démission de l’équipe Ginisty, qui n’en aurait pas fichu une rame depuis avril :
Depuis 6 mois, en effet, le groupe stratégies internet du MoDem a peut-être travaillé et produit des choses… Je ne le sais pas, puisqu’on ne m’a jamais consulté, ni rien demandé ! [...] Lassé par cette inaction, j’ai informé cette semaine Christophe Ginisty que je quittais son groupe « stratégique ».
Pis, Christophe G. veut maintenant poursuivre la réflexion de son côté, en lançant un e-parti qui compte déjà 25 membres.
Réponse outrée de Christophe G. (l’autre) dans un billet initulé « Les bavards et les artisans« 1. Quelques amabilités fusent, sans doute inspirées des récents échanges verbaux au PS. Mais l’intéressant est ailleurs :
Depuis plus de 6 mois, des jeunes développeurs travaillent bénévolement sur leur temps libre à la mise en ligne d’une des plateformes les plus innovantes du web politique.
Et le résultat de ce travail de bénédictin serait révélé « dans quelques jours à peine ». Voilà qui promet. Rendez-vous est pris, comptez sur moi pour y jeter un oeil sourcilleux.
- le règlement de comptes se poursuit un peu plus loin sur le blog de Bernard Henri MRY [↑]
juil
30
Pour compléter mon récent billet au sujet de la commentosphère, je vous invite à lire Narvic, qui s’est livré à une analyse intéressante des chiffres de Rue89 sur sa propre commentosphère, ce qui permet d’avoir une vision un peu plus nette de la représentativité des commentateurs sur les sites politiques.
Par ailleurs, toujours dans le même sujet, on a assisté aujourd’hui à un véritable choc des cultures entre les commentateurs du Monde et ceux du Post, à l’occasion d’un article montrant la vidéo d’un Bernard Kouchner très énervé sur le plateau de France24.
Cet article du Post a été mis en avant sur la page d’accueil du Monde – il s’agit du même groupe – et de nombreux lecteurs du vénérable quotidien en ligne se sont donc retrouvés à lire pour la première fois LePost, un peu comme des inconditionnels d’Arte qui zapperaient par erreur sur l’Île de la Tentation.
La dépressurisation due à la différence de niveau a été brutale. Certains lecteurs du Monde n’ont tout simplement pas supporté, et ont tenu à exprimer leur opinion sur la ligne éditoriale du site du « Mix de l’info ». Par exemple, un certain Charles :
Je suis effrayé par le concept de ce type de média. la logique du pseudo , des « informations » au conditionnel données par tout le monde, des réactions insensées, gratuites, sous prétexte de liberté d’expression.
Je n’ose pas imaginer les dégâts que peut causer cette nouvelle forme de journalisme.
Le lien en une du monde.fr vers le post.fr amplifie encore la confusion sur la valeur de l’information.
J’ai 3 jeunes enfants, j’espère que les professeurs et nous les parents sommes armés pour éduquer à l’esprit critique car les dégâts seront considérables.
Nous construisons une génération de la défiance, de la délation, de la rumeur et de la calomnie.
Paf ! Et Charles n’était pas seul, il a été soutenu par plusieurs autres internautes, eux aussi violemment surpris par le choc thermique. Ainsi, quelques minutes plus tard, on apporte de l’eau à son moulin :
Ce n est pas du journalisme. Ce genre de site c est un peu comme la version virtuelle des graffitis de toilettes publiques. C est une mine précieuse pour l archéologie sociologique des siècles à venir. Imaginez la valeur scientifique du contenu d une journée de Post retrouvée sur un mur de toilette de pyramide. Cela ferait progresser la connaissance de la civilisation Egyptienne.
En archeologie, les meilleures trouvailles se font dans les toilettes, c est d ailleurs le premier objectif à trouver sur un site.
Imaginez le Post sous l occupation en France entre 1940 et 1944 puis sous l epuration en 1944 et 1945! Quel outil pour comprendre les Français.
Et une troisième réaction, toujours du même tonneau :
charles bourget, ce n’est pas du journalisme, ces forum sont des bistrots virtuels, qui attirent bcp de détraqués, qui a bout d’argument, deviennent grossiers et vulgaires, le tout exprimé dans un français approximatif truffé de fautes d’orthographe. Les posts déposés ont autant de valeur que ceux entendus, parait-il, dans un café du commerce. C’est affligeant. Je ne peux que partager votre émoi !
Il va sans dire que ces remarques n’ont pas été très bien prises par les commentateurs réguliers du Post, dont certains ont essayé de défendre « leur » journal. Mais rapidement, le flot des commentaires habituels du Post a emporté ceux des snobs intellectuels, et le débat sur le niveau de l’information a été balayé…
juil
14
Les plateformes et blogs politiques recherchent et se nourrissent des commentaires des internautes, ils sont partie intégrante et un indicateur fort du succès d’un site. Cette « commentosphère », qui coexiste avec la blogosphère tel le poisson pilote du requin ou l’oiseau compagnon du rhinocéros, constitue donc une partie non négligeable du contenu des sites. L’interaction avec les visiteurs est d’ailleurs un principe essentiel du Web 2.0.
Mais les lecteurs réguliers de sites politiques français ne peuvent pas manquer de constater à quel point les opinions exprimées par les internautes sont beaucoup plus tranchées que ce que l’on entend généralement autour de soi, dans la « vraie vie » chez le citoyen lambda. Que ce soit sur des grands titres de presse (Libération, Le Monde, Le Figaro, 20minutes…), des « pure players » politiques (Agoravox, LePost, Backchich, Rue89…) ou des blogs petits et grands, les commentaires que laissent les lecteurs sont souvent très vifs, polémiques, voire irréfléchis ou franchement extrémistes.
Nicolas Sarkozy, Georges W. Bush et d’autres personnalités controversée sont les cibles préférées de ce lynchage quotidien, mais des thèmes comme la théorie du complot, la certitude d’une révolution imminente, la banalisation du terme « fascisme » sont également tous les jours au menu.
Quel crédit accorder à ces réactions de comptoir épidermiques, gravées dans le marbre pour l’éternité à cause d’Internet ? La commentosphère est-elle réellement l’expression d’un vaste mouvement politique underground ignoré par les grands médias comme elle aime à se décrire, ou s’agit-il seulement d’une petite minorité très active qui monopolise le cyberespace politique ? Et cette minorité serait-elle composée d’écervelés ou de citoyens convaincus de leurs idées ?
Cette réflexion me traverse régulièrement l’esprit, mais j’ai lu aujourd’hui sur Agoravox et sur LePost les réponses à une vidéo de Jean-Marie Le Pen qui exprimait ses doutes sur la réalité de la captivité d’Ingrid Betancourt. Un thème qui a d’ailleurs beaucoup excité le monde politique sur Internet ces derniers jours. Eh bien, la grande majorité des commentateurs est d’accord avec la théorie du complot exprimée par le leader du Front National ! Il dispose même d’un certain capital sympathie grâce à son franc-parler supposé, le brave homme. Pour certains, il a même « absolument raison ». Rien à voir bien sûr avec cette « pourriture fasciste grabataire » de Serge Dassault, par exemple.
Évidemment, il est tellement simple de se réfugier derrière l’anonymat d’un pseudo pour déverser sa bile et ses délires. Mais les commentateurs doivent avoir conscience qu’ils participent au contenu, voire à la ligne éditoriale d’un site. Ils devraient donc écrire sur le Web la même chose que ce qu’ils diraient de manière réfléchie et en face-à-face dans une discussion réelle.
juin
13
Elles ne sont pas toujours diffusées par les médias traditionnels, qui relaient plus volontiers les altercations entre politiciens de partis opposés. Mais la politique est aussi le théâtre de scènes violentes entre élus du même camp : on en a vu (re)surgir plusieurs ces derniers temps, sur le web. Voici les meilleures scènes.
Ségolène royale. Lors d’une séance du conseil régional de Poitou-Charentes le 26 février dernier, une sérieuse altercation a éclaté entre la présidente (de région) Ségolène Royal et plusieurs membres de l’assemblée dont Jean-François Fountaine, lui-même socialiste. Cette scène, qui avait été diffusée à la télévision en février, est soudainement réapparue de manière opportune sur Internet il y a quelques semaines, au moment où l’ex-candidate annonce ses ambitions à la tête du Parti Socialiste.
Maxime Gremetz enragé. Décidément, les conseils ne se passent pas toujours dans une ambiance feutrée. Lors du conseil régional de Picardie le 28 avril dernier, le député communiste Maxime Gremetz en vient carrément aux mains avec ses homologues socialistes, qui tentent de lui faire quitter la salle. Observez la technique d’attaque très particulière de l’élu en costume
Christine Boutin, ministre du logement, et Claude Goasguen, maire UMP du 16ème arrondissement, se sont chamaillés en direct devant les journalistes le 11 juin, lors d’une visite de Christine Boutin venue inaugurer un centre d’hébergement pour SDF. Claude Goasguen revient sur cet épisode sur son blog.
Villepin sur la presse « pâtée pour chat ». Ce n’est pas une dispute, mais Dominique de Villepin a vivement critiqué la presse, et indirectement le président de la République, lors d’un débat organisé par Politique.net et Dauphine. Il dénonce « l’esprit de cour » et les industriels « partie prenante du jeu politique » (Le Figaro), qui seraient une « vérole pour la démocratie ». L’ancien premier ministre ne mâche pas ses mots, allant même jusque à trouver que la presse avait un plus grand esprit d’indépendance sous l’Empire. C’est évidemment son ennemi juré Nicolas Sarkozy qui est visé, et Dominique de Villepin se fait l’écho – à droite – de la critique selon laquelle les médias seraient fortement influencés par l’Elysée. Avec cette phrase désabusée, inquiétante car elle vient de quelqu’un qui sait de quoi il parle : « En politique, la transparence est toujours le maquillage de quelque chose. » Décidément, les hommes politiques ne sont jamais aussi passionnants que lorsqu’il sont retirés de la vie publique.
mai
28
L’un des sports préférés des élus du Parti Socialiste, surtout lorsqu’ils se trouvent être dans l’opposition comme en ces années de sarkozysme, c’est de se chercher noise entre eux. On s’invective, on se scandalise, on vocifère et on s’indigne, tout cela dans une joyeuse ambiance de cour d’école, mais sous les ors de l’Assemblée ou du Sénat, et payé par nos impôts. Avant l’ère numérique, les socialistes aimaient régler leurs comptes par journaux interposés (Le Monde et le Nouvel Obs étant leurs bacs à sable préférés), et dans des émissions radio ou TV. L’avènement d’Internet leur a fourni un nouveau média pour agrandir leur terrain de jeu, et c’est désormais aussi à travers leurs blogs que les grands enfants du PS se crêpent le chignon.
Le cancre Mélenchon, blogueur depuis 2004, vieil habitué des polémiques, et passablement revigoré par la couverture médiatique dont il a fait l’objet ces derniers temps à cause de ses positions sur la Chine, se trouve une fois de plus au centre de l’une de ces querelles improbables dont les socialistes ont le secret. Cette fois, il s’agit d’un discours sur les langues régionales tenu au Sénat le 13 mai dernier (le texte est disponible sur le site du Sénat). Comme souvent, Mélenchon ne mâche pas ses mots et n’a pas peur de muscler son discours avec des comparaisons venues de très loin, rappelant par exemple que le dictionnaire du breton unifié de 1942 a été écrit par un collaborateur des nazis.
Ce discours n’a pas plu à tous ses collègues, surtout Bretons. Ni une ni deux, le député (PS) du Finistère Jean-Jacques Urvoas saisit son ordinateur et embroche virtuellement son collègue sur son blog dans un billet intitulé Butor, billet repris en intégralité par le journal Le Télégramme de Brest :
Voilà un élu qui n’honore pas sa fonction. [...]
Dans cette subtilité qui n’appartient qu’à lui, et qu’heureusement personne ne songe à lui disputer, il vient d’émettre un jugement à l’emporte-pièce dont il est certes coutumier, mais qui ne le rend pas pour autant recevable. [...]
Que répondre à ce tissu d’insanités sinon que ce petit monsieur, à dessein ou non, confond langues et dialectes, que le breton unifié n’a pas plus de raison d’être marqué au fer rouge de la collaboration que la fête des mères [...]
Jean-Luc Mélenchon, bien loin de mettre de l’eau dans son vin suite à ses propos, lui répond quelques jours plus tard via son blog :
Le montage de mes propos (avec guillemets mensongers à l’appui) est d’une telle malveillance et si manipulatoire qu’il me paraît extrêmement révélateur d’un état d’esprit. [...]
Ces propos et les mots utilisés pour me désigner ont une tonalité nauséabonde. [...] Je trouve également très significatif le contenu et le ton sur lequel sont faits les commentaires des violents qui approuvent ses propos alors même qu’ils ont eu le moyen de vérifier eux-mêmes l’inanité du montage d’Urvoas en allant vérifier mes propos sur le site du Sénat. Je recommande la découverte de ce visage du folklore local de la haine ethniciste.
Au-delà de ces disputes politiciennes éternelles, et sans juger le fond de la polémique, il est intéressant de voir que les blogs d’élus sont aujourd’hui un outil de communication à part entière, et que la presse n’hésite plus à reproduire des notes publiées sur ces supports.
Illustration de Caricatures-sarkozy.com.
mai
4
Ca tangue un peu, ces jours-ci, dans le web journalistico-blogo-politique hexagonal.
LePost (petit frère de Lemonde.fr) fait l’objet d’une charge virulente de la part du blog Le Petit Champignacien Illustré dans un billet intitulé LePost, ou l’extrême droite décomplexée. Le site est notamment accusé de faire de la « politique politicienne par petites phrases sans grandes analyses » et même carrément de la « politique de caniveau ». Spéciale dédicace à Guy Birenbaum, posteur vedette du Post, qui est également chroniqueur politique émérite sur la radio Rires & Chansons. Le site d’Arrêt sur Images a largement amplifié l’écho de cette polémique en citant le billet champignacien.
Le « mauvais esprit » du site satirique Backchich.info, qui fait parler de lui de temps en temps avec des coups comme la vidéo off de Rachida Dati, est confronté aux tristes réalités pécuniaires de notre monde. A court de trésorerie, la rédaction n’a pu verser les salaires d’avril à ses pigistes, et lance donc une opération de collecte auprès des internautes pour essayer de « poursuivre [cette] folle aventure jusqu’en octobre prochain ».
Enfin, le néologisme de la semaine, c’est la « réacosphère » : comprenez la blogosphère aux valeurs réactionnaires, souvent d’extrême droite. Libération y consacre un article à l’occasion d’un cyber-mouvement de protestation contre une publicité Matelsom. Pour son papier, le journaliste avait interviewé par e-mail Le Grand Charles, l’une des figures de cette réacosphère, mais il n’a apparemment pas repris (ou compris ?) le sens de ses propos, car Le Grand Charles ne s’y est pas du tout retrouvé. Il a donc publié l’intégralité de l’interview pour nous rendre témoins de la distorsion.
mar
30
Le député hollandais d’extrême droite Geert Wilders a mis en ligne jeudi dernier son court-métrage contre l’islam, intitulé « Fitna » (en arabe: division et discorde au sein de l’islam). Le film suscitait la polémique aux Pays-Bas avant même sa sortie, mais la presse et beaucoup d’internautes le considèrent finalement moins outrancier que prévu. Le court-métrage de 17 minutes, certes très racoleur, est en fait avant tout un montage d’images dures d’attentats terroristes, mais sans argumentaire réellement construit à l’encontre de l’islam. La communauté musulmane aux Pays-Bas est restée très calme, mais l’Iran dénonce « une vendetta de la part de citoyens occidentaux contre l’islam et les musulmans » et des manifestations auraient eu lieu au Pakistan.
Initialement mis en ligne sur la sulfureuse plateforme britannique de vidéos LiveLeak, le film a été retiré dès le lendemain suite aux menaces pesant sur le personnel. Ce qui n’a pas empêché sa traduction immédiate et sa diffusion sur d’autres plateformes telles que Google Vidéo ou Youtube. Selon les premiers chiffres, plus de 3 millions d’internautes auraient regardé la vidéo dès la première journée, et elle figure dans le Top 5 de ViralVideoChart.
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fév
21
Cette campagne des municipales est décidément riche en buzz et en petites vidéos assassines : cette fois c’est au tour de Dominique Perben, candidat UMP à la mairie de Lyon, de voir son image mise en danger par une phrase maladroite. Dans une interview mise en ligne sur son site de campagne mardi 20 février, on le voit motiver ses troupes en ces termes : « Ce que je veux vous dire aujourd’hui, c’est qu’il reste trois semaines, qu’il faut mettre le paquet, qu’on va mettre le turbo, et qu’on va les défoncer ». La vidéo a été publiée par inadvertance par l’équipe UMP, et n’est restée que quelques heures en ligne : une seconde version adoucie l’a remplacée, dans laquelle le mot litigieux avait disparu. Contactée par 20minutes, l’équipe de campagne a livré quelques explications confuses : « Cette phrase était dans un montage destiné aux militants. Elle n’aurait pas dû être en ligne. C’est une erreur » assure une permanente, tandis que l’administrateur du site écrit de son côté : « Nous avons eu un problème de poids de fichier et il a fallu recalibrer la vidéo ».
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fév
20
Ca n’a pas raté : alors que tourne sur le Net depuis quelques jours une vidéo de Jean-Marie Cavada sur laquelle on le voit ne pas réagir aux propos antisémites de l’écrivain Yvan Stefanovitch, la polémique a tellement enflé que le candidat UMP à la mairie du 12ème arrondissement a du s’expliquer. Un proche avait pourtant juré qu’ils regarderaient avec « détachement » la blogosphère « s’acharner ».
Et en fait de détachement, ayant pris conscience de l’image désastreuse qui se propageait sur le web, Cavada a finalement décidé de plaider la bonne foi dans une interview au quotidien Métro. Il refuse le « procès qu’on essaie d’instruire » et affirme: « Il y avait beaucoup de monde et au moment où M. Stefanovitch a tenu ces propos je discutais en aparté avec quelqu’un. Je n’ai donc pas entendu. Dans le cas contraire, j’aurais évidemment réagi. Je ne peux pas accepter le moindre relent d’antisémitisme ou de racisme. ». Et de contre-attaquer carrément : « nos adversaires politiques dans le XIIe arrondissement essaient de capturer le martyrologue du peuple juif pour essayer d’en faire un argument électoral en leur faveur ». Réponse dont fait mine de s’ulcérer le PS en la personne de Patrick Bloche, directeur de campagne de Bertrand Denaloë, qui dénonce des « insinuations inacceptables » et des « accusations calomnieuses et extrêmement graves ». En tous cas, Jean-Marie Cavada n’est pas près d’oublier cette petite leçon de politique-polémique sur le web.