juin
21
J’ai reçu il y a quelques semaine un exemplaire du livre de François Belley, « Ségolène ® la femme marque ». Publicitaire de son état et passionné de politique (nul n’est parfait), l’auteur se propose de disséquer le phénomène Ségolène Royal exactement à la manière d’une marque commerciale. L’ouvrage, dont on aurait pu craindre qu’il soit un peu abscons comme le sont les cours de marketing, se révèle en fait précis, bien documenté et vivant.
Tout au long du livre, François Belley s’applique à démontrer que la communication de Ségolène Royal, en particulier depuis 2006, correspond point par point à la stratégie marketing d’une voiture ou d’un parfum. Jusqu’à retoucher son appellation, « Ségolène », dont le patronyme a disparu au profit du prénom.
Le style Ségolène, du moins pendant la campagne présidentielle, reposait en grande partie sur la notion de démocratie participative. Et pour cela, Internet est LE média qui permet au consom’acteur – pardon, au citoyen-expert – de s’exprimer et de s’épanouir. Ainsi, l’ouvrage raconte comment la candidate a construit son programme présidentiel sur la synthèse (supposée) des participations des internautes sur desirsdavenir.org. Exactement à la manière du web 2.0, le programme Royal aurait été le premier programme User Generated Content. L’intérêt ? « Personnaliser le produit favorise les ventes. Face à une offre toujours plus pléthorique, cela permet surtout aux consommateurs de s’approprier le produit. » Mais avec le succès des urnes qu’on sait, il semble que les citoyens ne soient pas encore tout à fait prêts pour la démocratie participative.
Quoi qu’il en soit, bien que l’auteur ait fait le choix de ne s’intéresser qu’à Ségolène Royal, dont le cycle de vie est sans doute déjà en phase de maturité, et risque de commencer à entrer en déclin en même temps que le PS, la démarche est convaincante et originale. Une analyse de François Bayrou sur le même mode mériterait le détour
Plus d’informations sont à trouver sur www.lafemmemarque.com
oct
27
Permettez-moi une petite digression à la ligne habituelle de ce blog, pour vous recommander la lecture d’un livre qui n’a rien d’électronique: L’avenir de l’eau d’Erik Orsenna, second Petit précis de mondialisation après son premier opus sur le coton.
L’eau sera l’un des défis du 21ème siècle : comment assurer l’accès au précieux liquide à une population mondiale qui dépassera bientôt les 7 milliards d’âmes, tandis que le réchauffement climatique assèche des régions entières ?
Pour en saisir les enjeux, l’Académicien a joué les globe-trotters pendant deux années, suivant la piste de l’eau sur tous les continents, « du Nil au Fleuve Jaune. De l’Amazone à la toute petite rivière Neste, affluent de la Garonne. De l’Australie qui meurt de soif aux îles du Brahmapoutre noyées par les inondations ». C’est sans doute pour cela que ce petit Précis, délicieusement écrit comme toujours, se lit bien plus comme une enquête de Tintin que comme un essai théorique.
Erik Orsenna était l’invité de Bibliothèque Médicis il y a quelques semaines, et l’émission, très intéressante, est toujours consultable. J’ai aussi noté avec amusement que l’auteur, dans l’avant-propos du livre, invitait ses lecteurs à poursuivre le débat sur son blog, initiative originale (unique ?) pour un membre de l’Académie Française.