août
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Bien utiliser Twitter pour se créer son réseau de followers demande une certaine pratique, d’autant plus que les bourdes de débutants peuvent coûter cher à une institution qui tente de se lancer dans la discussion. Il n’est donc pas étonnant qu’apparaissent depuis quelques temps des « guides du petit utilisateur de Twitter » à destination des entreprises, des institutions et des formations politiques. En effet, il ne suffit pas d’ouvrir son compte pour devenir instantanément une source d’information reconnue et suivie : 90% des tweets sont postés par 10% des utilisateurs, et la durée de vie moyenne d’un compte est de 1 tweet.
Je suis tombé hier sur un article de Fastcompany qui nous enseigne comment booster notre « Twitter Power » en 6 points essentiels : être informatif, utiliser des hashtags, parler aux autres, re-twitter des tweets, remercier les autres, et continuer à twitter dans vos déplacements. Cela peut sembler de bon sens, mais beaucoup de débutants ignorent ces règles.
Mais le blog du 10 Downing Street est allé plus loin la semaine dernière en publiant un guide de 20 pages à l’usage de tous les départements du gouvernement britannique. L’auteur justifie la longueur de ce vademecum par le fait que, malgré une barrière à l’entrée très faible en raison de sa simplicité, le micro-blogging doit respecter certaines règles pour être efficace (c’est à dire porter la parole du gouvernement à un maximum de gens) et que les erreurs ne seraient pas pardonnées par les utilisateurs. Et il n’est pas toujours facile de faire passer un message en 140 caractères, sauf bien sûr lorsque l’on écrit chinois.
Un guide très concret et approfondi, que les instances gouvernementales étrangères seraient bien inspirées de lire. Bien sûr, nous en France, nous avons nos trois cyber-héraults (et non pas super-héros) nationaux @nk_m, @alainlambert et @benoithamon, mais ils représentent surtout eux-mêmes. Cela dit, leur motivation force le respect, car que vois-je dans le statut d’Alain Lambert, ce dimanche à 10 heures :
Et 16 heures plus tôt :
Allons vite le rassurer, il doit être l’homme politique de sa génération le plus apprécié sur le web… mais passera-t-il le virage de FriendFeed ?
juil
21
L’Express a été aujourd’hui à l’initiative d’un débat sur Twitter, de 13h à 14h, entre les twitternautes et les 3 seuls politiques français actifs sur Twitter : Nathalie Kosciusko-Morizet (@nk_m), Alain Lambert (@alainlambert) et Benoît Hamon (@benoithamon). Prévenus un peu à l’avance, tous les Twitternautes pouvaient participer, puisqu’il suffisait d’ajouter le hashtag #lexpress à leurs Tweets.
Pourtant au final, l’expérience a été peu convaincante. Non pas par manque de participants, car des centaines de questions – souvent intéressantes – ont été posées, ni de la faute des trois politiques, qui se sont prêtés au jeu avec franchise. Ni même à cause du format court de Twitter, 140 caractères maximum, qui force les internautes à formuler des questions claires, et les répondants à aller à l’essentiel, abandonnant la langue de bois, comme le remarque Alain Lambert.
Finalement, le principal problème, c’est que Twitter est surtout conçu pour diffuser des messages instantanés à sens unique, pour « gazouiller » mais pas pour dialoguer. Ce n’est pas un outil adapté aux débats : vu la rapidité à laquelle s’enchaînaient les Tweets, les réponses des participants s’affichaient 20 ou 30 lignes au-dessus de la question initiale, ruinant toute lisibilité. Il manque à Twitter un affichage imbriqué des réponses (à l’instar de nombreux commentaires de blogs aujourd’hui, par exemple), pour pouvoir suivre les questions/réponses sans faire de fouilles archéologiques.
Les participants ont eux-même reconnu le faible intérêt de cet exercice :
NKM : Merci à tous. Exercice difficile. Dubitative sur la valeur ajoutée au débat
Benoît Hamon : suis assez d’accord avec @nk_m sur la faible valeur ajoutée du débat.
Euphémismes pour dire que personne n’y a rien compris. Quoi qu’il en soit, cela reste une jolie opération de comm’ online pour L’Express, et l’affirmation de la suprématie des 3 élus, qui règnent pour l’instant quasiment sans concurrence dans le paysage politique français sur Twitter, et sont devenus les chouchous des Twitternautes.

