juil
21
L’Express a été aujourd’hui à l’initiative d’un débat sur Twitter, de 13h à 14h, entre les twitternautes et les 3 seuls politiques français actifs sur Twitter : Nathalie Kosciusko-Morizet (@nk_m), Alain Lambert (@alainlambert) et Benoît Hamon (@benoithamon). Prévenus un peu à l’avance, tous les Twitternautes pouvaient participer, puisqu’il suffisait d’ajouter le hashtag #lexpress à leurs Tweets.
Pourtant au final, l’expérience a été peu convaincante. Non pas par manque de participants, car des centaines de questions – souvent intéressantes – ont été posées, ni de la faute des trois politiques, qui se sont prêtés au jeu avec franchise. Ni même à cause du format court de Twitter, 140 caractères maximum, qui force les internautes à formuler des questions claires, et les répondants à aller à l’essentiel, abandonnant la langue de bois, comme le remarque Alain Lambert.
Finalement, le principal problème, c’est que Twitter est surtout conçu pour diffuser des messages instantanés à sens unique, pour « gazouiller » mais pas pour dialoguer. Ce n’est pas un outil adapté aux débats : vu la rapidité à laquelle s’enchaînaient les Tweets, les réponses des participants s’affichaient 20 ou 30 lignes au-dessus de la question initiale, ruinant toute lisibilité. Il manque à Twitter un affichage imbriqué des réponses (à l’instar de nombreux commentaires de blogs aujourd’hui, par exemple), pour pouvoir suivre les questions/réponses sans faire de fouilles archéologiques.
Les participants ont eux-même reconnu le faible intérêt de cet exercice :
NKM : Merci à tous. Exercice difficile. Dubitative sur la valeur ajoutée au débat
Benoît Hamon : suis assez d’accord avec @nk_m sur la faible valeur ajoutée du débat.
Euphémismes pour dire que personne n’y a rien compris. Quoi qu’il en soit, cela reste une jolie opération de comm’ online pour L’Express, et l’affirmation de la suprématie des 3 élus, qui règnent pour l’instant quasiment sans concurrence dans le paysage politique français sur Twitter, et sont devenus les chouchous des Twitternautes.
jan
17
Les hommes politiques ont beau jurer qu’ils vont utiliser le web communautaire et participatif pour une meilleure communication avec les citoyens, ils n’ont pas suffisamment les mains dans le cambouis pour connaître la notion de web 2.0… après Frédéric Lefebvre qui refuse d’avouer son ignorance, Benoît Hamon répond avec le plus long « heuuuu » du monde.
sept
4
L’Université d’été de La Rochelle a été unanimement qualifiée de lamentable ratage, renvoyant plus que jamais du PS une image de désordre total et d’interminables luttes d’égos.
Pourtant, aussitôt rentrés à Paris, les éléphants, ténors et barons socialistes n’ont rien eu de plus pressé que de jouer les prolongations, estimant que quatre jours de combat de boue étaient un peu courts pour donner la pleine mesure de leur fiel. Et c’est notamment à travers leurs blogs qu’ils ont continué à laver leur linge sale sur la place publique, prenant à témoin leurs internautes.
Jean-Luc Mélenchon, toujours en verve quand il faut gueuler, titre « Un cirque inacceptable« 1 et prend sa plume la plus talentueuse pour se livrer à son exercice favori, balancer sur la tête du PS :
L’indigne merdier de La Rochelle m’a galvanisé. Ni de près ni de loin, je ne veux rien avoir à faire avec cette sarabande de girouettes. Quand je pense que tous ces agités sont ceux qui se donnent de grands airs d’importants responsables et me font des leçons de maintien le reste de l’année! Bien fou qui voudrait confier son pays à de tels vibrions.
Pierre Moscovici est content de retrouver l’air parisien. Il avait cru pouvoir séduire Martine à la plage, mais n’a finalement pas réussi à conclure. On sent qu’il a du vague à l’âme :
Après avoir passé 4 jours dans les affaires du PS, et pas dans ce qu’elles ont de plus ragoûtant, après avoir résisté à une offensive peu digne, puis reconstruit une perspective, j’éprouve le besoin de souffler, de réfléchir, de revenir à l’essentiel. C’est pourquoi je n’ai pas voulu rencontrer Martine Aubry hier : il faut bien analyser les conséquences de l’échec de l’Université d’été [...]
Jean-Jacques Urvoas veut aller de l’avant grâce à sa capacité de mémoire sélective, il préfère « oublier La Rochelle » :
Retour de La Rochelle avec une conviction : il est temps que s’expriment les militants ! [...] Pour faire simple, cette université fut un congrès à blanc. C’est-à-dire avec le pire de ce que nous sommes capables de montrer aux médias (confusion quotidienne, manipulations permanentes, intoxications régulières, trahison même…). Mais aussi sans l’essentiel et donc le meilleur: la voix et le choix des adhérents. [...] Tournons vite la page de cette 15ème université.
Benoît Hamon a la flemme d’écrire – c’est la nouvelle génération – mais l’analyse qu’il nous livre en vidéo sur son blog n’est qu’à moitié optimiste :
A l’évidence, si on s’arrête aux images qui ont été renvoyées par les médias, le spectacle est assez navrant et consternant.
En revanche, Jean-Christophe Cambadélis, que d’aucuns accusent de ne pas détester les coups bas des querelles intestines, concède certes une Université un peu brouillonne, mais reste « calme et serein » pour « travailler à l’unité » :
Mes amis, de grâce, n’ajoutons pas à l’image déplorable de La Rochelle, à cet entrechoc de personnalités et d’ego, le spectacle désolant de notre implosion. Que s’est il passé ? [...]
Bon, parlons-nous ! Rien d’irréparable n’a été commis. Franchement !
Quant aux vrais grands ténors, François Hollande, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, il ont préféré rester au-dessus de la mêlée et ne pas livrer à la sagacité des internautes leur débriefing de ce week-end rochelais, à une encablure de l’Île de Ré.
- le titre original est tout en majuscules, mais on ne crie pas sur mon blog [↑]