Une semaine après le 2ème tour des municipales, les perdants ont séché leurs larmes, les plus de 5% se sont assis sur leur siège tout neuf, et les élus ont revêtu leur belle écharpe tricolore. Mais une fois le fracas de la campagne passé, les tracts jetés au pilon et les militants repartis, que deviennent les sites et les blogs des candidats, qui étaient jusqu’au 16 mars la preuve affichée de leur modernité et de leur volonté de communiquer directement avec les citoyens ? Zoom sur quelques cas.

A Paris, le “vlog” de Bertrand Delanoë a été à peine mis à jour depuis dimanche dernier : le verbatim de son discours de réélection a été copié-collé, ainsi que la liste des adjoints à la mairie. C’est tout.
Mais c’est toujours mieux que pour ses deux principales adversaires. Chez Françoise de Panafieu, la vie s’est arrêtée après sa déclaration du 1er tour : ni merci ni au revoir, le site n’a pas reçu la moindre mise à jour. Marielle de Sarnez (MoDem) a elle aussi posé un lapin à ses militants : malgré un “nous nous retrouvons lundi” posté l’avant-veille du deuxième tour, personne n’est revenu. On note avec un sourire que le dernier billet indique “qu’aucun nouvel article ou nouveau commentaire ne sera publié à partir de vendredi 14 mars minuit” alors qu’il est daté du 15 mars.

En revanche, Jean-Marc Restoux, le candidat SDF du 6ème arrondissement, passé la déception du 1er tour, fait un bilan de campagne en vidéo dans lequel il annonce sa volonté de poursuivre l’aventure.
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Souvenez-vous, je vous avais présenté plusieurs candidats atypiques lors de la campagne, dont trois lors de cette interview. Que sont-ils devenus après le premier tour dimanche dernier ?

Christophe Grébert est celui qui tire le mieux son épingle du jeu. Candidat à Puteaux, l’ex-blogueur et ex-sympathisant PS a réuni 4130 voix, soit 22% des suffrages. Il y aura donc un second tour pour la première fois depuis 40 ans dans la ville, où se disputeront la maire sortante Joëlle Ceccaldi-Raynaud, ultra-favorite avec 48,90%, la liste conduite par Grébert, et la liste du PS, arrivée troisième mais qui refuse de passer une alliance.
La soirée de dimanche a été mouvementée pour Christophe Grébert, qui a reçu un coup des vigiles de la mairie alors qu’il voulait monter sur l’estrade pour prendre la parole. Dans tous les cas, il est certain d’obtenir des sièges au conseil municipal, ce qui est déjà un succès pour lui.
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La plateforme Blogbang a réuni lors d’une interview trois blogueurs renommés de la blogosphère politique française devenus candidats aux élections municipales : Christophe Grébert pour Puteaux, Christophe Ginisty pour Issy-les-Moulineaux et Pierre Valet pour le 14e arrondissement de Paris.
L’occasion pour eux de parler de leurs motivations et de raconter les événements - différents pour chacun - qui les ont incité à ouvrir un blog puis à s’engager sur le terrain, dans la “vraie” politique au sein de leur ville. Ces trois personnalités sont vraiment un cas d’école pour le laboratoire de l’e-démocratie, et nous suivrons avec attention leurs résultats aux élections.

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puteaux-ensembleChristophe Grébert, personnalité bien connue de la blogosphère politique française depuis 2002 grâce à son blog Monputeaux.com, et ex-militant socialiste, a décidé en mai 2007 de passer du rôle de blogueur critique à celui de candidat politique bien réel. Il présentera donc en mars une liste “d’ouverture”, composée de colisitiers apparentés UMP, Modem, PS et Verts.

Il faut dire que la ville de Puteaux est depuis longtemps le théâtre d’une guerre familiale extraordinaire entre le député-maire UMP actuel, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, et son père Charles Ceccaldi-Raynaud, ancien maire de 1969 à 2004. Charles Ceccaldi-Raynaud avait en effet laissé en 2004 son siège à sa fille pour raisons de santé, ne restant que simple conseiller; mais il a ensuite voulu reprendre sa place, considérant que la maire actuelle n’avait pas les compétences pour cette fonction. Cette “guerre des Ceccaldi” a donné lieu à des situations rocambolesques, comme ce conseil municipal du 1er février où père et fille se sont invectivés avec violence, sous les huées du public.

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