jan
26
Nul doute que la bourrasque technologiquo-politique américaine vient d’atteindre le bassin parisien : en ce premier mois de l’an I de l’ère Obama, nos parlementaires ont découvert les joies des petites vidéos politiques virales. En moins de deux semaines, on a vu surgir trois vidéos web virales concoctées par des députés eux-mêmes.
La première était attendue depuis décembre : Jean-François Copé nous avait promis un petit montage de derrière les fagots dénonçant les cabotineries improductives des députés de l’opposition tentant d’obstruer le travail parlementaire. Lancée le 12 janvier sur un site ad’hoc laissant espérer de futurs épisodes, elle est quelque peu décevante, manquant d’exemples criants malgré une intéressante leçon sur la cuisson du homard, et un éclaircissement sur la nature de Casimir.
Bien que la vidéo connaisse un succès d’audience mitigé (seulement 40 000 visionnages), le groupe PS, qui a du temps à tuer, concocte dès le lendemain une réplique du même tonneau démontrant l’incontestable utilité de cette honorable technique de guérilla parlementaire.
Et la semaine dernière, la cacophonie lors du débat sur la limitation du temps de parole – qui a amené l’opposition à entonner la Marseillaise, avant de quitter la séance – a été filmée et montée pendant la nuit, pour mettre en ligne à l’aube cette savoureuse petite vidéo, relayée notamment par Le Figaro et Libération. Plus de 100 000 visionnages, ce qui n’est pas mal.
Que penser de ce triptyque ? La communication politique via des vidéos diffusées sur Internet n’est pas tout à fait nouvelle, même en France, puisque le phénomène a connu un coup d’envoi lors de la présidentielle de 2007. La souplesse, la réactivité et le faible coût de la production sur le web sont des atouts qui séduisent les politiques. Mais jusqu’à présent, il s’agissait surtout de vidéos à contenu classique : interviews, explications pédagogiques, petits reportages…
Or, maintenant que les députés commencent à entrevoir la puissance du buzz sur le web lorsqu’ils disposent de contenu croustillant, on peut prévoir que la prépondérance du sensationnel, de l’émotion, bref de la forme dans la communication politique ne fera que se renforcer, et qu’on touchera moins au fond. Mais qu’on touchera le fond.1
- Pas pu résister… [↑]
déc
20
La vidéo du président américain évitant de justesse et non sans humour1 une, non deux chaussures volantes d’un journaliste irakien, a fait le tour du web, et même le tour du monde. Le tour du web, c’est 13 millions de visionnages en une semaine, ce qui la propulse en tête du classement des vidéos de l’indicateur Bertrand. Plus efficace qu’une pub virale de Nike.
Comme à chaque fois, des parodies surgissent en quelques heures du cerveau d’anonymes geeks : animations à utiliser en smiley dans MSN Messenger, vidéos détournées plus ou moins réussies, T-shirts, et bien entendu jeux en flash (ici, là et là-bas). Bref, la panoplie complète du buzz de légende, celui qui dure plus de 5 jours et accédera peut-être au statut de mème.
Cet épisode drôlatique – exutoire pour une bonne partie de la planète – a aussi eu des répercussions dans le monde réel. Il a par exemple provoqué la première micro start-up: l’auteur du jeu Sockandawe.com2 a inventé le concept lundi, développé le jeu mardi, fait un carton mondial mercredi, et vendu la licence sur eBay jeudi, pour la somme de 7800$.
Dans le monde arabe, on se réjouit de cet instant de bravoure : les journaux en font leur une, les dessinateurs caricaturent, des comédiens parodient la scène à la télévision, et les Egyptiens se sont échangé des blagues par SMS pendant toute la semaine.
Le jeune journaliste irakien, lui, ne rigole pas : il a été arrêté et risque jusqu’à 7 ans de prison. Mais l’opinion publique fait bloc derrière celui qu’elle a élevé au rang de héros national, 68 000 membres de Facebook le soutiennent et plus de 200 avocats se disent prêts à le défendre gratuitement. Finalement, l’attentat en Irak qui a fait le plus de bruit médiatique durant cette guerre n’aura tué personne.
- « Si vous voulez des faits: c’était une chaussure de taille 44″ a-t-il déclaré à propos de l’incident [↑]
- Littéralement « Chaussette et effroi ». Jeu de mots avec « Shock and Awe », une doctrine d’attaque militaire éclair utilisée par l’armée américaine en Irak [↑]
déc
2
Mise à jour du 03/12 : le gagnant est… Greenpeace, qui révèle être à l’origine de cette opération de marketing viral assez réussie, bien que relativement courte : voir leur commentaire ci-dessous.
Vous avez peut-être aperçu à Paris des affiches de Nicolas Sarkozy dessiné à la façon Obama, reprenant le slogan « Yes We Can ». On ne sait pas encore qui se cache derrière ces affiches. Mais il se confirme qu’il s’agit d’une opération de buzz, car IlovePolitics vient de recevoir, eu égard à son statut de blog influent, une nouvelle vidéo dont le but est manifestement de faire monter la sauce.
Associés à cette vidéo, un compte Flickr, une page Facebook et surtout un blog complètent le dispositif. Et c’est là qu’on constate que l’opération est plus subtile que d’habitude : il s’agit d’un buzz double effet.
Car les billets postés aujourd’hui sur le blog, si on les lit au premier degré, sont censés désamorcer le buzz :
[...] sachez que nous ne sommes que d’inoffensifs étudiants écolos et de droite (eh oui c’est pas interdit).
Tout d’abord, nous devons vous avouer que nous sommes assez surpris du buzz que nous avons créé bien malgré nous.
[Nicolas Sarkozy] est nain d’origine hongroise.
Mais non : des étudiants de droite qui traitent Sarkozy de nain hongrois, ça n’existe pas, même dans vos rêves les plus fous.
De surcroît, lesdits « étudiants » se plaignent que leur compte Flickr a été piraté, et que cette photo a été ajoutée dans la galerie à leur insu :

Deux factions qui revendiquent l’origine de Sarkobama ? Encore une enquête pour l’inspecteur Clouzot !
Bref, ce faux blog ne fait qu’épaissir le mystère de cette opération virale de nouvelle génération, qui connaît déjà un beau succès vu le nombre de sites qui reprennent l’info. Il ne reste plus qu’à patienter pour savoir le nom de l’annonceur ou du parti politique qui se cache derrière. Généralement, les phases de teasing n’excèdent pas 10 ou 15 jours, nous devrions donc avoir la réponse la semaine prochaine…
nov
30
La sécurité des données informatiques ne semble pas être le fort des Britanniques : depuis deux ans, le gouvernement a perdu des cédéroms contenant les informations fiscales de 25 millions de citoyens, s’est fait dérober la liste de 5000 personnes condamnées, a subi le vol de 700 ordinateurs dans l’armée… la liste est longue et variée.
Cette fois, ce sont les 12 800 membres du British National Party, parti d’extrême-droite britannique, qui ont eu le plaisir d’apprendre que leur identité est désormais en diffusion libre auprès de tous les internautes. Publiée sur un site le 18 novembre, mais retirée très rapidement, la liste complète des adhérents du parti a pu être téléchargée et rediffusée aussitôt ailleurs sur le web, où elle poursuit aujourd’hui son chemin ad vitam eternam. Elle contient les noms, adresses, numéros de téléphone, professions, et même prénoms des enfants pour les membres qui ont payé leur contribution au tarif familial. Une « cartographie du racisme britannique » a même pu être établie, comme l’explique TechCrunch UK.
Toutes ces personnes qui sont ainsi soumises au regard du public doivent aujourd’hui regretter leur engagement politique. Leur adhésion au BNP risque aussi de compromettre leur carrière, voire d’y mettre fin, car la loi britannique interdit explicitement l’appartenance au BNP à certains corps de métier, comme la police ou l’administration pénitentière.
nov
21
Il n’y a pas que les enseignants qui ont le droit de faire grève. Les écoliers veulent, eux aussi, suivre le chemin de l’apprentissage de la citoyenneté.
Un bruit court en ce moment sur le web parmi les collégiens et lycéens de France : le 5 décembre sera une journée « classes vides ». La génération 2008 utilise Facebook et les blogs aussi naturellement que la précédente allumait la télévision ; c’est donc par les réseaux sociaux que se transmet la rumeur. Un blog dédié a été créé (mais par qui? mystère…), et on compte déjà plus de 110 000 membres répartis dans deux groupes Facebook : pas mal du tout, beaucoup d’annonceurs rêveraient que leurs campagnes atteignent un tel niveau de viralité.
Sauf que, si le mystérieux blog officiel revendique cette action comme une journée de protestation contre les réformes, les motivations de la grande majorité des élèves sur Facebook sont en fait très floues, comme l’avouent les organisateurs :
D’ailleurs, sur le forum du groupe, ça phosphore dur pour essayer trouver une raison sérieuse de rester au lit le 5 décembre : « Trouvé un bonne argument de faire cette « grêve » « . Les bonnes idées ne manquent pourtant pas1 :
- On fait grêve contre le système =)
- On fait grêve pour faire preuve d’une présence d’esprit, de quelque chose qui sorte de l’ordinaire. On fait grêve pour ce que l’on veut, en fait.
- Moi je dis une greve contre ces chauffards de tram qui ecrasent les gens…!!!!
- pour que les jeunesse montre qu’elle est unie
- On fait greve pour montrer qu’on a tous des reves dans l’avenir et qu’on preferait les cultiver pour certains plutot que d’apprendre qu’un angle droit c’est 90°!
Bref, cette opération est un bel exemple de viralité parmi les ados via les réseaux sociaux. Aura-t-elle un impact significatif ? Entre la blague de potache et la transformation dans la vie réelle, il risque d’y avoir un gap. Et le 6 décembre, il y a fort à parier que les quelques motivés et/ou paresseux qui auront séché la veille se retrouveront avec deux heures de colle de la part de leurs profs revenus de leur « vraie » grève, sous l’oeil hilare de leurs camarades. A suivre…
nov
19
Pour préparer les élections prud’homales du 3 décembre (et même dès aujourd’hui sur Internet), Force Ouvrière a lancé une campagne de marketing viral pour sensibiliser les salariés. Le dispositif a été prévu sous deux aspects :
- le site de l’entreprise factice Critalec, leader dans l’industrie chimique, avec une présentation vidéo par un patron bien gratiné (qui a même un profil Viadéo de toute beauté). Vous êtes ensuite amené à rencontrer des managers et des salariés de cette charmante entreprise, où vous vous rendez rapidement compte que les conditions de travail ont l’air éprouvantes. Le site est en full flash, bien réalisé. Jusqu’ici, aucune mention n’est faite de Force Ouvrière.
- un skyblog des victimes de Critalec, avec de nombreux témoignages de salariés harcelés et une vidéo du faux patron qui s’emporte face à Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.
L’ensemble a été médiatisé par des liens sponsorisés et relayé sur certains blogs, afin de susciter du buzz avant les élections prud’homales. Une opération Internet bien ficelée et innovante, inédite pour un syndicat, qui espère ainsi toucher une cible de cadres d’entreprise.
sept
6
La grossesse de Rachida Dati est l’info politique-people qui obnubile la presse et le web depuis deux semaines. Retraçons la courte mais fulgurante histoire de ce buzz.
Comme souvent en la matière, tout est parti du web : c’est le site Purepeople.com qui a révélé en premier ce scoop, le 22 août. Rapidement, certains titres de la presse people et quotidienne reprennent l’info, mais ne la publient que sur leurs sites web pour commencer. Gala, Voici et 20minutes, ainsi que Backchich – jamais en retard d’un buzz – publient des brèves, accompagnées de photos qui-vont-bien.
A partir du 30 août, la nouvelle sort de l’enceinte du web pour aller s’étaler en couverture de magazines people, en l’occurence Voici et Closer. Dans les jours qui suivent, le reste de la presse traditionnelle publie à son tour l’information, avec plus ou moins de circonspection.
Mise devant le fait accompli, Rachida Dati confirme officiellement le 3 septembre sa grossesse, qu’elle n’aurait de toutes façons pas pu cacher beaucoup plus longtemps.
Fin du buzz ? Que nenni ! La veille, la phase 2 du buzz s’est déjà enclenchée sur Internet. Le site marocain L’Observateur affirme que le père serait José Maria Aznar. Dès le lendemain dans El Pais, l’intéressé dément avec force cette rumeur du web, conscient de l’ampleur qu’elle va prendre. Mais le rédacteur en chef de l’Observateur persiste à dire que son info est fiable et vérifiée. Sauf que VSD évoque plutôt un PDG français – mais hésite entre deux, que la Garde des Sceaux aurait fréquentés.
Le quotidien El Mundo publie jeudi un édito intitulé « Rumeurs.com » dans lequel il explique « comment internet à modifié les règles du jeu, servant de canal à la publication de rumeurs et informations non sourcées qui verraient difficilement le jour dans la presse traditionnelle, mais qui finissent quand même par s’y retrouver quand les personnes visées par la pseudo-information se voient forcées d’intervenir ».
Pour l’heure, l’affaire Dati en est à la recherche de paternité. Rien ne pourra l’arrêter avant que le nom soit révélé – certainement d’abord sur le web, puis dans la presse -, ce qui finira par arriver dans les prochains jours ou semaines.
Les chiffres d’un buzz politique comme celui-ci sont toujours impressionnants par la rapidité fulgurante et l’ampleur de leur diffusion :
- 200 000 pages de résultats pour la requête « rachida dati enceinte » sur Google
- 450 articles d’actualité selon Google Actualités
- 535 billets de blogs référencés par Google et 270 par Technorati
Pour profiter de l’engouement des internautes, des liens sponsorisés ont été achetés par 20minutes, Gala et LePost. Et bien entendu, il y a déjà un groupe Facebook « Je ne suis pas le père de l’enfant de Rachida Dati« pour aider à trouver le père en procédant par élimination
Pour finir, admirez les belles courbes des requêtes Google pour « Rachida Dati » et « Rachida Dati enceinte » :

sept
3
Affichée sur Wikipédia avant même d’être annoncée dans les médias traditionnels, la nomination de Sarah Palin comme Vice-Président de John McCain a déclenché un véritable feu d’artifice sur Internet.
Auprès des vrais geeks politiques, c’est la nouvelle mode des « Little Know Facts » qui fait fureur. Le jeu consiste à diffuser sur Twitter des « le saviez-vous » hilarants (et presque toujours complètement faux) sur la colistière républicaine.
Un exemple similaire ? Le site SarahPalinIsYourNewSegway.com, qui n’a d’autre but que d’afficher des phrases drôles commençant par « Sarah Palin is Your New… ». Un carton.
Le buzz a aussi pris d’autres formes. Le quotidien italien « La Stampa » s’est fait piéger en diffusant une fausse couverture de Vogue, qui aurait mis en vedette Sarah Palin en 2007. Il s’agissait en fait d’un montage Photoshop qui circulait sur le web.
On s’est même laissé dire que cette mère de famille aurait été hacker il y a quelques années. Rumeur finalement démentie, elle agissait légalement en tant que procureur.
Et comme si cela ne suffisait pas, Sarah Palin donne encore plus de matière à buzzer avec sa fille de 17 ans, tombée enceinte un peu trop vite. Les internautes américains ne savent plus où donner du clavier, avec une cliente pareille.
La gouverneur de l’Alaska va-t-elle devenir une égérie d’Internet, un « mème« ? Barack Obama ne doit pas en revenir : pour la première fois, le web s’agite pour quelqu’un d’autre que lui.
Edit du 4 septembre : Le Monde semble avoir la même analyse, dans un papier intitulé Avec Sarah Palin, les républicains espèrent avoir trouvé leur « Obama ». Certes, il s’agit d’une comparaison sur le plan politique, mais il y a fort à parier que Sarah Palin va également devenir l’alter-ego républicain d’Obama sur Internet.
août
25
Voici la vidéo qui bruisse en ce moment sur le web : le Président de la République qui pouffe lors de son discours d’hommage aux soldats français morts la semaine dernière en Afghanistan.
A-t-il vraiment voulu faire de l’humour noir, ou essaie-t-il juste d’éclaircir ses propos (« si c’était à refaire, je le referais ») en se rendant compte que sa phrase pourrait être mal interprétée ? La blogosphère penche en tous cas pour la 1ère hypothèse, diffusant et commentant très largement cette vidéo. Comme quoi, il suffit d’un rien quand on cherche l’inspiration…
juil
4
La vidéo off de Nicolas Sarkozy sur France 3 a littéralement enflammé le web et la blogosphère cette semaine. Visionnée plus de 1,5 million de fois, elle a créé un buzz politique comme on n’en avait plus vu depuis… pas si longtemps, finalement. Mais le phénomène a pris suffisamment d’ampleur pour que de nombreux titres de presse traditionelle en parlent ces derniers jours.
Pourtant, un article est passé relativement inaperçu au milieu de cette cacophonie. Libération a recueilli le témoignage de personnes présentes sur le plateau de France 3 au moment de « l’incident », qui donnent une explication très différente des faits. Selon eux, le chef de l’Etat était arrivé énervé par des manifestants au pied de l’immeuble, et n’en voulait pas particulièrement au technicien.
Aller plus loin que les apparences. C’est peut-être ça, le métier d’un vrai journaliste… bravo Libé.
juil
1
Un nouveau off d’émission télévisée vient de fuiter sur Internet. Après le off de Rachida Dati, cette fois c’est le Président de la République qui en fait les frais : Rue89 a reçu les images des minutes qui ont précédé son interview sur France 3 hier soir.
La vidéo est croustillante. On y voit Nicolas Sarkozy, manifestement stressé, s’agacer d’un technicien qui ne répond pas à son bonjour et lâcher « on n’est pas dans le service public, on est chez les manifestants » et « ça va changer, là ». Ambiance sur le plateau. Puis, il se réjouit du retour du journaliste Gérard Leclerc, sorti de ses deux ans de « placardisation ». Nouveau froid. Enfin, il vérifie que l’accident de Carcassonne sera bien abordé pendant l’émission, pour être sûr de pouvoir remonter encore une fois les bretelles de la Grande Muette.
Sur le fond, cet extrait ne révèle pas grand chose, si ce n’est la tension – compréhensible – qui règne sur le plateau avant une émission importante. Déjà vue près de 200 000 fois 350 000 fois 600 000 fois, la vidéo est promise à un grand succès cette semaine.
Mais cette nouvelle mode dans les chaînes de TV qui consiste à diffuser sur Internet des rushes internes est pour le moins surprenante. France 3 a d’ailleurs annoncé ce matin avoir lancé une enquête pour trouver le responsable de la fuite. France24 avait promis la même chose avec l’affaire Dati, mais on n’a jamais su…
Edit du 2 juillet : Suite à la divulgation de cette vidéo (déjà vue 1,2 million de fois), France 3 menace Rue89 d’un procès, et somme le site de détruire la vidéo et de révéler sa source. Cette menace judiciaire entre deux médias est inédite, la rédaction de Rue89 annonce qu’elle ne cédera pas.
juin
13
Elles ne sont pas toujours diffusées par les médias traditionnels, qui relaient plus volontiers les altercations entre politiciens de partis opposés. Mais la politique est aussi le théâtre de scènes violentes entre élus du même camp : on en a vu (re)surgir plusieurs ces derniers temps, sur le web. Voici les meilleures scènes.
Ségolène royale. Lors d’une séance du conseil régional de Poitou-Charentes le 26 février dernier, une sérieuse altercation a éclaté entre la présidente (de région) Ségolène Royal et plusieurs membres de l’assemblée dont Jean-François Fountaine, lui-même socialiste. Cette scène, qui avait été diffusée à la télévision en février, est soudainement réapparue de manière opportune sur Internet il y a quelques semaines, au moment où l’ex-candidate annonce ses ambitions à la tête du Parti Socialiste.
Maxime Gremetz enragé. Décidément, les conseils ne se passent pas toujours dans une ambiance feutrée. Lors du conseil régional de Picardie le 28 avril dernier, le député communiste Maxime Gremetz en vient carrément aux mains avec ses homologues socialistes, qui tentent de lui faire quitter la salle. Observez la technique d’attaque très particulière de l’élu en costume
Christine Boutin, ministre du logement, et Claude Goasguen, maire UMP du 16ème arrondissement, se sont chamaillés en direct devant les journalistes le 11 juin, lors d’une visite de Christine Boutin venue inaugurer un centre d’hébergement pour SDF. Claude Goasguen revient sur cet épisode sur son blog.
Villepin sur la presse « pâtée pour chat ». Ce n’est pas une dispute, mais Dominique de Villepin a vivement critiqué la presse, et indirectement le président de la République, lors d’un débat organisé par Politique.net et Dauphine. Il dénonce « l’esprit de cour » et les industriels « partie prenante du jeu politique » (Le Figaro), qui seraient une « vérole pour la démocratie ». L’ancien premier ministre ne mâche pas ses mots, allant même jusque à trouver que la presse avait un plus grand esprit d’indépendance sous l’Empire. C’est évidemment son ennemi juré Nicolas Sarkozy qui est visé, et Dominique de Villepin se fait l’écho – à droite – de la critique selon laquelle les médias seraient fortement influencés par l’Elysée. Avec cette phrase désabusée, inquiétante car elle vient de quelqu’un qui sait de quoi il parle : « En politique, la transparence est toujours le maquillage de quelque chose. » Décidément, les hommes politiques ne sont jamais aussi passionnants que lorsqu’il sont retirés de la vie publique.
mai
5
Le buzz de la semaine, ce n’est pas chez Barack Obama, mais chez les jeunes UMP que ça se passe. De nombreux blogueurs politiques ont en effet reçu un e-mail faisant la promotion d’un débat avec André Glucksmann le 7 mai, et par la même occasion du site 40ansplustard.fr. Ce sont les jeunes militants de l’UMP Grandes Ecoles – et non pas de la Sorbonne – sous la houlette de Frédéric Lefebvre qui remettent Mai 68 au goût du jour, mais cette fois du côté de la majorité. Selon eux, la jeunesse qui bouge a changé de camp : elle porte désormais la mèche, un polo Ralph Lauren et des chaussures de bateau (vous savez, avec les lacets en tire-bouchon).
L’initiative est si gauche (je n’ai pas pu résister) dans sa réalisation qu’on n’y croit pas un instant. Les 4 jeunes populaires qui nous expliquent sur la page d’accueil pourquoi ils se sentent les héritiers du mouvement de nos parents ne sont pas crédibles une seconde. Alors forcément, la blogosphère – surtout de gauche – ne les a pas loupés. D’autant que l’e-mail envoyé aux blogueurs « influents » affichait l’ensemble des destinataires, ce qui n’est pas très adroit. Depuis quelques jours, cette opération suscite ricanements et grincements de dents un peu partout : Birenbaum essaie d’être drôle, Maxime Pisano essaie de l’imiter, Finis Africae dit des gros mots, Embruns en dit encore plus, Luc Mandret parle de lui comme toujours, Vinz grommelle gentiment, Versac s’énerve méchamment, Marianne relève le niveau, et tout le réseau web officiel de l’UMP diffuse l’info. Seuls Authueil et l’Assistant parlementaire semblent avoir compris qu’en la matière, peu importe qu’on se moque ou non, l’essentiel est qu’on parle de vous.
Et incontestablement, les « jeunes pop » ont réussi un joli coup de bluff, on ne parle que d’eux ces jours-ci sur le web politique. Leur groupe Facebook compte plus de 500 membres. La question qui demeure est de savoir s’ils ont fait exprès ou non de susciter ces railleries pour créer le buzz. Ce serait sans doute les surestimer que de penser qu’ils ont été assez subtils pour créer sciemment une opération second degré. Mais il faut leur reconnaître le mérite de n’avoir pas hésité à communiquer complètement à contre-courant de leurs idéaux politiques historiques, pour occuper le terrain. Comme quoi, quand on ose…
avr
15
Ce pourrait être la première grosse gaffe de Barack Obama dans la course à la Maison Blanche. Lors d’un meeting le 6 avril à San Francisco, le sénateur a dénoncé l’ »amertume » des habitants de l’Amérique profonde, qui « se raccrochent aux armes, à la religion, à la xénophobie, aux discours anti-immigration ». La phrase n’est pas passé inaperçue, et a été diffusée et commentée, notamment au sein de la blogosphère. Quelques jours plus tard, les autres candidats se sont indignés de ce « mépris » et cet « élitisme condescendant » envers l’Américain moyen (Hillary Clinton a déjà tourné une nouvelle pub pour s’engouffrer dans la brèche). Devant l’ampleur prise par ce Bittergate, Obama est revenu sur ses propos – sans les renier – sentant les nuages s’amonceler avant l’importante primaire de Pennsylvanie du 21 avril.
Hier soir, les trois candidats ont envoyé les uns après les autres des e-mails pour parler de cette affaire.
A 19h18, le tout nouveau directeur de campagne d’Hillary Clinton, Geoff Garin (le précédent ayant démissionné la semaine dernière), envoie un e-mail pour se présenter aux supporters. Cette prise de contact est aussi l’occasion de remuer le couteau dans la plaie : « Les électeurs de Pennsylvanie savent qu’elle [Hillary Clinton] est la candidate qui comprend leurs vies et respecte leurs valeurs, et qu’elle sera chaque jour une présidente qui se lèvera pour eux, au lieu de les mépriser ».
Douze minutes plus tard, à 19h30, dans un mail intitulé « A bitter America ? », le directeur de campagne John McCain en remet une couche. Il affirme que les mots d’Obama révèlent les convictions profondes du candidat à l’égard de ces Américains modestes, qui « ne sont pas amers, mais qui aiment leur pays, leur foi, leur famille et leurs traditions ». Et d’opposer la philosophie élitiste d’Obama à John McCain et « sa foi dans les valeurs des petites villes qui continuent à rendre l’Amérique grande ».
A 22h55, le directeur de campagne d’Obama saisit son Blackberry pour répondre. Sans nier la phrase maladroite, il met en avant l’engouement sans précédent des Américains pour son candidat. « Il n’y a rien d’élitiste dans un mouvement de plus d’un million de personnes qui se lèvent pour changer de style de politique » rappelle-t-il, faisant référence aux 1,3 million de donateurs de la campagne. L’objectif est maintenant d’atteindre la barre de 1,5 million de contributeurs d’ici le 6 mai.
mar
23
Le 22 mars était la journée mondiale de l’eau, l’occasion de rappeler qu’une personne sur 5 dans le monde n’a pas accès à l’eau potable. Bien entendu, certains pays et continents sont beaucoup plus touchés que l’Europe, mais en France aussi il y a des efforts à faire sur l’assainissement de l’eau et son prix : la présence de pesticide est détectée dans 91% des points de mesure des cours d’eau français, et les variations de tarifs entre les villes sont parfois considérables.
Afin de sensibiliser les élus locaux à cet enjeu, un collectif nommé la Coalition Eau, composé de 22 ONG françaises, lance au lendemain des municipales une campagne de communication pour interpeler les pouvoirs publics. L’accroche ne manque pas d’humour : « Madame, Monsieur le Maire, et si après le champagne, vous passiez à l’eau ? ».
La campagne sera diffusée en presse, dans la Gazette des Communes du 24 mars et dans le Courrier des maires du 10 avril. Mais pour amplifier son impact, la Coalition Eau a contacté des blogueurs de la sphère politique et mis à leur disposition un espace dédié avec un véritable « kit de buzz » : chiffres clés, communiqué de presse, logo haute définition, bannières, etc. Le collectif compte donc beaucoup sur la blogosphère pour relayer leur communication directement auprès des élus locaux français.
