juil
18
Fin mars, Pierre Moscovici avait envisagé d’arrêter son blog, déçu et fatigué par la mesquinerie des attaques dont il fait souvent l’objet à travers ses commentaires. Il n’ a pas finalement pas mis son ultimatum à exécution, et continue d’écrire avec la même régularité. Pourtant, il a livré à nouveau cette semaine un billet plus personnel sur la violence des coups qu’il encaisse sur Internet. Et dresse un intéressant parallèle entre l’adoucissement du débat politique du « monde réel » , et au contraire la grande dureté des débats sur Internet.
Selon lui, le monde politique français ne connaît plus aujourd’hui les formidables affrontements des deux siècles précédents, où les enjeux étaient autrement plus lourds pour les hommes qui décidaient de porter leurs idées ; et de citer les grands combats des années 1930, où Léon Blum fut par exemple confronté à l’antisémitisme.
La courtoisie républicaine, l’indifférenciation des discours ont incontestablement progressé. Est-ce un bien? Je ne sais pas, au fond, car cette indistinction peut aussi nourrir la frustration des citoyens [...].
Parallèlement à cet assagissement des politiques, Moscovici observe l’évidente violence des débats sur Internet, où l’anonymat de l’écran permet à chacun de s’exprimer sans retenue, et qui sert de refuge (certains diraient de fosse d’aisance) aux frustations des Français.
Ceci me rappelle une réflexion de Jean-François Kahn lors d’une commission parlementaire (dont je ne retrouverai pas la vidéo) : selon lui, il est sain que les débats parlementaires soient violents, à la mesure des attentes et des exigences des citoyens, sans quoi ceux-ci s’exprimeraient dans la rue s’ils s’estimaient mal représentés par l’hémicycle.
La réalité de ces deux tendances est indiscutable pour qui s’intéresse à la politique et lit la blogosphère. Pourtant, sont-elles vraiment si étroitement corrélées ? « L’étrange dureté du virtuel » est-elle vraiment le reflet des opinions sincères des auteurs ? Les internautes (blogueurs, commentateurs, utilisateurs de réseaux sociaux) ne se livrent-ils pas à l’exagération, protégés par un relatif anonymat et piégés par l’immédiateté de ce média qui pousse à la polémique et à la surenchère ? L’avenir nous l’apprendra et nous verrons si le décalage entre l’exaspération affichée des Français, qu’on ne peut pas ignorer dès que l’on se connecte, et une situation sociale dans le pays, certes sensible mais qui n’a pas (encore ?) explosé, était un exutoire salvateur ou bien un grondement annonciateur de la tempête.
mar
28
Le député socialiste Pierre Moscovici, qui tient un blog de façon assidue depuis juin 2007, fais les frais d’une calamité particulièrement répandue dans la blogosphère politique : l’inanité et la stérilité des commentaires.
Dans une « lettre ouverte » publiée hier, il avoue envisager d’arrêter purement et simplement son blog :
Plusieurs d’entre vous, ces jours-ci, l’ont écrit : ce blog est menacé de disparition. Nous n’en sommes bien sûr pas là, mais la stérilité des débats qui s’y déroulent est frappante. [...] Ce blog est un des plus lus de la « blogosphère » politique, peut-être même le premier, [...] bref c’est un succès.
Ce succès est-il pour autant complet ? Non, car j’observe certaines dérives. En effet, quel que soit le sujet traité, [...] le débat dégénère très vite dans une foire d’empoigne, au ton pas toujours très digne, sans argumentations dignes de ce nom, autour d’un thème obsessionnel : Ségolène ou Martine, avec périodiquement le retour de DSK. [...]
Je sais qu’il s’agit d’un symptôme, d’un mal-être plus général, que ce n’est pas spécifique à ce blog. Mais je ne veux pas que celui-ci se transforme [...] en forum de la discorde des socialistes. Je ne vais pas d’emblée arrêter de le nourrir [...] mais je vais observer attentivement le déroulement de vos échanges, puis en tirer des conséquences.
La « commentosphère » est un aspect par essence indissociable des blogs – la notion de discussion étant intrinsèque au blog – mais elle peut paradoxalement mettre en danger les blogs eux-mêmes.
Plus un blog connaît de succès, plus son audience se diversifie et s’éloigne de son coeur de lectorat, prêtant ainsi le flanc à des « trolls » capables de ruiner les conversations. Mais la politique est un thème naturellement exposé : les blogs traitant de jardinage ou de mode ne subissent pas les affres des trolls dans la même mesure. Pierre Moscovici a un peut-être un hobby moins polémique, dont il voudrait faire profiter les internautes à la place de ses billets politiques ?
nov
28
Le blog Expression Libre a lancé une idée intéressante, qui aurait été très instructive si elle avait pu être menée à plus grande échelle sur la blogosphère française : il s’agit de cartographier les blogs en fonction de leurs tendances politiques, en répondant à un petit quizz. Sur les 16 20 blogs qui ont répondu à l’invitation d’Expression Libre, tous sont de gauche, du centre ou « libertaires« . Seulement un timide conservateur, et point d’étatiste parmi les répondants.
Certes, cette enquête n’est pas significative, non seulement à cause de la taille de l’échantillon, mais aussi du quizz, ultra-court et très américain (sur la partie Economie, les Français répondront tous quasiment de la même façon). Pourtant, avec un questionnaire plus affiné et une large participation de la blogosphère, on arriverait certainement à dégager un profil des blogueurs politiques. Qui se lance ?
oct
1
20minutes.fr a refait pour cette rentrée 2008/2009 son Top 50 des blogs préférés de la rédaction, dont le classement final est établi par les votes des lecteurs.
Après seulement quelques mois d’existence, Vicastel.net y figure, dans la catégorie « Perso et Politique » : je vous invite donc à voter pour Vicastel.net
sept
20
Il y a parmi les blogs politiques des perles qu’on a plaisir à redécouvrir. C’est le cas du blog de Charles Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux entre 1996 et 2004, aujourd’hui remplacé par sa fille Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Le père voue depuis 2004 une haine féroce envers son rejeton, estimant qu’elle a profité de ses ennuis de santé à l’époque pour lui dérober sa place à l’Hôtel de Ville.
Il n’a donc eu de cesse de lui mettre des bâtons dans les roues, se présentant contre elle pendant la campagne municipale de 2008 ; pourtant la maire sortante a été réélue. Mais à 82 ans, Charles Ceccaldi-Raynaud n’a pas déposé les armes contre sa fille indigne, et a juré de lui nuire jusqu’à son dernier souffle.
En cela, il a certainement été inspiré par un autre conseiller de l’opposition, l’inénarrable blogueur Christophe Grébert, qui a ouvert son premier blog pour dénoncer la mauvaise gestion de la ville de Puteaux. Le père s’est donc lui aussi mis à utiliser Internet comme déversoir de bile.
Sur son blog, nommé « Puteaux pour tous – Tous pour Puteaux« , il publie régulièrement des pamphlets haineux contre sa fille. Plus doué pour la calomnie que pour l’écriture, c’est dans un style assez incertain qu’il épluche et démonte méticuleusement chacune des initiatives de son incapable de fille, avec une pathétique et évidente mauvaise foi.
Bien entendu, Ceccaldi franchit allègrement le Rubicon de la vie privée en n’hésitant pas à citer ses souvenirs de père :
« Joëlle Ceccaldi-Raynaud en mai 68″ :
Elle n’est jamais revenue à pied du lycée Saint James, où elle n’a pas pu passer le Bac. Papa envoyait grace à un reliquat d’essence, chauffeur et voiture.
Bref, un vaste sujet d’études pour un psychanalyste, un flamboyant exemple de politique avec un petit « p », et un régal pour les internautes. A lire par curiosité pour la nature humaine.
sept
12
Cette semaine, c’est Le Monde qui ressort le marronnier : « La blogosphère américaine peut-elle faire basculer l’élection présidentielle ? ». L’occasion de se poser encore une fois l’obsédante question existentielle des blogueurs politiques : la blogosphère a-t-elle réellement de l’influence sur la vraie vie ? Bloguons-nous dans un verre d’eau, ou les vrais gens commencent-ils enfin à nous lire, fin 2008 ?
La démocratisation des blogs se fait année après année, élection après élection, mais ses lecteurs restent encore une population bien particulière, une élite assez homogène. Une étude dresse ainsi le portrait-robot du lecteur de blogs américain : homme de 35 à 54 ans, plutôt démocrate, ayant fait des études supérieures, peu religieux. En France, on peut considérer que le MoDem et la gauche sont beaucoup plus représentés que la droite parmi les blogueurs.
La blogosphère ressemble donc plutôt à un grand club qui débat abondamment mais, au final, prêche surtout des convertis. Ce n’est pas encore un média de conquête politique1.
Pourtant, il serait erroné de dire que la blogosphère fonctionne en vase clos et n’a aucune influence sur la vie politique réelle. Ces derniers mois en France, les exemples du « casse-toi pauvre con« , de la grossesse de Rachida Dati ou du fichier Edvige prouvent qu’un phénomène peut partir du web et se propager dans les médias traditionnels, atteignant finalement le grand public.
Si, aujourd’hui, la blogosphère n’a pas assez de puissance pour influencer à elle seule l’opinion publique et a encore impérativement besoin du relai des médias traditionnels comme caisse de résonance, les blogueurs ont toutes les raisons d’espérer que leur pouvoir d’influence va continuer à grandir, et ce de deux manières :
- l’audience d’Internet en général, et incidemment des blogs, augmente constamment, générant ainsi une influence directe de plus en plus forte
- les journalistes traditionnels sont de plus en plus attentifs aux informations et aux mouvements venus du web. Ils relaient donc plus facilement ce qui s’y dit, augmentant ainsi l’influence indirecte des blogs.
Pourtant, dans leur grande majorité, les blogueurs sont loin d’avoir le talent des vrais éditorialistes et journalistes politiques, bien qu’ils semblent parfois croire le contraire. De plus, ils ont très rarement accès à des informations exclusives, se contentant généralement de reprendre des infos déjà existantes2.
Alors ? En réalité, la vraie force d’influence de la blogosphère politique réside plutôt dans sa capacité d’amplification :
- s’intéresser à des informations ignorées par les grands médias – soit sciemment occultées, soit jugées indignes d’intérêt – et les amplifier de manière à les remettre sur le devant de la scène
- mobiliser pour une cause et réunir des grands mouvements citoyens. Ainsi, les 157 000 signatures contre Edvige et les 25 000 membres des groupes Facebook sont une preuve incontestable que de nombreux Français veulent débattre de ce fichier.
Et une fois que les médias de masse ont détecté un mouvement sur le web, ils relaient l’information. Qui sait, dans quelques années, la blogosphère aura peut-être assez de puissance pour se suffire à elle-même ?
- D’ailleurs, Obama n’utilise pas Internet pour conquérir directement des électeurs : c’est pour lui avant tout un moyen de lever des fonds auprès de sa base, et d’inciter les internautes à aller sur le terrain, militer et engranger des voix [↑]
- Par exemple, la vidéo « Casse-toi pauvre con » a été diffusée par Le Parisien et la grossesse de Rachida Dati a été révélée par PurePeople, qui n’a rien d’un blog [↑]
août
28
Voici un nuage constitué des mots composant les 11 derniers billets du blog de Christophe Ginisty. Le hasard fait parfois bien les choses : on y lit « Français c’est plus cette France ». Or cela me semble correspondre assez bien à la ligne éditoriale du blog : Christophe Ginisty croit en les Français, mais ne se reconnaît plus dans la France d’aujourd’hui. Étonnant ce nuage, non ?
août
25
Voici la vidéo qui bruisse en ce moment sur le web : le Président de la République qui pouffe lors de son discours d’hommage aux soldats français morts la semaine dernière en Afghanistan.
A-t-il vraiment voulu faire de l’humour noir, ou essaie-t-il juste d’éclaircir ses propos (« si c’était à refaire, je le referais ») en se rendant compte que sa phrase pourrait être mal interprétée ? La blogosphère penche en tous cas pour la 1ère hypothèse, diffusant et commentant très largement cette vidéo. Comme quoi, il suffit d’un rien quand on cherche l’inspiration…
août
22
Le Koweït finalise un projet de loi visant à encadrer strictement la liberté d’expression sur les blogs. Seront désormais considérés comme un crime « l’incitation à un comportement immoral, l’encouragement de sentiments anti-gouvernementaux, la divulgation de secrets d’État ou l’insulte envers l’Islam sur le Net ». Des amendes et des peines de prison jusqu’à 7 ans seront prévues.
La plupart des blogueurs sont évidemment opposés à cette nouvelle loi, mais elle produit déjà un effet d’auto-censure avant même sa publication. En effet, les blogueurs interrogés par l’APN ont voulu rester anonymes par peur des représailles1. Selon eux, le gouvernement essaie de museler Internet de la même façon que les médias traditionnels, dont la liberté est limitée par des intérêts financiers.
Le législateur explique que cette loi permettra de protéger les coutumes et les futures générations du Koweït, et de lutter contre l’augmentation de la cyber-criminalité. Selon l’interprétation que feront les tribunaux de « l’incitation à un comportement immoral » et « l’encouragement de sentiments anti-gouvernementaux », elle est potentiellement très liberticide.
- ils livrent par ailleurs des conseils techniques pour protéger l’anonymat des auteurs et des commentateurs, que je complète par un lien vers le manuel de RSF [↑]
août
15
Le correspondant-blogueur chinois de Marianne2.fr, dénommé Zola, a été arrêté mercredi en Chine en raison de ses activités politiques sur Internet. Mais grâce à son téléphone portable, il a pu raconter en direct via Twitter ce qui lui arrivait. Heureusement, Zola a été relâché en fin de journée, mais il est maintenant assigné à résidence. L’histoire complète est à lire sur Marianne, ici et ici.
Cette arrestation coïncide avec la sortie de statistiques sur le nombre d’arrestations de blogueurs dans le monde entre 2004 et 2007, passé de 2 à 35. Des chiffres à prendre avec des pincettes néanmoins, car ils ne tiennent pas compte de l’augmentation fulgurante du nombre de personnes considérées comme « blogueurs ». De plus, les motifs n’ont parfois rien de politique (pédophilie par exemple) et certains n’ont pas été arrêtés mais seulement fait l’objet d’un procès (c’est le cas de Christophe Grébert).
août
5
Lu aujourd’hui sur Le blog de Rébus – alias Sarkobasta, ce qui ne laisse guère de doute sur son positionnement éditorial – un post hilarant malgré lui :
Trouver un sujet dans lequel on n’ait pas l’impression de radoter devient dur tellement le pouvoir critiqué est autiste et persistant dans ses errreurs, quand bien même elles ont été pointées à diverses reprises, modestement ici ou sur d’autres blogs comme par des « autorités » plus « prestigieuses ».
Je ne vous le fais pas dire : les blogs anti-sarko – qui ne manquent pas dans la blogosphère politique française – radotent pas mal, et traitent à peu près tous des mêmes sujets en fonction de l’actualité.
Le manque de sujet a donc pu entrainer, enfin, c’est l’impression que j’ai eu en les écrivant, un appauvrissement de l’écriture et de l’analyse des divers sujets. Ainsi, j’ai été surpris d’avoir plusieurs articles repris par Bêtapolitique, n’en étant pas forcément satisfait moi même.
Pas cool pour Bêtapolitique. Mais il est vrai que le niveau de ces blogs est généralement faible : dur, dur d’en trouver qui vont au-delà du simple réflexe d’opposition systématique et essaient d’avoir une vraie réflexion politique.
[...] J’étais occupé à rédiger un article pour un nouveau projet, un webzine anti sarkozy, qui sera bientôt mis en ligne. Ce webzine est (sera) un site participatif, informatif et, peut être, de propositions et d’alternatives au sarkozysme.
Peut-être des propositions et des alternatives. Mais bon, c’est pas sûr…
Mes excuses pour ce billet mesquin, bas et de parti-pris, mais là l’occasion était tout simplement trop tentante
juil
30
Pour compléter mon récent billet au sujet de la commentosphère, je vous invite à lire Narvic, qui s’est livré à une analyse intéressante des chiffres de Rue89 sur sa propre commentosphère, ce qui permet d’avoir une vision un peu plus nette de la représentativité des commentateurs sur les sites politiques.
Par ailleurs, toujours dans le même sujet, on a assisté aujourd’hui à un véritable choc des cultures entre les commentateurs du Monde et ceux du Post, à l’occasion d’un article montrant la vidéo d’un Bernard Kouchner très énervé sur le plateau de France24.
Cet article du Post a été mis en avant sur la page d’accueil du Monde – il s’agit du même groupe – et de nombreux lecteurs du vénérable quotidien en ligne se sont donc retrouvés à lire pour la première fois LePost, un peu comme des inconditionnels d’Arte qui zapperaient par erreur sur l’Île de la Tentation.
La dépressurisation due à la différence de niveau a été brutale. Certains lecteurs du Monde n’ont tout simplement pas supporté, et ont tenu à exprimer leur opinion sur la ligne éditoriale du site du « Mix de l’info ». Par exemple, un certain Charles :
Je suis effrayé par le concept de ce type de média. la logique du pseudo , des « informations » au conditionnel données par tout le monde, des réactions insensées, gratuites, sous prétexte de liberté d’expression.
Je n’ose pas imaginer les dégâts que peut causer cette nouvelle forme de journalisme.
Le lien en une du monde.fr vers le post.fr amplifie encore la confusion sur la valeur de l’information.
J’ai 3 jeunes enfants, j’espère que les professeurs et nous les parents sommes armés pour éduquer à l’esprit critique car les dégâts seront considérables.
Nous construisons une génération de la défiance, de la délation, de la rumeur et de la calomnie.
Paf ! Et Charles n’était pas seul, il a été soutenu par plusieurs autres internautes, eux aussi violemment surpris par le choc thermique. Ainsi, quelques minutes plus tard, on apporte de l’eau à son moulin :
Ce n est pas du journalisme. Ce genre de site c est un peu comme la version virtuelle des graffitis de toilettes publiques. C est une mine précieuse pour l archéologie sociologique des siècles à venir. Imaginez la valeur scientifique du contenu d une journée de Post retrouvée sur un mur de toilette de pyramide. Cela ferait progresser la connaissance de la civilisation Egyptienne.
En archeologie, les meilleures trouvailles se font dans les toilettes, c est d ailleurs le premier objectif à trouver sur un site.
Imaginez le Post sous l occupation en France entre 1940 et 1944 puis sous l epuration en 1944 et 1945! Quel outil pour comprendre les Français.
Et une troisième réaction, toujours du même tonneau :
charles bourget, ce n’est pas du journalisme, ces forum sont des bistrots virtuels, qui attirent bcp de détraqués, qui a bout d’argument, deviennent grossiers et vulgaires, le tout exprimé dans un français approximatif truffé de fautes d’orthographe. Les posts déposés ont autant de valeur que ceux entendus, parait-il, dans un café du commerce. C’est affligeant. Je ne peux que partager votre émoi !
Il va sans dire que ces remarques n’ont pas été très bien prises par les commentateurs réguliers du Post, dont certains ont essayé de défendre « leur » journal. Mais rapidement, le flot des commentaires habituels du Post a emporté ceux des snobs intellectuels, et le débat sur le niveau de l’information a été balayé…
juil
19
Après la filature d’Olivier Besancenot, le mystérieux boîtier de Bernard Thibault et les visites de l’appartement de Ségolène Royal, la militante communiste et féministe Clémentine Autain serait-elle la nouvelle victime d’une tentative de muselement des personnalités de gauche ?
Sûrement pas. Mais son blog, ouvert depuis août 2006, est atteint d’un bug qui l’empêche de poster de nouveaux billets depuis près de 3 semaines. C’est en tous cas ce qu’a annoncé l’administrateur la dernière fois qu’il a réussi à se connecter. Mais vu la fréquence des billets (5 à 8 par mois) et son peu d’empressement à résoudre le problème technique, on imagine que Clémentine ne fait pas de son blog une priorité dans sa communication. Ou qu’elle est tout simplement partie en vacances.
juil
15
Tout a commencé lorsqu’un sénateur républicain du Texas, John Culberson, a envoyé mardi 8 juillet sur Twitter le message suivant : « J’apprends que les Démocrates veulent interdire l’accès pour les membres du Congrès à Twitter, Qik, Youtube, Utterz, etc. — scandaleux et je me battrai contre ».
Ca n’a l’air de rien comme ça, mais les politiques outre-Atlantique sont beaucoup plus avancés que nous dans l’utilisation d’Internet et de services sociaux tels que Twitter pour communiquer avec leurs électeurs. Cette fausse rumeur de censure démocrate s’est répandue comme une traînée de poudre sur le web grâce à la blogosphère républicaine. Une pétition a été mise en ligne sur Sunlightfoundation.com, arguant qu’on « ne devrait pas priver les législateurs de se joindre à nous dans les conversations en ligne ».
En quelques jours, l’affaire du « Twitter Dome Scandal » a pris tant d’ampleur que la porte-parole du parti démocrate, Nancy Pelosi, a du communiquer un démenti de ces rumeurs pour calmer le jeu. A 68 ans, Mme Pelosi en a d’ailleurs profité pour souligner qu’elle était très à l’aise avec le web 2.0, et qu’elle possédait des comptes sur Digg, Facebook, Flickr et YouTube.
Imaginerait-on les députés français avoir un débat enflammé sur le sujet ? La plupart d’entre n’ont probablement jamais entendu parler de ces services, et les ont encore moins utilisés.
juil
14
Les plateformes et blogs politiques recherchent et se nourrissent des commentaires des internautes, ils sont partie intégrante et un indicateur fort du succès d’un site. Cette « commentosphère », qui coexiste avec la blogosphère tel le poisson pilote du requin ou l’oiseau compagnon du rhinocéros, constitue donc une partie non négligeable du contenu des sites. L’interaction avec les visiteurs est d’ailleurs un principe essentiel du Web 2.0.
Mais les lecteurs réguliers de sites politiques français ne peuvent pas manquer de constater à quel point les opinions exprimées par les internautes sont beaucoup plus tranchées que ce que l’on entend généralement autour de soi, dans la « vraie vie » chez le citoyen lambda. Que ce soit sur des grands titres de presse (Libération, Le Monde, Le Figaro, 20minutes…), des « pure players » politiques (Agoravox, LePost, Backchich, Rue89…) ou des blogs petits et grands, les commentaires que laissent les lecteurs sont souvent très vifs, polémiques, voire irréfléchis ou franchement extrémistes.
Nicolas Sarkozy, Georges W. Bush et d’autres personnalités controversée sont les cibles préférées de ce lynchage quotidien, mais des thèmes comme la théorie du complot, la certitude d’une révolution imminente, la banalisation du terme « fascisme » sont également tous les jours au menu.
Quel crédit accorder à ces réactions de comptoir épidermiques, gravées dans le marbre pour l’éternité à cause d’Internet ? La commentosphère est-elle réellement l’expression d’un vaste mouvement politique underground ignoré par les grands médias comme elle aime à se décrire, ou s’agit-il seulement d’une petite minorité très active qui monopolise le cyberespace politique ? Et cette minorité serait-elle composée d’écervelés ou de citoyens convaincus de leurs idées ?
Cette réflexion me traverse régulièrement l’esprit, mais j’ai lu aujourd’hui sur Agoravox et sur LePost les réponses à une vidéo de Jean-Marie Le Pen qui exprimait ses doutes sur la réalité de la captivité d’Ingrid Betancourt. Un thème qui a d’ailleurs beaucoup excité le monde politique sur Internet ces derniers jours. Eh bien, la grande majorité des commentateurs est d’accord avec la théorie du complot exprimée par le leader du Front National ! Il dispose même d’un certain capital sympathie grâce à son franc-parler supposé, le brave homme. Pour certains, il a même « absolument raison ». Rien à voir bien sûr avec cette « pourriture fasciste grabataire » de Serge Dassault, par exemple.
Évidemment, il est tellement simple de se réfugier derrière l’anonymat d’un pseudo pour déverser sa bile et ses délires. Mais les commentateurs doivent avoir conscience qu’ils participent au contenu, voire à la ligne éditoriale d’un site. Ils devraient donc écrire sur le Web la même chose que ce qu’ils diraient de manière réfléchie et en face-à-face dans une discussion réelle.

