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Nul doute que la bourrasque technologiquo-politique américaine vient d’atteindre le bassin parisien : en ce premier mois de l’an I de l’ère Obama, nos parlementaires ont découvert les joies des petites vidéos politiques virales. En moins de deux semaines, on a vu surgir trois vidéos web virales concoctées par des députés eux-mêmes.
La première était attendue depuis décembre : Jean-François Copé nous avait promis un petit montage de derrière les fagots dénonçant les cabotineries improductives des députés de l’opposition tentant d’obstruer le travail parlementaire. Lancée le 12 janvier sur un site ad’hoc laissant espérer de futurs épisodes, elle est quelque peu décevante, manquant d’exemples criants malgré une intéressante leçon sur la cuisson du homard, et un éclaircissement sur la nature de Casimir.
Bien que la vidéo connaisse un succès d’audience mitigé (seulement 40 000 visionnages), le groupe PS, qui a du temps à tuer, concocte dès le lendemain une réplique du même tonneau démontrant l’incontestable utilité de cette honorable technique de guérilla parlementaire.
Et la semaine dernière, la cacophonie lors du débat sur la limitation du temps de parole – qui a amené l’opposition à entonner la Marseillaise, avant de quitter la séance – a été filmée et montée pendant la nuit, pour mettre en ligne à l’aube cette savoureuse petite vidéo, relayée notamment par Le Figaro et Libération. Plus de 100 000 visionnages, ce qui n’est pas mal.
Que penser de ce triptyque ? La communication politique via des vidéos diffusées sur Internet n’est pas tout à fait nouvelle, même en France, puisque le phénomène a connu un coup d’envoi lors de la présidentielle de 2007. La souplesse, la réactivité et le faible coût de la production sur le web sont des atouts qui séduisent les politiques. Mais jusqu’à présent, il s’agissait surtout de vidéos à contenu classique : interviews, explications pédagogiques, petits reportages…
Or, maintenant que les députés commencent à entrevoir la puissance du buzz sur le web lorsqu’ils disposent de contenu croustillant, on peut prévoir que la prépondérance du sensationnel, de l’émotion, bref de la forme dans la communication politique ne fera que se renforcer, et qu’on touchera moins au fond. Mais qu’on touchera le fond.1
- Pas pu résister… [↑]