Rien que pour vos yeux… le nouveau fond d’écran de Désirs d’Avenir

Dans la vie (d’un geek) il y a des plaisirs simples. J’ai eu la chance de pouvoir accéder au nouveau site de Ségolène Royal pour vérifier si l’hilarité générale était justifiée. Elle l’est.

Alors rien que pour vous, une authentique capture d’écran de la page d’accueil de Désirs d’Avenir du 17 septembre 2009.

Ca se passe de commentaires.

NB: La déformation de certains mots n’est pas dûe à la capture d’écran, c’est d’origine.

Le nouveau site Désirs d’Avenir : un gros poisson d’avril ?

La blogosphère n’en croit pas ses yeux : le nouveau site de Ségolène Royal desirsdavenir.org, sorti le 15 septembre, est une véritable machine à remonter le temps. Bienvenue en 1998 !

Prenons les choses dans l’ordre. Censé être une plateforme communautaire moderne pour fédérer les militants et les sympathisants, ce site est avant tout… indisponible. En effet, l’hébergement serait une offre sous-dimensionnée à 10€ par mois. A l’heure où j’écris cet article, il renvoie toujours une erreur 500.

Pour autant, les captures d’écran des chanceux qui ont réussi à se connecter laissent pantois : une architecture adossée au CMS gratuit Joomla1, un fond d’écran gratuit tiré de Vistawallpapers.com, un titre qui semble écrit avec WordArt, aucun contenu sur la Home Page à part une vidéo, des boutons moches… le résultat semble totalement hallucinant, inexplicable.

J’attends de pouvoir juger de façon plus approfondie le site lorsqu’il sera à nouveau disponible, mais L’Express avance des raisons à cette navrante affaire. Le nouveau compagnon de Ségolène Royal, un homme d’affaires « très doué en multimédia », qui dirigerait également une vague web agency, aurait réalisé la chose immonde pour la modique somme de 41 860 euros. La facture étant envoyée à Pierre Bergé, dont on a sûrement parié qu’il n’aurait pas un oeil expert en matière d’Internet.

Dans l’absolu, un budget de 41 K€ ne serait pas excessif pour développer une vraie plateforme communautaire moderne et performante, à la hauteur des ambitions digitales de la femme politique la plus branchitudée de France. Mais pour un avorton de ce niveau…

Toujours est-il que l’objet du délit a aussitôt fait surgir, en plus d’un kyrielle d’articles grinçants, des blagues et des mèmes en tous genres :

  1. pas mal pour des sites simples, mais totalement inadapté pour des besoins plus complexes []

Un cran plus loin…

Il semble que l’outrance n’a pas de limite en politique, et c’est ce que les Américains nous démontrent depuis quelques semaines, en comparant Barack Obama à Adolf Hitler dans ses efforts pour établir une couverture maladie universelle.

Et l’on voit fleurir sur le web des extraits télévisés si incroyables qu’on se demande si tout cela n’est pas une gigantesque farce.

Regardez ces deux réunions municipales où deux sénateurs démocrates, Arlen Specter et Barney Frank, sont confrontés à des concitoyens qui osent tout (c’est à ça qu’on les reconnaît).

https://www.youtube.com/watch?v=jV1jmvMHsS0

Evidemment, inutile de compter sur les responsables du Parti Républicain pour calmer le jeu et rétablir une élémentaire échelle de valeur. Au contraire, Sarah Palin enfonce le clou sur Facebook en publiant un pamphlet intitulé « Death Panel » : 8800 personnes « aiment ça ».

Du coup, face à cette insuppportable menace de restriction de leurs libertés fondamentales, quelques hurluberlus ont assisté aux meetings publics d’Obama avec des armes chargées (pistolet automatique, fusil d’assaut) afin de réaffirmer leur attachement à la Constitution. Rien d’illégal à cela car dans certains Etats, porter une arme en public est autorisé, tant qu’elle n’est pas dissimulée.

https://www.youtube.com/watch?v=YenmmIDmRo0

Comment les médias sociaux peuvent faire l’histoire

Si vous ne l’avez pas déjà vue, je vous conseille cette courte conférence de Clay Shirky, qui date de juin. Le chercheur parle de l’influence des nouveaux médias sociaux dans le monde, illustrée par des événements récents dans des pays où la liberté d’expression n’est pas vue de la même façon par les gouvernements.

Oui, Obama a des points communs avec Hitler

Vous avez peut-être entendu jusque de côté-ci de l’Atlantique la petite polémique à propos d’une sortie du célèbre animateur de radio Rush Limbaugh, aux opinions bien conservatrices, qui compare les Démocrates au parti nazi (encore un qui devait sécher les cours d’histoire à l’école) et trouve même une troublante ressemblance entre le logo de la réforme Healthcare d’Obama et la croix gammée.

Un petit site-champignon de circonstance a surgi et s’amuse à comparer les ressemblances entre Hitler et Obama : tous les deux tenaient des meetings politiques, tous les deux avaient un chien, tous les deux buvaient de la bière…

D’ailleurs en ce moment, les rumeurs anti-Obama vont bon train sur Internet : avec une élection de retard, les conservateurs apprennent à se servir d’un ordinateur pour combattre le président (si possible en dessous de la ceinture), avec une efficacité qui se rapproche de plus en plus de celle du candidat démocrate pendant sa campagne.

Entre les posters du Joker, le mouvement des « birthers » qui contestent la naissance d’Obama sur le sol américain1, les vidéos anti-Healthcare et autres rumeurs selon laquelle la nouvelle couverture sociale conduirait à l’euthanasie des plus vieux, la Maison Blanche s’est dépêchée de mettre en ligne un site anti-rumeurs , avec un faux air de prospectus, tout de même : www.whitehouse.gov/realitycheck2.

L’état de grâce du président Obama semble maintenant être retombé, tout empêtré qu’il est dans sa réforme controversée du système de santé. La nouveauté, c’est que les conservateurs vont maintenant aussi le combattre sur un terrain dont il avait, sinon défini les règles, du moins coupé le ruban inaugural : l’arène du web politique. Les politiques français ont donc de bonnes chances d’apprendre encore de nouvelles techniques online made in USA d’ici la présidentielle 2012.

  1. ce qui a valu à Rush Limbaugh une autre saillie drôlatique: « Barack Obama a une chose en commun avec Dieu. Vous savez ce que c’est? Dieu non plus n’a pas de certificat de naissance » []
  2. rappelons l’existence du site de campagne très similaire FightTheSmears.com []

Nouveaux Guides du Petit Utilisateur de Twitter

Bien utiliser Twitter pour se créer son réseau de followers demande une certaine pratique, d’autant plus que les bourdes de débutants peuvent coûter cher à une institution qui tente de se lancer dans la discussion. Il n’est donc pas étonnant qu’apparaissent depuis quelques temps des « guides du petit utilisateur de Twitter » à destination des entreprises, des institutions et des formations politiques. En effet, il ne suffit pas d’ouvrir son compte pour devenir instantanément une source d’information reconnue et suivie : 90% des tweets sont postés par 10% des utilisateurs, et la durée de vie moyenne d’un compte est de 1 tweet.

Je suis tombé hier sur un article de Fastcompany qui nous enseigne comment booster notre « Twitter Power » en 6 points essentiels : être informatif, utiliser des hashtags, parler aux autres, re-twitter des tweets, remercier les autres, et continuer à twitter dans vos déplacements. Cela peut sembler de bon sens, mais beaucoup de débutants ignorent ces règles.

Mais le blog du 10 Downing Street est allé plus loin la semaine dernière en publiant un guide de 20 pages à l’usage de tous les départements du gouvernement britannique. L’auteur justifie la longueur de ce vademecum par le fait que, malgré une barrière à l’entrée très faible en raison de sa simplicité, le micro-blogging doit respecter certaines règles pour être efficace (c’est à dire porter la parole du gouvernement à un maximum de gens) et que les erreurs ne seraient pas pardonnées par les utilisateurs. Et il n’est pas toujours facile de faire passer un message en 140 caractères, sauf bien sûr lorsque l’on écrit chinois.

Un guide très concret et approfondi, que les instances gouvernementales étrangères seraient bien inspirées de lire. Bien sûr, nous en France, nous avons nos trois cyber-héraults (et non pas super-héros) nationaux @nk_m, @alainlambert et @benoithamon, mais ils représentent surtout eux-mêmes. Cela dit, leur motivation force le respect, car que vois-je dans le statut d’Alain Lambert, ce dimanche à 10 heures :

Et 16 heures plus tôt :

Allons vite le rassurer, il doit être l’homme politique de sa génération le plus apprécié sur le web… mais passera-t-il le virage de FriendFeed ?

Nicolas Sarkozy victime d’un nouveau Google Bombing (MAJ 23/07)

Les ingénieurs de Google sont censés travailler depuis plusieurs années à empêcher les Google Bombings grâce à des améliorations de leur algorithme, mais manifestement il reste encore quelques réglages à effectuer. En effet, la Toile française se gausse aujourd’hui en voyant les résultats de la requête « trou du cul du web » : c’est le site de Nicolas Sarkozy qui s’affiche en 1er…

En principe, les équipes de Google devraient corriger rapidement ce nouveau bombing politique, je vous ai donc fait une petite capture d’écran pour la postérité.

EDIT du 23/07: Fait tout à fait exceptionnel, Google a officiellement commenté ce bombing, via un Lien Sponsorisé qui apparaît sur cette requête. Ils ne sont pas contents, mais il ne modifieront pas pour autant les résultats manuellement :

Nous n’excusons pas cette pratique, ni aucune autre pratique visant à altérer l’intégrité de nos résultats de recherche, mais nous ne sommes pas plus enthousiasmés par l’idée de modifier manuellement nos résultats pour empêcher de telles informations d’apparaitre. Cette pratique malveillante du « Google Bombing » est peut-être divertissante pour certains, mais en aucun cas leur démarche n’affecte la qualité générale de notre moteur de recherche, dont l’impartialité reste, comme toujours, au centre de notre mission.

Il faut dire que la requête a littéralement explosé en France, comme le prouve ce graphique de Google Trends.

Débat politique sur Twitter aujourd’hui : une expérience peu convaincante

L’Express a été aujourd’hui à l’initiative d’un débat sur Twitter, de 13h à 14h, entre les twitternautes et les 3 seuls politiques français actifs sur Twitter : Nathalie Kosciusko-Morizet (@nk_m), Alain Lambert (@alainlambert) et Benoît Hamon (@benoithamon). Prévenus  un peu à l’avance, tous les Twitternautes pouvaient participer, puisqu’il suffisait d’ajouter le hashtag #lexpress à leurs Tweets.

Pourtant au final, l’expérience a été peu convaincante. Non pas par manque de participants, car des centaines de questions – souvent intéressantes – ont été posées, ni de la faute des trois politiques, qui se sont prêtés au jeu avec franchise. Ni même à cause du format court de Twitter, 140 caractères maximum, qui force les internautes à formuler des questions claires, et les répondants à aller à l’essentiel, abandonnant la langue de bois, comme le remarque Alain Lambert.

Finalement, le principal problème, c’est que Twitter est surtout conçu pour diffuser des messages instantanés à sens unique, pour « gazouiller » mais pas pour dialoguer. Ce n’est pas un outil adapté aux débats : vu la rapidité à laquelle s’enchaînaient les Tweets, les réponses des participants s’affichaient 20 ou 30 lignes au-dessus de la question initiale, ruinant toute lisibilité. Il manque à Twitter un affichage imbriqué des réponses (à l’instar de nombreux commentaires de blogs aujourd’hui, par exemple), pour pouvoir suivre les questions/réponses sans faire de fouilles archéologiques.

Les participants ont eux-même reconnu le faible intérêt de cet exercice :

NKM : Merci à tous. Exercice difficile. Dubitative sur la valeur ajoutée au débat

Benoît Hamon : suis assez d’accord avec @nk_m sur la faible valeur ajoutée du débat.

Euphémismes pour dire que personne n’y a rien compris. Quoi qu’il en soit, cela reste une jolie opération de comm’ online pour L’Express, et l’affirmation de la suprématie des 3 élus, qui règnent pour l’instant quasiment sans concurrence dans le paysage politique français sur Twitter, et sont devenus les chouchous des Twitternautes.

Moscovici et « l’étrange dureté du virtuel » : réalité ou miroir déformant ?

Fin mars, Pierre Moscovici avait envisagé d’arrêter son blog, déçu et fatigué par la mesquinerie des attaques dont il fait souvent l’objet à travers ses commentaires. Il n’ a pas finalement pas mis son ultimatum à exécution, et continue d’écrire avec la même régularité. Pourtant, il a livré à nouveau cette semaine un billet plus personnel sur la violence des coups qu’il encaisse sur Internet. Et dresse un intéressant parallèle entre l’adoucissement du débat politique du « monde réel » , et au contraire la grande dureté des débats sur Internet.

Selon lui, le monde politique français ne connaît plus aujourd’hui les formidables affrontements des deux siècles précédents, où les enjeux étaient autrement plus lourds pour les hommes qui décidaient de porter leurs idées ; et de citer les grands combats des années 1930, où Léon Blum fut par exemple confronté à l’antisémitisme.

La courtoisie républicaine, l’indifférenciation des discours ont incontestablement progressé. Est-ce un bien? Je ne sais pas, au fond, car cette indistinction peut aussi nourrir la frustration des citoyens […].

Parallèlement à cet assagissement des politiques, Moscovici observe l’évidente violence des débats sur Internet, où l’anonymat de l’écran permet à chacun de s’exprimer sans retenue, et qui sert de refuge (certains diraient de fosse d’aisance) aux frustations des Français.

Ceci me rappelle une réflexion de Jean-François Kahn lors d’une commission parlementaire (dont je ne retrouverai pas la vidéo) : selon lui, il est sain que les débats parlementaires soient violents, à la mesure des attentes et des exigences des citoyens, sans quoi ceux-ci s’exprimeraient dans la rue s’ils s’estimaient mal représentés par l’hémicycle.

La réalité de ces deux tendances est indiscutable pour qui s’intéresse à la politique et lit la blogosphère. Pourtant, sont-elles vraiment si étroitement corrélées ? « L’étrange dureté du virtuel » est-elle vraiment le reflet des opinions sincères des auteurs ? Les internautes (blogueurs, commentateurs, utilisateurs de réseaux sociaux) ne se livrent-ils pas à l’exagération, protégés par un relatif anonymat et piégés par l’immédiateté de ce média qui pousse à la polémique et à la surenchère ? L’avenir nous l’apprendra et nous verrons si le décalage entre l’exaspération affichée des Français, qu’on ne peut pas ignorer dès que l’on se connecte, et une situation sociale dans le pays, certes sensible mais qui n’a pas (encore ?) explosé, était un exutoire salvateur ou bien un grondement annonciateur de la tempête.

Stratégie de guerilla online… sur USENET (bienvenue en 1998)

C’est un document étrange et un peu dérangeant que vient d’exhumer un certain Dr DigiPol1 : un manuel de guérilla et d’influence online… sur le réseau Usenet, écrit en 1998 par un activiste raciste américain. Peut-être n’étiez-vous pas encore connecté aux innocentes heures de la conquête du web, vers la fin des années 1990, c’est à dire au siècle précédent. Moi je l’étais :-)

A cette époque, les interactions sociales sur Internet étaient certes bien plus rudimentaires et underground qu’aujourd’hui, mais elles existaient bel et bien. Les discussions des pionniers du monde digital étaient essentiellement concentrées sur un réseau central connu sous le nom de Usenet, hébergeant de très nombreux groupes de conversations aux thèmes les plus variés, de la cuisine italienne à l’aérospatiale

Or, chacun sait que la politique s’invite rapidement dans toutes les conversations. L’utilité d’un réseau numérique mondial a donc été très rapidement perçue par certains groupes activistes politiques pour diffuser leurs idées auprès du plus grand nombre. C’est ainsi que dès 1998, une sombre organisation d' »Aryens » américains racistes a rédigé à destination de ses membres un manuel d’influence et d’infiltration sur les groupes Usenet.

En voici quelques extraits choisis :

  1. « Il est crucial que notre message soit disséminé au-delà de nos groupes, et que nous prenions position dans des groupes généralistes »
  2. « Faites en permanence la promotion de nos ressources WWW et FTP dans les groupes appropriés, en abordant les sujets de façon adéquate, et en postant des liens vers nos sites. »
  3. « Ecrivez des messages clairs et suffisamment explicites. Par « suffisamment explicite », j’entends qu’il doit fournir des informations suffisamment claires pour apporter des « preuves » de nos affirmations aux lecteurs. »
  4. « Souvenez-vous : volume et régularité dans les articles. »
  5. « Evitez les débats stériles avec des activistes ennemis. Débatez de façon polie et sincère. »
  6. « Si vous avez le temps et l’argent, surveillez les groupes ennemis, où ses idées dominent. Cherchez des informations qui pourraient être utiles à notre cause. Beaucoup peut être appris gratuitement de l’ennemi, simplement en observant son comportement. »
  7. « Soyez prévenus que TOUT ce que vous posterez sera vu par l’ennemi. Tous vos messages peuvent être archivés et catalogués pour être utilisés ultérieurement. »

Cet essai est assez troublant, car il fournit des principes que les agences de communication Internet ne renieraient pas, puisqu’ils s’appliquent encore parfaitement aujourd’hui à l’influence marketing online, au blogging, à l’activité sociale sur le web, et même au référencement naturel. Comme quoi, si les outils évoluent de plus en plus vite2, l’art de la communication se résume toujours aux mêmes axiomes.

  1. relayé par e.politics []
  2. d’ailleurs j’ai fini par me mettre à Twitter moi aussi []