Les Républicains abusent de Twitter

Les Républicains admettent eux-même que le parti Démocrate utilise le web de façon plus intensive et généralement plus avisée qu’eux1. Voulant sans doute démontrer leur inventivité sur le nouveau média, quelques militants républicains du Connecticut ont donc eu l’idée d’usurper sur Twitter l’identité de législateurs démocrates locaux. Après avoir créé des comptes aux noms de leurs adversaires, ils ont diffusé des messages satiriques sur l’utilisation des impôts dans le Connecticut par les élus démocrates.

Malheureusement pour eux, les petits malins ont été dénoncés et Twitter a fait fermer 33 comptes frauduleux, l’usurpation d’identité étant interdite dans les conditions générales d’utilisation. Ce à quoi le sénateur républicain Chris Healy a répondu qu’il s’agissait d’une restriction de la liberté d’expression de son parti.

Source : Hartford Advocate

  1. même si les conservateurs commencent à rattraper leur retard, comme le prouvent leurs récentes initiatives []

Capitalisme, une histoire d’amour qui a mal tourné

J’ai eu l’occasion de voir en avant-première le nouveau film de Michael Moore, Capitalism : A Love Story. Autant vous le dire tout de suite, c’est du Moore pur beurre : une oeuvre 100% de parti-pris, à charge contre sa cible (cette fois les milieux politico-financiers), et qui n’hésite pas à faire larmoyer la caméra. Rajoutez à cela ses habituels tics énervants, qui consistent à nous parler comme à des enfants de 6 ans, et à se mettre en scène sa casquette vissée sur le tête. Mais au moins, les choses sont claires dès le début, le réalisateur ne prétend pas à l’objectivité, ses « documentaires » sont partisans. Passé cela, on peut regarder le film sereinement.

Capitalism : A Love Story raconte la transformation du capitalisme, passé d’un modèle économique satisfaisant pendant les Trente Glorieuses, à un système de plus en plus financier et de moins en moins industriel ces 20 dernières années, jusqu’au krach de 2008. On pensait avoir tout vu sur la crise actuelle, mais Moore nous avait gardé des révélations saisissantes sur les pratiques de certaines entreprises américaines. Les infos originales et passionnantes s’enchaînent pendant deux heures, parfois tellement énormes qu’on se demande comment elles ont pu passer inaperçues jusqu’à présent. Comme cette prison privée pour mineurs, remplie par un juge soudoyé par le propriétaire pour faire du zèle. Ou ces pilotes de ligne débutants, si mal payés qu’ils doivent avoir un deuxième job pour survivre.

Plus terrible encore, ces familles suivies par la caméra, qui sont finalement expulsées de leur maison par les banques comme des milliers d’autres. Vu de France, ça paraissait abstrait. Vu de plus près, c’est poignant. Ce n’est finalement que dans les dernières minutes que le réalisateur va faire son cinéma à Wall Street, tentant de récupérer les 700 milliards de subventions gouvernementales versées aux banques avec un camion blindé. Sans succès.

Au final, un film terriblement efficace, original, émouvant, qui certes ne prend pas un grand risque en voulant fédérer les citoyens contre les financiers (qui aime encore les traders ?) mais dont on ressort en se disant que cette fois, vraiment, tout ne peut pas repartir comme si rien n’avait jamais eu lieu.

Nouveau site des Républicains

Le Grand Old Party a mis en ligne la semaine dernière son nouveau site web: plus moderne, plus léché, plus orienté communautés. Les membres peuvent s’informer, discuter, créer leur blog républicain, se constituer un réseau d’amis, faire des dons… Mais le plus important sont les fonctions permettant de coordonner en ligne les actions des militants sur le terrain. C’est ce qui avait fait l’efficacité du dispositif d’Obama pendant sa campagne, cette capacité à transformer en opérations de militantisme concret l’outil de communication qu’est Internet. Sans doute une différence avec la France, où les remous de l’Internet politique ont encore assez peu d’effets sur la vraie vie.

Au final donc, de la belle ouvrage que ce nouveau site, mais les temps changent et la Guerre Froide est bien révolue, car le site est entièrement rouge, ce qui aurait été inimaginable il y a 20 ans pour le parti de Reagan.

Et voici la vidéo de présentation :

Politiques démago-geeks

On s’en souvient, Nicolas Princen Sarkozy avait (re)lancé fin mai sa page Facebook, sur le ton détendu qui est de mise sur le web. On y apprenait ainsi qu’il avait lu deux livres et vu un film de Charlie Chaplin. Depuis le 22 mai, pourtant, les 162 000 groupies du Chef de l’Etat (on en a tous quelques uns parmi ses friends, avouez) sont restés sur leur faim, car seulement 8 mises à jour ont été publiées sur son mur.

Pourtant, le geek qui sommeille en notre Président se réveille avec les frimas de l’automne : à l’occasion du prochain sommet de Copenhague, consacré au réchauffement climatique, il ouvrira un compte Twitter pour nous rendre compte à chaque instant de l’avancement des négociations internationales. Vous imaginiez déjà Nicolas Sarkozy en train de se cacher sous son pupitre ou derrière Angela Merkel pour twitter frénétiquement sur son Blackberry ? Naïf que vous êtes ! Franck Louvrier nous avoue en réalité que « le président n’utilisera pas lui-même Twitter, mais on détaillera sa démarche tout au long du sommet et l’évolution des négociations ». Dommage.

Mais ce n’est pas tout : entraînée par la fièvre technologique de son mari, Carla Bruni-Sarkozy a inauguré aujourd’hui son propre site, carlabrunisarkozy.org. Non, vous ne pourrez pas y écouter des extraits de son dernier album culte, car il y avait déjà un site pour Carla Chanteuse. Cette fois, c’est de Carla Première Dame de France qu’il s’agit. Manque de chance, elle a du se faire recommander son hébergeur par Ségolène Royal, car ce soir, le site était tombé en raison d’un trop grand nombre de connexions.

En revanche, à Dominique de Villepin, Ségolène Royal n’a peut-être pas refourgué son hébergeur, mais certainement sa géniale inspiration graphique. Etrangement intitulé VillepinCom.net – « Com » pour « communauté » et non pas « communication » – c’est d’une plateforme communautaire qu’il s’agit, comme le confirme Brigitte Girardin, à l’origine de ce petit chef d’oeuvre du web. C’est vrai : on peut s’inscrire pour commenter les articles, et il y a même un forum1. Et tout ça grâce à une gestion de projet étonnamment visionnaire : « Au départ, on voulait juste faire un site, mais on s’est rendu compte que l’avenir était aux réseaux sociaux et que la plupart des partis allaient dans cette direction » raconte Brigitte Girardin. Retenez bien : l’avenir est aux fameux réseaux sociaux, vous en entendrez bientôt parler.

Allez, après tant de mauvaise foi, finissons sur une note positive : l’Elysée aurait comme projet de mettre en ligne un site « très interactif » d’ici la fin de l’année. Espérons que Ségolène Royal ne va pas leur refiler son développeur.

  1. ne soyons pas mauvaise langue : chaque utilisateur peut effectivement créer son profil, un peu à la Facebook []