Un cran plus loin…

Il semble que l’outrance n’a pas de limite en politique, et c’est ce que les Américains nous démontrent depuis quelques semaines, en comparant Barack Obama à Adolf Hitler dans ses efforts pour établir une couverture maladie universelle.

Et l’on voit fleurir sur le web des extraits télévisés si incroyables qu’on se demande si tout cela n’est pas une gigantesque farce.

Regardez ces deux réunions municipales où deux sénateurs démocrates, Arlen Specter et Barney Frank, sont confrontés à des concitoyens qui osent tout (c’est à ça qu’on les reconnaît).

https://www.youtube.com/watch?v=jV1jmvMHsS0

Evidemment, inutile de compter sur les responsables du Parti Républicain pour calmer le jeu et rétablir une élémentaire échelle de valeur. Au contraire, Sarah Palin enfonce le clou sur Facebook en publiant un pamphlet intitulé « Death Panel » : 8800 personnes « aiment ça ».

Du coup, face à cette insuppportable menace de restriction de leurs libertés fondamentales, quelques hurluberlus ont assisté aux meetings publics d’Obama avec des armes chargées (pistolet automatique, fusil d’assaut) afin de réaffirmer leur attachement à la Constitution. Rien d’illégal à cela car dans certains Etats, porter une arme en public est autorisé, tant qu’elle n’est pas dissimulée.

https://www.youtube.com/watch?v=YenmmIDmRo0

Comment les médias sociaux peuvent faire l’histoire

Si vous ne l’avez pas déjà vue, je vous conseille cette courte conférence de Clay Shirky, qui date de juin. Le chercheur parle de l’influence des nouveaux médias sociaux dans le monde, illustrée par des événements récents dans des pays où la liberté d’expression n’est pas vue de la même façon par les gouvernements.

Oui, Obama a des points communs avec Hitler

Vous avez peut-être entendu jusque de côté-ci de l’Atlantique la petite polémique à propos d’une sortie du célèbre animateur de radio Rush Limbaugh, aux opinions bien conservatrices, qui compare les Démocrates au parti nazi (encore un qui devait sécher les cours d’histoire à l’école) et trouve même une troublante ressemblance entre le logo de la réforme Healthcare d’Obama et la croix gammée.

Un petit site-champignon de circonstance a surgi et s’amuse à comparer les ressemblances entre Hitler et Obama : tous les deux tenaient des meetings politiques, tous les deux avaient un chien, tous les deux buvaient de la bière…

D’ailleurs en ce moment, les rumeurs anti-Obama vont bon train sur Internet : avec une élection de retard, les conservateurs apprennent à se servir d’un ordinateur pour combattre le président (si possible en dessous de la ceinture), avec une efficacité qui se rapproche de plus en plus de celle du candidat démocrate pendant sa campagne.

Entre les posters du Joker, le mouvement des « birthers » qui contestent la naissance d’Obama sur le sol américain1, les vidéos anti-Healthcare et autres rumeurs selon laquelle la nouvelle couverture sociale conduirait à l’euthanasie des plus vieux, la Maison Blanche s’est dépêchée de mettre en ligne un site anti-rumeurs , avec un faux air de prospectus, tout de même : www.whitehouse.gov/realitycheck2.

L’état de grâce du président Obama semble maintenant être retombé, tout empêtré qu’il est dans sa réforme controversée du système de santé. La nouveauté, c’est que les conservateurs vont maintenant aussi le combattre sur un terrain dont il avait, sinon défini les règles, du moins coupé le ruban inaugural : l’arène du web politique. Les politiques français ont donc de bonnes chances d’apprendre encore de nouvelles techniques online made in USA d’ici la présidentielle 2012.

  1. ce qui a valu à Rush Limbaugh une autre saillie drôlatique: « Barack Obama a une chose en commun avec Dieu. Vous savez ce que c’est? Dieu non plus n’a pas de certificat de naissance » []
  2. rappelons l’existence du site de campagne très similaire FightTheSmears.com []

Nouveaux Guides du Petit Utilisateur de Twitter

Bien utiliser Twitter pour se créer son réseau de followers demande une certaine pratique, d’autant plus que les bourdes de débutants peuvent coûter cher à une institution qui tente de se lancer dans la discussion. Il n’est donc pas étonnant qu’apparaissent depuis quelques temps des « guides du petit utilisateur de Twitter » à destination des entreprises, des institutions et des formations politiques. En effet, il ne suffit pas d’ouvrir son compte pour devenir instantanément une source d’information reconnue et suivie : 90% des tweets sont postés par 10% des utilisateurs, et la durée de vie moyenne d’un compte est de 1 tweet.

Je suis tombé hier sur un article de Fastcompany qui nous enseigne comment booster notre « Twitter Power » en 6 points essentiels : être informatif, utiliser des hashtags, parler aux autres, re-twitter des tweets, remercier les autres, et continuer à twitter dans vos déplacements. Cela peut sembler de bon sens, mais beaucoup de débutants ignorent ces règles.

Mais le blog du 10 Downing Street est allé plus loin la semaine dernière en publiant un guide de 20 pages à l’usage de tous les départements du gouvernement britannique. L’auteur justifie la longueur de ce vademecum par le fait que, malgré une barrière à l’entrée très faible en raison de sa simplicité, le micro-blogging doit respecter certaines règles pour être efficace (c’est à dire porter la parole du gouvernement à un maximum de gens) et que les erreurs ne seraient pas pardonnées par les utilisateurs. Et il n’est pas toujours facile de faire passer un message en 140 caractères, sauf bien sûr lorsque l’on écrit chinois.

Un guide très concret et approfondi, que les instances gouvernementales étrangères seraient bien inspirées de lire. Bien sûr, nous en France, nous avons nos trois cyber-héraults (et non pas super-héros) nationaux @nk_m, @alainlambert et @benoithamon, mais ils représentent surtout eux-mêmes. Cela dit, leur motivation force le respect, car que vois-je dans le statut d’Alain Lambert, ce dimanche à 10 heures :

Et 16 heures plus tôt :

Allons vite le rassurer, il doit être l’homme politique de sa génération le plus apprécié sur le web… mais passera-t-il le virage de FriendFeed ?