Ségolène, la femme marque

J’ai reçu il y a quelques semaine un exemplaire du livre de François Belley, « Ségolène ® la femme marque ». Publicitaire de son état et passionné de politique (nul n’est parfait), l’auteur se propose de disséquer le phénomène Ségolène Royal exactement à la manière d’une marque commerciale. L’ouvrage, dont on aurait pu craindre qu’il soit un peu abscons comme le sont les cours de marketing, se révèle en fait précis, bien documenté et vivant.

Tout au long du livre, François Belley s’applique à démontrer que la communication de Ségolène Royal, en particulier depuis 2006, correspond point par point à la stratégie marketing d’une voiture ou d’un parfum. Jusqu’à retoucher son appellation, « Ségolène », dont le patronyme a disparu au profit du prénom.

Le style Ségolène, du moins pendant la campagne présidentielle, reposait en grande partie sur la notion de démocratie participative. Et pour cela, Internet est LE média qui permet au consom’acteur – pardon, au citoyen-expert – de s’exprimer et de s’épanouir. Ainsi, l’ouvrage raconte comment la candidate a construit son programme présidentiel sur la synthèse (supposée) des participations des internautes sur desirsdavenir.org. Exactement à la manière du web 2.0, le programme Royal aurait été le premier programme User Generated Content. L’intérêt ? « Personnaliser le produit favorise les ventes. Face à une offre toujours plus pléthorique, cela permet surtout aux consommateurs de s’approprier le produit. » Mais avec le succès des urnes qu’on sait, il semble que les citoyens ne soient pas encore tout à fait prêts pour la démocratie participative.

Quoi qu’il en soit, bien que l’auteur ait fait le choix de ne s’intéresser qu’à Ségolène Royal, dont le cycle de vie est sans doute déjà en phase de maturité, et risque de commencer à entrer en déclin en même temps que le PS, la démarche est convaincante et originale. Une analyse de François Bayrou sur le même mode mériterait le détour :-) Plus d’informations sont à trouver sur www.lafemmemarque.com

Les élections iraniennes sur Internet

Pour sacrifier à la tradition des blogs qui parlent de sites qui parlent d’autres blogs (heureusement que la presse ne fonctionne pas comme cela, l’intérêt des articles en serait limité), je vous signale cet article du Figaro.fr qui fait le point sur la couverture online des événéments consécutifs à l’élection présidentielle iranienne. Y sont recensés des comptes Twitter, des vidéos Youtube et des blogs qui racontent de l’intérieur les émeutes iraniennes.

Si Internet avait existé en 1968, le Printemps de Prague aurait-il connu le même dénouement tragique ? Et mai 68 aurait-il eu la même force si nos jeunes parents avaient pu exprimer en ligne leurs frustations contre la France gaulliste ?