Les membres de l’extrême-droite britannique dévoilés sur le web

La sécurité des données informatiques ne semble pas être le fort des Britanniques : depuis deux ans, le gouvernement a perdu des cédéroms contenant les informations fiscales de 25 millions de citoyens, s’est fait dérober la liste de 5000 personnes condamnées, a subi le vol de 700 ordinateurs dans l’armée… la liste est longue et variée.

Cette fois, ce sont les 12 800 membres du British National Party, parti d’extrême-droite britannique, qui ont eu le plaisir d’apprendre que leur identité est désormais en diffusion libre auprès de tous les internautes. Publiée sur un site le 18 novembre, mais retirée très rapidement, la liste complète des adhérents du parti a pu être téléchargée et rediffusée aussitôt ailleurs sur le web, où elle poursuit aujourd’hui son chemin ad vitam eternam. Elle contient les noms, adresses, numéros de téléphone, professions, et même prénoms des enfants pour les membres qui ont payé leur contribution au tarif familial. Une « cartographie du racisme britannique » a même pu être établie, comme l’explique TechCrunch UK.

Toutes ces personnes qui sont ainsi soumises au regard du public doivent aujourd’hui regretter leur engagement politique. Leur adhésion au BNP risque aussi de compromettre leur carrière, voire d’y mettre fin, car la loi britannique interdit explicitement l’appartenance au BNP à certains corps de métier, comme la police ou l’administration pénitentière.

Embryon de cartographie politique de la blogosphère

Le blog Expression Libre a lancé une idée intéressante, qui aurait été très instructive si elle avait pu être menée à plus grande échelle sur la blogosphère française : il s’agit de cartographier les blogs en fonction de leurs tendances politiques, en répondant à un petit quizz. Sur les 16 20 blogs qui ont répondu à l’invitation d’Expression Libre, tous sont de gauche, du centre ou « libertaires« . Seulement un timide conservateur, et point d’étatiste parmi les répondants.

Certes, cette enquête n’est pas significative, non seulement à cause de la taille de l’échantillon, mais aussi du quizz, ultra-court et très américain (sur la partie Economie, les Français répondront tous quasiment de la même façon). Pourtant, avec un questionnaire plus affiné et une large participation de la blogosphère, on arriverait certainement à dégager un profil des blogueurs politiques. Qui se lance ?

Le PS à vendre sur eBay

Cela devient un « meme« , une blague récurrente de la culture Internet : les ventes farfelues sur eBay. Après l’Islande pendant la crise financière, la voix d’un électeur américain,  le nom de domaine casse-toi-pauvre-con.com, les photos dénudées d’une maire de l’Oregon, l’Union Européenne après l’échec du référendum, et même très sérieusement la 605 blindée de Jean-Marie Le Pen, c’est aujourd’hui le Parti Socialiste qui est à vendre sur eBay.

L’enchère en est actuellement à 10 millions d’euros. Est-ce Ségolène Royal ou Martine Aubry qui a surenchéri en dernier1 ? En tous cas, l’annonce ne fera pas long feu, car elle est contraire à la charte du site, le mystérieux vendeur n’étant évidemment pas propriétaire de ce « bien ».

Pourtant, il avait promis une livraison gratuite pour ce parti politique « peu utilisé, vendu sans capitaine ». Nostalgie…

  1. apparemment ce serait Martine Aubry []

Sarkozy en chute libre

Désolé pour ce titre à moitié honnête, mais il décrit bien cette application totalement inutile mais assez amusante : l’interminable chute d’une marionnette à l’effigie de Nicolas Sarkozy (et d’autres politiques) à travers de grosses boules en caoutchouc. Du bout de la souris, vous maîtrisez la marionnette politique, et pouvez la relancer ou la fracasser. On pense aussitôt à la désormais célèbre poupée vaudou, qui n’avait pas tellement plu au Président de la République…

Obama, la démesure des chiffres

Après un an et demi d’une campagne Obama en ligne où l’accumulation des millions (de dollars, de supporters, d’e-mails…) semblait chaque mois atteindre de nouveaux records, il était grand temps de faire un récapitulatif pour y voir plus clair.

Le Washington Post a eu la bonne idée de s’y coller ; le résultat laisse rêveur. Laissons parler les chiffres :

  • Plus de 500 millions de dollars ont été levés grâce à Internet, ce qui représente la plus grande partie des 600 millions de dollars récoltés au total
  • Ce montant a été atteint grâce à 3 millions de donateurs, qui ont effectué 6,5 millions de donations
  • Plus de 90% des donations étaient inférieures à 100$, la moyenne étant de 77$
  • 2 millions de profils ont été créés sur mybarackobama.com, écrivant 400 000 articles de blogs, créant 35 000 groupes de supporters et planifiant 200 000 événements offline
  • A cela viennent s’ajouter 5 millions de supporters sur les réseaux sociaux tels que MySpace et Facebook
  • 13 millions d’adresses e-mail ont été collectées, qui ont permis d’envoyer plus de 1 milliard de mails avec 7000 messages différents
  • 1 million de personnes ont donné leur numéro de portable pour s’abonner aux alertes SMS

Ces chiffres illustrent bien les deux grandes forces d’Internet dans cette campagne : la capacité à lever des fonds, et la possibilité de tisser un lien étroit avec des réseaux de supporters actifs sur le terrain. Aujourd’hui, l’argent de la campagne a été dépensé, mais il reste au nouveau président un autre trésor : son immense base de contacts. Placée entre les mains d’experts du marketing direct, elle sera un atout considérable pour une communication gouvernementable plus ciblée, plus personnalisée et plus proche des citoyens.

D’ailleurs, les candidats se bousculent au portillon, puisque plus de 200 000 candidatures ont été envoyées via le site Change.gov pour faire partie de la nouvelle équipe gouvernementale.

Opération « classes vides » le 5 décembre

Il n’y a pas que les enseignants qui ont le droit de faire grève. Les écoliers veulent, eux aussi, suivre le chemin de l’apprentissage de la citoyenneté.

Un bruit court en ce moment sur le web parmi les collégiens et lycéens de France : le 5 décembre sera une journée « classes vides ». La génération 2008 utilise Facebook et les blogs aussi naturellement que la précédente allumait la télévision ; c’est donc par les réseaux sociaux que se transmet la rumeur. Un blog dédié a été créé (mais par qui? mystère…), et on compte déjà plus de 110 000 membres répartis dans deux groupes Facebook : pas mal du tout, beaucoup d’annonceurs rêveraient que leurs campagnes atteignent un tel niveau de viralité.  

Sauf que, si le mystérieux blog officiel revendique cette action comme une journée de protestation contre les réformes, les motivations de la grande majorité des élèves sur Facebook sont en fait très floues, comme l’avouent les organisateurs.

D’ailleurs, sur le forum du groupe, ça phosphore dur pour essayer trouver une raison sérieuse de rester au lit le 5 décembre : « Trouvé un bonne argument de faire cette « grêve » « . Les bonnes idées ne manquent pourtant pas1 :

– On fait grêve contre le système =)
– On fait grêve pour faire preuve d’une présence d’esprit, de quelque chose qui sorte de l’ordinaire. On fait grêve pour ce que l’on veut, en fait.
– Moi je dis une greve contre ces chauffards de tram qui ecrasent les gens…!!!!
– pour que les jeunesse montre qu’elle est unie
– On fait greve pour montrer qu’on a tous des reves dans l’avenir et qu’on preferait les cultiver pour certains plutot que d’apprendre qu’un angle droit c’est 90°!

Bref, cette opération est un bel exemple de viralité parmi les ados via les réseaux sociaux. Aura-t-elle un impact significatif ? Entre la blague de potache et la transformation dans la vie réelle, il risque d’y avoir un gap. Et le 6 décembre, il y a fort à parier que les quelques motivés et/ou paresseux qui auront séché la veille se retrouveront avec deux heures de colle de la part de leurs profs revenus de leur « vraie » grève, sous l’oeil hilare de leurs camarades. A suivre…

  1. ici aussi on a une bonne vision de la question []

Force Ouvrière fait du marketing viral

Pour préparer les élections prud’homales du 3 décembre (et même dès aujourd’hui sur Internet), Force Ouvrière a lancé une campagne de marketing viral pour sensibiliser les salariés. Le dispositif a été prévu sous deux aspects :

  • le site de l’entreprise factice Critalec, leader dans l’industrie chimique, avec une présentation vidéo par un patron bien gratiné (qui a même un profil Viadéo de toute beauté). Vous êtes ensuite amené à rencontrer des managers et des salariés de cette charmante entreprise, où vous vous rendez rapidement compte que les conditions de travail ont l’air éprouvantes. Le site est en full flash, bien réalisé. Jusqu’ici, aucune mention n’est faite de Force Ouvrière.
  • un skyblog des victimes de Critalec, avec de nombreux témoignages de salariés harcelés et une vidéo du faux patron qui s’emporte face à Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.

L’ensemble a été médiatisé par des liens sponsorisés et relayé sur certains blogs, afin de susciter du buzz avant les élections prud’homales. Une opération Internet bien ficelée et innovante, inédite pour un syndicat, qui espère ainsi toucher une cible de cadres d’entreprise.

http://www.dailymotion.com/video/k4Wf7hVuAANmjSQsXf
Daigneron s’en prend à Mailly, Secrétaire Général de FO
par ForceOuvriere