juin
29
Ségolène Royal a annoncé hier par e-mail que sa contribution - “notre” contribution selon ses termes - pour le Congrès des socialistes de novembre était maintenant disponible sur son site participatif dédié Congresutileetserein.com (lire mon billet à ce sujet). Dans quelle mesure les contributions des internautes ont été prises en compte dans la synthèse finale ? Ce n’est pas clair.
Quoi qu’il en soit, ce dossier en 7 points, qui est le fruit “d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques”, sera remis au Parti Socialiste le 2 juillet. D’ici là, les adhérents peuvent le signer en ligne, ainsi que l’ont déjà fait des centaines de militants.
juin
28
Maintenant que John McCain sait enfin avec certitude sur lequel des deux candidats démocrates il doit tirer, il concentre le feu sur Barack Obama. Et pour mieux se faire entendre sur Internet face à l’hégémonique sénateur auréolé d’Obamania, le candidat républicain tente de l’affronter avec les mêmes armes. C’est ainsi que cette semaine, deux vidéos satiriques ont été parachutées sur le champ de bataille Youtube, dans l’espoir qu’elle buzzeront.
La première vidéo est une imitation du générique de Dr No. McCain veut montrer que le programme de son adversaire en matière d’énergie n’est pas cohérent. Pas sûr que les internautes se sentiront très concernés par des références aussi anciennes que le premier des James Bond, qui date de 1962. Le dernier clip de Weezer, Pork and Beans, qui reprend à son compte trois ans de “culture Youtube”, aurait pu être une meilleure source d’inspiration. La vidéo Dr No a été vue 48 000 fois pour le moment.
La seconde vidéo, Words, met Barack Obama face à ses contradictions sur le sujet du financement public de la campagne présidentielle, auquel il a renoncé il y a 10 jours sous le prétexte que le système était “cassé”. En fait, ce choix est tactique et lui permettra de récolter beaucoup plus de fonds grâce aux innombrables dons privés collectés essentiellement par Internet. 37 000 visionnages pour l’instant.
Vous connaissez l’excellente saga des pubs “Mac vs PC” ? Eh bien McCain sur le web me fait penser à “PC” un peu coincé qui essaierait d’imiter la cool attitude de “Mac” Obama. Histoire de se quitter sur une note drôlatique, voici un florilège.
juin
26
Signe des temps et preuve de la virtualisation1 des champs de bataille - jusqu’à un certain point, vous diront les victimes des guerres - le mouvement jihadiste palestinien a annoncé la création d’une division de cyber-combattants parmi les Brigades Al-Quds. Il s’agit d’une réponse à des années d’attaques de hackers israéliens contre les sites des mouvements islamistes.
Leur porte-parole Abu Hamza déclare que ces cyber-brigades doivent “combattre l’ennemi sur les médias électroniques, et résister aux assauts des deux fronts, physique et virtuel”. Celles-ci auraient déjà des faits d’armes : les journaux israéliens Yediot Ahronot et Maariv auraient été hackés, et des photos de martyrs mis en ligne à la place de leur contenu habituel. Le responsable de Yediot Ahronot dément que son site ait été mis à mal, même s’il reconnaît subir des tentatives fréquentes. Les pirates israéliens, eux, avaient l’habitude d’uploader des photos “indécentes” sur les sites infiltrés…
Là où l’affaire est beaucoup plus sérieuse, c’est que les attaques virtuelles pourraient devenir préalables aux assauts physiques réels, affaiblissant les réseaux de communication israéliens juste avant la vraie attaque. Et même de façon passive : les islamistes utilisent Google Earth pour repérer les colonies israéliennes frontalières avant d’y envoyer des roquettes.
- voir aussi mon récent billet sur la neutralité de Wikipédia [↑]
juin
25
On n’a pas forcément besoin de savoir utiliser un ordinateur pour comprendre comment cela structure le pays.
C’est ce qu’a répondu Marc Soohoo, responsable de la campagne web de John McCain, à Tracy Russo, ancienne blogueuse un brin agressive de l’éphémère candidat démocrate John Edwards, lors du Personal Democracy Forum. En anglais “You don’t necessarily have to use a computer to understand how it shapes the country”. “Mais si !”, a-t-elle répondu.
Z’en pensez quoi vous ? Doit-on être un utilisateur pour comprendre les enjeux de l’informatique et des réseaux de nos jours ?
Edit du 26 juin : Techpresident a fait une revue de presse du phénomène “McCain et l’informatique” qui se répand de façon assez fulgurante sur le web, bien au-delà des rares participants physiques au Personal Democracy Forum, comme le rappelle Koz. Sachez aussi que John McCain a été plusieurs années à la tête de commissions du Congrès traitant de sujets relatifs à la technologie et aux réseaux. Il en saisit donc les enjeux sûrement mieux qu’on ne pourrait le croire.
juin
24
Selon les chiffres de la Federal Election Commission tout récemment compilés par ClickZ, Hillary Clinton aurait dépensé 508 400 $ en publicité online pour toute sa campagne 2007/2008. Ce montant est à comparer aux 3M$ d’investissements e-pub de Barack Obama de janvier à avril 2008.
Comme pour Obama, la majorité du budget (57%) a été investie en liens sponsorisés Google. Viennent ensuite des campagnes d’emailing à hauteur de 30%. Le reste a été dépensé sur Yahoo! (7%), le réseau publicitaire de blogs Blogads (5%) et Microsoft (1%). Le tableau ci-contre montre le fossé entre les deux candidats sur les budgets en valeurs absolues.
Il faut également noter que les dépenses en emailing du camp Obama sont encore inconnues.
La différence de puissance de frappe publicitaire a sans aucun doute contribué au résultat final des primaires démocrates. Pour comparer avec les médias traditionnels, Hillary Clinton a dépensé 46 M$ en télévision, contre 75 M$ pour Obama. Mais son budget publicitaire online représentait seulement 1% de ce montant, alors que son rival y a consacré 4%.
L’objectif du Search Marketing, auquel est consacré l’essentiel des budgets, est surtout de générer des inscriptions d’internautes et des donations. John McCain ferait des campagnes particulièrement performantes, puisqu’il générerait de 3$ à 4$ de dons pour chaque dollar investi en liens sponsorisés. On ignore les chiffres de conversion pour les autres candidats, mais les millions d’adresses collectées par Obama pourront être exploitées plus tard, et seront extrêmement utiles au parti Démocrate.
juin
22
Ségolène Royal est aujourd’hui l’une des personnalités politiques françaises à faire l’usage le plus intensif du web, alors que des anciens candidats comme François Bayrou ou Nicolas Sarkozy ont presque oublié Internet depuis la fin de la campagne présidentielle 2007.
Il y a quelques jours, l’équipe de la Ségosphère annoncait par e-mail le lancement de la nouvelle version du site Desirsdavenir.org, un peu délaissé depuis la présidentielle.
D’un point de vue esthétique et fonctionnel, cette nouvelle mouture est assez réussie, avec une jolie charte graphique, et une navigation claire et agréable. Destiné à être le navire amiral de la communication online de Ségolène, le site met en ligne agenda, discours, médias, et dispose de fonctionnalités spéciales pour les comités locaux ou les “jeunes d’avenir”.
Du côté des débats participatifs chers à Ségolène Royal, une rubrique permet aux internautes de s’exprimer sur certaines sujets. Seulement cinq sujets de dissertation pour l’instant, mais fort ambitieux, comme par exemple “Un Parti socialiste efficace et ouvert”. Tout un programme. Espérons d’ailleurs que cela finira par déboucher sur un programme.
Le site pointe également vers d’autres spots de l’univers web de Ségolène Royal:
- Un groupe Facebook - incoutournable en 2008 - qui compte un peu moins de 400 membres.
- Une galerie Flickr toute récente (10 juin), sur laquelle viennent d’être mises en lignes des photos de meetings remontant à la campagne présidentielle. Il faudra voir si cette galerie sera régulièrement alimentée.
- Une chaîne Dailymotion à peine plus ancienne (9 juin), qui regroupe déjà 265 vidéos mais seulement 34 fans.
- Un Skyblog créé en mars 2007, et non actualisé depuis octobre. Encore un Skyblog à l’abandon…
- Un article Wikipédia. Il est assez étrange de faire un lien vers l’encyclopédie collaborative, car elle est censée être neutre. Or, montrer ainsi que l’équipe web garde un oeil attentif sur ce qui est écrit à propos de Ségolène Royal ne rassure pas quant à la neutralité de Wikipédia.
A signaler également, une interview récente de Ségolène par plusieurs blogueurs politiques, dont Maxime Pasino, Marie-Isabelle Pichon, Dagrouik et Lt Casaldi. Dans une ambiance de goûter de mercredi après-midi, l’entretien fleure un peu l’amateurisme scolaire, face à une institutrice qui a l’air de s’ennuyer avec ces blogueurs “militants politiques modernes”, comme ils disent. De toutes façons, la prise de son est ratée. Bref, je vous en dispense.
Photographie de Richard Ying.
juin
20
L’encyclopédie collaborative Wikipédia figure aujourd’hui parmi les 10 premiers sites mondiaux (source Alexa), avec plus de 60 millions de visiteurs uniques chaque mois. Elle est devenue une source de renseignement quotidienne pour les internautes, squattant la première position de Google pour à peu près toutes les requêtes possibles et imaginables.
Cet Oracle du web est certes extraordinairement utile, et son système d’intelligence collaborative représente le meilleur du Web 2.0, mais son hégémonie implique de respecter une règle absolue de neutralité des articles. Il s’agit d’ailleurs de l’un des 5 principes fondateurs de l’encyclopédie.
Or, la puissance de Wikipédia en fait un immense terrain de bataille pour tous ceux qui veulent diffuser des informations selon leur point de vue, notamment sur les sujets politiques. Pendant le débat de l’entre deux tours de la présidentielle 2007, des partisans avaient modifié en direct l’article consacré à l’EPR, voulant faire croire que Nicolas Sarkozy avait raison en affirmant qu’il s’agissait d’un réacteur de 4ème génération.
Il y a aussi des sujets de discorde bien plus graves, qui se jouent de façon invisible pour le lecteur lambda. Le conflit israélo-arabe est l’un d’entre eux. Depuis des mois, deux groupes partisans opposés - CAMERA et Electronic Intifada - composés de volontaires, s’affrontent en ligne pour modifier à leur façon tous les articles impliquant des enjeux israéliens et arabes.
Selon Aish.com1, de nombreux biais anti-israéliens existent sur Wikipédia, sous 3 formes : vandalisme, fausses allégations et tentatives de marginaliser Israël. Ceci se traduit par exemple en essayant de définir Jérusalem comme “capitale de la Palestine”, ou plus sournoisement en mettant des liens vers des sources externes clairement antisémites dans des articles tels que “Egypte” ou “Camp David”, dont l’audience est considérable. Ou encore, sur la page consacrée aux “massacres de la guerre israélo-palestienienne de 1948″, en ne listant que ceux commis par les Israéliens.
Cette lutte souterraine connaît parfois des moments très tendus. Fin avril, des “accrochages” ont mené au bannissement de plusieurs membres de CAMERA, dénoncés par Electronic Intifada aux administrateurs de l’encyclopédie. L’histoire complète est à lire sur Aish.
Pour poursuivre votre réflexion, sachez que Valeurs Actuelles a publié récemment un papier sur les défauts de l’encyclopédie en ligne, et ce blog anti-Wikipédia en relève tout un catalogue.
Image : logo de Wikipédia modifié par le groupe anti-israélien Electronic Intifada.
- un portail communautaire juif, certes, mais dont l’article est indiscutablement argumenté et étayé [↑]
juin
18
Hier, Barack Obama a franchi la barre symbolique du million de supporters sur Facebook, ce qui le place très loin devant toutes les autres personnalités politiques présentes sur le réseau social. On ne connaît pas l’identité du millionième partisan, il ne pourra donc pas gagner son poids en chocolat.
Dans une note ce matin, le candidat démocrate se félicite de l’énergie de ses supporters sur le web, et les invite à se mobiliser encore plus pour sa campagne, par exemple en installant l’application Obama pour Facebook.
Quant à Hillary Clinton et John McCain, ils sont au coude-à-coude, avec respectivement 158 000 et 146 000 supporters. Mais McCain est sur une bonne tendance pour rattraper l’ex-candidate démocrate, qui stagne depuis son abandon de l’investiture face à Obama.
Voici un petit graphique de l’évolution du nombre de supporters des 3 candidats :
Source : Techpresident
juin
17
Un de ces jours, il faudra que je vous dresse une liste de mes sources d’information préférées pour les thèmes traités sur ce blog. L’une d’entre elle est sans hésitation PoliticsOnline, un site américain qui parle des mêmes sujets que Vicastel.net, mais en 10 fois mieux et 100 fois plus complet.
Or, PoliticsOnline et le Forum Mondial de l’e-démocratie (également une bonne source) lancent ces jours-ci la 9ème édition d’un concours pour élire les 10 personnalités les plus influentes dans le monde de la politique et d’Internet. Le fondateur de PoliticsOnline, Phil Noble, justifie son initiative de cette phrase bien sentie :
“The on and off-line world of politics are no longer separate realities…the leaders on the web are leading the world.”
Comme il a raison. Les candidats potentiels doivent répondre aux critères suivants:
- Personnalités qui agissent concrètement et efficacement dans le domaine de la politique en ligne et/ou de l’e-Gouvernment
- Organisations tournées vers l’avenir qui mènent sur le chemin de la révolution numérique
- Idées ou stratégies innovantes qui ont changé pour toujours le processus politique
Si vous connaissez des personnes correspondant à ce profil, ou si vous estimez vous-même pouvoir participer à cette compétition1, les dossiers doivent être soumis à cette adresse avant le 21 juillet. Une short-list sera ensuite proposée aux internautes le 28 juillet, qui seront invités à élire les 10 meilleurs.
Les gagnants du trophée remporteront… en fait, essentiellement leur quart d’heure de gloire, ainsi que des invitations au Forum Mondial de l’e-démocratie qui se tiendra en octobre à Issy-les-Moulineaux. Si cela vous intéresse, vous pouvez consulter la liste des vainqueurs 2007, en attendant de voter pour l’édition 2008.
- ne rigolez, je suis sûr que des gens comme Versac, Luc Mandret ou Birenbaum ne vont pas hésiter à se présenter…
[↑]
juin
16
Alors que Bertrand Delanoë provoque grincements de dents et vapeurs en faisant son coming-out de “libéral” de gauche, le parti Alternative Libérale - peu connu du grand public malgré ses 1500 adhérents… - veut surfer sur ce mini-événement pour se faire une petite notoriété. Il a donc lancé donc le site Question de Liberté, qui propose un quizz intitulé Êtes-vous un libéral qui s’ignore ?
Censé mesurer votre taux de libéralisme, au sens social et économique, ce questionnaire est l’occasion de faire découvrir le programme politique d’Alternative Libérale. La ficelle est un peu grosse : les questions sont tellement orientées qu’on devine qu’il faut cocher “tout à fait d’accord” à chaque fois pour “bien” répondre. A la fin, on est cordialement invité à lire le programme du parti, et si vous avez fait un gros score, vous pouvez même recevoir un diplôme du Petit Libéral. Cool.
juin
14
Nous tenons là probablement LA vidéo virale qui marquera le début sur Internet de la campagne générale de la présidentielle américaine - maintenant que les primaires sont terminées. Il s’agit d’un faux spot de campagne républicain, dans lequel des citoyens américains lambda expliquent pour quelle raison ils voteront républicain en novembre.
Selon Techpresident, I’m Voting Republican est l’exemple parfait de la vidéo politique virale efficace, pour 4 raisons :
- elle définit clairement qui est le candidat à battre
- elle établit clairement les raisons de voter contre ce candidat
- elle utilise le pouvoir de la satire pour délivrer les “mauvaises nouvelles” d’une façon positive
- elle s’est répandue dans la sphère des “first adopters” comme une traînée de poudre
C’est du second degré comme on l’aime, très bien vu, bien réalisé, totalement crédible. Lâchée sur Youtube il y a 3 jours, cette vidéo est actuellement en tête des charts avec plus de 730 000 visionnages. Un site dédié a aussi été mis en ligne, qui approfondit le message en argumentant chacun des points politiques traités dans le film, à charge contre le gouvernement Bush évidemment.
Derrière ce film se trouve une petite société de production de l’Arizona, SyntheticHuman Picture, dont le cœur penche certainement du côté d’Obama, mais qui doit aussi avoir bien compris l’opportunité qu’ils avaient de se faire un gros coup de pub en ces temps de cyber-campagne électorale. Pari réussi.
juin
13
Elles ne sont pas toujours diffusées par les médias traditionnels, qui relaient plus volontiers les altercations entre politiciens de partis opposés. Mais la politique est aussi le théâtre de scènes violentes entre élus du même camp : on en a vu (re)surgir plusieurs ces derniers temps, sur le web. Voici les meilleures scènes.
Ségolène royale. Lors d’une séance du conseil régional de Poitou-Charentes le 26 février dernier, une sérieuse altercation a éclaté entre la présidente (de région) Ségolène Royal et plusieurs membres de l’assemblée dont Jean-François Fountaine, lui-même socialiste. Cette scène, qui avait été diffusée à la télévision en février, est soudainement réapparue de manière opportune sur Internet il y a quelques semaines, au moment où l’ex-candidate annonce ses ambitions à la tête du Parti Socialiste.
Maxime Gremetz enragé. Décidément, les conseils ne se passent pas toujours dans une ambiance feutrée. Lors du conseil régional de Picardie le 28 avril dernier, le député communiste Maxime Gremetz en vient carrément aux mains avec ses homologues socialistes, qui tentent de lui faire quitter la salle. Observez la technique d’attaque très particulière de l’élu en costume
Christine Boutin, ministre du logement, et Claude Goasguen, maire UMP du 16ème arrondissement, se sont chamaillés en direct devant les journalistes le 11 juin, lors d’une visite de Christine Boutin venue inaugurer un centre d’hébergement pour SDF. Claude Goasguen revient sur cet épisode sur son blog.
Villepin sur la presse “pâtée pour chat”. Ce n’est pas une dispute, mais Dominique de Villepin a vivement critiqué la presse, et indirectement le président de la République, lors d’un débat organisé par Politique.net et Dauphine. Il dénonce “l’esprit de cour” et les industriels “partie prenante du jeu politique” (Le Figaro), qui seraient une “vérole pour la démocratie”. L’ancien premier ministre ne mâche pas ses mots, allant même jusque à trouver que la presse avait un plus grand esprit d’indépendance sous l’Empire. C’est évidemment son ennemi juré Nicolas Sarkozy qui est visé, et Dominique de Villepin se fait l’écho - à droite - de la critique selon laquelle les médias seraient fortement influencés par l’Elysée. Avec cette phrase désabusée, inquiétante car elle vient de quelqu’un qui sait de quoi il parle : “En politique, la transparence est toujours le maquillage de quelque chose.” Décidément, les hommes politiques ne sont jamais aussi passionnants que lorsqu’il sont retirés de la vie publique.
juin
7
On s’éloigne un peu des sujets habituels de ce blog, mais je voulais vous faire partager ma découverte du jour: des collections d’affiches de propagandes soviétique, chinoise et cubaine, des années 1930 jusqu’à la chute du Mur. Ces innombrables affiches placardées pendant 70 ans dans les pays communistes ont un intérêt artistique et historique certain.
Le blog A Soviet Poster A Day présente plus d’une centaine d’affiches soviétiques, avec des explications bien faites et détaillées. L’International Poster Gallery, l’International Institute of Social History et Soviet Posters ont également une belle collection d’affiches politiques, militaires et éducatives, mais malheureusement sans légende. L’occasion de découvrir à quel point la lutte contre l’alcoolisme est depuis toujours un sujet de préoccupation en Russie.
Le blog de Stefan Landsberger et l’International Institute of Social History disposent par ailleurs de belles collections de posters chinois et cubains.
Quelques trouvailles :
juin
6
Ca y est. Enfin. Au terme de 16 mois de bataille acharnée et surmédiatisée entre Hillary Clinton et Barack Obama, reléguant la campagne de John McCain dans les rubriques locales des journaux américains, c’est le sénateur de l’Illinois qui emporte la nomination démocrate. Premier homme politique noir à atteindre un poste aussi élevé, il a commencé cette compétition en tant que challenger, mais a bientôt bénéficié d’un extraordinaire engouement qui l’a lui-même dépassé, et qui a trouvé en particulier son essor sur Internet, auprès des jeunes.
Mardi 3 juin, Barack Obama a obtenu le seuil fatal de 2118 délégués, battant ainsi de facto l’ex-First Lady. Celle-ci n’a pas immédiatement concédé la victoire : ce n’est que le 5 juin qu’elle a officiellement admis sa défaite, dans un e-mail envoyé à ses militants en pleine nuit (mais on savait la candidate prête à se lever à 3 heures du matin). Voici un extrait1 de ce mail intitulé “I want you to know”:
Cher ami,
Je voulais que vous soyez parmi les premiers à le savoir : samedi je tiendrai une conférence à Washington pour remercier tous ceux qui ont soutenu ma campagne. Tout au long de ces 16 mois, j’ai eu le privilège d’être témoin de l’incroyable dévouement et du sacrifice de tant de gens qui ont travaillé pour la campagne. [...]
Samedi, j’adresserai mes félicitations au sénateur Obama et mon soutien à sa candidature. Ce fut une campagne longue et âpre, mais comme je l’ai toujours dit, mes différences avec le sénateur Obama sont petites comparées aux différences que nous avons avec le sénateur McCain et les Républicains. J’ai dit tout au long de la campagne que je supporterai entièrement le sénateur Obama s’il était nominé par le Parti Démocrate, et j’ai bien l’intention de tenir ma promesse.
Je vous ai fait - ainsi qu’à tous ceux qui m’ont soutenu - une promesse: me battre pour nos valeurs communes et ne jamais reculer. Je tiendrai cette promesse aujourd’hui, demain, et pour le reste de ma vie. [...]
Je ne pourrai jamais vous exprimer ma gratitude, alors laissez-moi simplement vous dire merci.
Quels commentaires peut-on faire de cet e-mail, à part que le style est un peu lourd2 ?
- C’est par un e-mail, et non lors d’une conférence de presse, que la nouvelle est annoncée en avant-première aux militants, preuve qu’Internet est devenu le moyen le plus direct de communiquer avec ses supporters dans cette campagne présidentielle. Une vidéo de remerciements avait aussi été mise en ligne le 4 juin, mais sans concéder officiellement la défaite.
- Hillary Clinton remercie avant tout ses militants, certainement de façon sincère, et aussi pour essayer de décrisper les clivages entre pro-Obama et pro-Hillary. De nombreux supporters disent qu’ils ne voteront jamais pour Obama, quoi qu’il arrive: regardez les centaines de commentaires sur le blog officiel, ou encore ce site de supporters d’Hillary qui voteront pour McCain. Or, l’objectif d’Hillary est maintenant de faire élire un démocrate à la Maison Blanche.
- Tant qu’il n’est pas mort physiquement, un politicien n’est pas mort politiquement. Hillary en a fait un précepte et n’emploie pas de mots tels que “défaite” ou “battue”. On parle de belle et longue campagne, de félicitations au vainqueur, d’avenir au service de l’Amérique, mais pas de défaite. Elle compte bien jouer encore un rôle important dans le Parti Démocrate (même si elle ne devient pas vice-présidente), et prépare déjà le terrain, un peu à la manière de Ségolène Royal après sa défaite présidentielle.
- C’est bien la première fois qu’Hillary envoie un e-mail sans demander au passage une contribution financière à sa campagne - et pour cause - mais le gros bouton “Contribute” est toujours présent en bas de l’e-mail. En effet, la campagne Clinton a laissé de grosses dettes qu’il va maintenant falloir rembourser. D’ailleurs, la page d’accueil du site officiel n’a pas non plus changé d’un iota, demandant toujours aux internautes de s’inscrire et de donner, sans faire mention de la nomination de Barack Obama.
- le texte intégral est disponible sur le site officiel de la campagne [↑]
- ma traduction y est probablement pour quelque chose [↑]
juin
2
Je vous bassine toutes les semaines avec des exemples concrets de l’importance que prend Internet dans la politique, et la façon dont ce nouveau média est apprivoisé par la presse traditionnelle. Eh bien, en voilà encore une illustration.
En partenariat avec Orange, Le Figaro (qui a décidément une longueur d’avance sur ses concurrents dans le domaine) lance “Le Talk”, une émission politique quotidienne exclusivement sur Internet. Diffusée en vidéo à 18 heures sur les deux sites ainsi que sur téléphone mobile, elle réunira des personnalités politiques de premier plan, à une heure où les auditeurs sont encore au bureau ou sur le chemin du retour. Le potentiel d’audience est de 5 millions de visiteurs, cette initiative n’a donc rien d’anecdotique.
Les dirigeants des deux groupes expliquent les raisons de la création du “Talk” :
Pour Orange, l’intérêt de l’opération est de proposer du contenu de qualité. «Je reste un opérateur de réseaux, mais pour faire vivre ces tuyaux, il faut que je les nourrisse, résume son PDG, Didier Lombard. Il y a, d’un côté, le meilleur des contenus avec Le Figaro, et de l’autre, le meilleur de la diffusion avec Orange. C’est du gagnant-gagnant. Le rôle d’Orange est d’être un amplificateur d’audience.»
Pour sa part, Le Figaro trouve là l’opportunité d’imposer davantage sa marque et d’élargir encore son audience. «L’imprimé et le Net sont complémentaires. Pour Le Figaro, Internet est une évidence», souligne Francis Morel, directeur général du groupe Figaro.
Le modèle économique de l’émission est entièrement basé sur l’audience. Les régies publicitaires des deux groupes commercialiseront les bannières sur leurs sites respectifs et les revenus du sponsoring seront partagés.
La première émission avait lieu ce soir, avec comme invité le premier ministre François Fillon. Le résumé de l’interview et l’archive de la vidéo étaient consultables juste après la fin de l’émission.






