Contribution de Ségolène Royal au congrès socialiste

Ségolène Royal a annoncé hier par e-mail que sa contribution – « notre » contribution selon ses termes – pour le Congrès des socialistes de novembre était maintenant disponible sur son site participatif dédié Congresutileetserein.com (lire mon billet à ce sujet). Dans quelle mesure les contributions des internautes ont été prises en compte dans la synthèse finale ? Ce n’est pas clair.

Quoi qu’il en soit, ce dossier en 7 points, qui est le fruit « d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques », sera remis au Parti Socialiste le 2 juillet. D’ici là, les adhérents peuvent le signer en ligne, ainsi que l’ont déjà fait des centaines de militants.

McCain vs Obama sur le web : PC vs Mac ?

Maintenant que John McCain sait enfin avec certitude sur lequel des deux candidats démocrates il doit tirer, il concentre le feu sur Barack Obama. Et pour mieux se faire entendre sur Internet face à l’hégémonique sénateur auréolé d’Obamania, le candidat républicain tente de l’affronter avec les mêmes armes. C’est ainsi que cette semaine, deux vidéos satiriques ont été parachutées sur le champ de bataille Youtube, dans l’espoir qu’elle buzzeront.

La première vidéo est une imitation du générique de Dr No. McCain veut montrer que le programme de son adversaire en matière d’énergie n’est pas cohérent. Pas sûr que les internautes se sentiront très concernés par des références aussi anciennes que le premier des James Bond, qui date de 1962. Le dernier clip de Weezer, Pork and Beans, qui reprend à son compte trois ans de « culture Youtube », aurait pu être une meilleure source d’inspiration. La vidéo Dr No a été vue 48 000 fois pour le moment.

La seconde vidéo, Words, met Barack Obama face à ses contradictions sur le sujet du financement public de la campagne présidentielle, auquel il a renoncé il y a 10 jours sous le prétexte que le système était « cassé ». En fait, ce choix est tactique et lui permettra de récolter beaucoup plus de fonds grâce aux innombrables dons privés collectés essentiellement par Internet. 37 000 visionnages pour l’instant.

Vous connaissez l’excellente saga des pubs « Mac vs PC » ? Eh bien McCain sur le web me fait penser à « PC » un peu coincé qui essaierait d’imiter la cool attitude de « Mac » Obama. Histoire de se quitter sur une note drôlatique, voici un florilège.

E-martyr dans les cyber-brigades islamistes

Signe des temps et preuve de la virtualisation1 des champs de bataille – jusqu’à un certain point, vous diront les victimes des guerres – le mouvement jihadiste palestinien a annoncé la création d’une division de cyber-combattants parmi les Brigades Al-Quds. Il s’agit d’une réponse à des années d’attaques de hackers israéliens contre les sites des mouvements islamistes.

Leur porte-parole Abu Hamza déclare que ces cyber-brigades doivent « combattre l’ennemi sur les médias électroniques, et résister aux assauts des deux fronts, physique et virtuel ». Celles-ci auraient déjà des faits d’armes : les journaux israéliens Yediot Ahronot et Maariv auraient été hackés, et des photos de martyrs mis en ligne à la place de leur contenu habituel. Le responsable de Yediot Ahronot dément que son site ait été mis à mal, même s’il reconnaît subir des tentatives fréquentes. Les pirates israéliens, eux, avaient l’habitude d’uploader des photos « indécentes » sur les sites infiltrés…

Là où l’affaire est beaucoup plus sérieuse, c’est que les attaques virtuelles pourraient devenir préalables aux assauts physiques réels, affaiblissant les réseaux de communication israéliens juste avant la vraie attaque. Et même de façon passive : les islamistes utilisent Google Earth pour repérer les colonies israéliennes frontalières avant d’y envoyer des roquettes.

  1. voir aussi mon récent billet sur la neutralité de Wikipédia []

Faut-il savoir utiliser un ordinateur pour diriger un pays ?

On n’a pas forcément besoin de savoir utiliser un ordinateur pour comprendre comment cela structure le pays.

C’est ce qu’a répondu Marc Soohoo, responsable de la campagne web de John McCain, à Tracy Russo, ancienne blogueuse un brin agressive de l’éphémère candidat démocrate John Edwards, lors du Personal Democracy Forum. En anglais « You don’t necessarily have to use a computer to understand how it shapes the country ». « Mais si ! », a-t-elle répondu.

Z’en pensez quoi vous ? Doit-on être un utilisateur pour comprendre les enjeux de l’informatique et des réseaux de nos jours ?

Edit du 26 juin : Techpresident a fait une revue de presse du phénomène « McCain et l’informatique » qui se répand de façon assez fulgurante sur le web, bien au-delà des rares participants physiques au Personal Democracy Forum, comme le rappelle Koz. Sachez aussi que John McCain a été plusieurs années à la tête de commissions du Congrès traitant de sujets relatifs à la technologie et aux réseaux. Il en saisit donc les enjeux sûrement mieux qu’on ne pourrait le croire.

Hillary a peu dépensé en publicité online

Selon les chiffres de la Federal Election Commission tout récemment compilés par ClickZ, Hillary Clinton aurait dépensé 508 400 $ en publicité online pour toute sa campagne 2007/2008. Ce montant est à comparer aux 3M$ d’investissements e-pub de Barack Obama de janvier à avril 2008.

Comme pour Obama, la majorité du budget (57%) a été investie en liens sponsorisés Google. Viennent ensuite des campagnes d’emailing à hauteur de 30%. Le reste a été dépensé sur Yahoo! (7%), le réseau publicitaire de blogs Blogads (5%) et Microsoft (1%). Le tableau ci-contre montre le fossé entre les deux candidats sur les budgets en valeurs absolues.

Il faut également noter que les dépenses en emailing du camp Obama sont encore inconnues.

La différence de puissance de frappe publicitaire a sans aucun doute contribué au résultat final des primaires démocrates. Pour comparer avec les médias traditionnels, Hillary Clinton a dépensé 46 M$ en télévision, contre 75 M$ pour Obama. Mais son budget publicitaire online représentait seulement 1% de ce montant, alors que son rival y a consacré 4%.

L’objectif du Search Marketing, auquel est consacré l’essentiel des budgets, est surtout de générer des inscriptions d’internautes et des donations. John McCain ferait des campagnes particulièrement performantes, puisqu’il générerait de 3$ à 4$ de dons pour chaque dollar investi en liens sponsorisés. On ignore les chiffres de conversion pour les autres candidats, mais les millions d’adresses collectées par Obama pourront être exploitées plus tard, et seront extrêmement utiles au parti Démocrate.

Actu web de Ségolène Royal

Ségolène Royal est aujourd’hui l’une des personnalités politiques françaises à faire l’usage le plus intensif du web, alors que des anciens candidats comme François Bayrou ou Nicolas Sarkozy ont presque oublié Internet depuis la fin de la campagne présidentielle 2007.

Il y a quelques jours, l’équipe de la Ségosphère annoncait par e-mail le lancement de la nouvelle version du site Desirsdavenir.org, un peu délaissé depuis la présidentielle.

D’un point de vue esthétique et fonctionnel, cette nouvelle mouture est assez réussie, avec une jolie charte graphique, et une navigation claire et agréable. Destiné à être le navire amiral de la communication online de Ségolène, le site met en ligne agenda, discours, médias, et dispose de fonctionnalités spéciales pour les comités locaux ou les « jeunes d’avenir ».

Du côté des débats participatifs chers à Ségolène Royal, une rubrique permet aux internautes de s’exprimer sur certaines sujets. Seulement cinq sujets de dissertation pour l’instant, mais fort ambitieux, comme par exemple « Un Parti socialiste efficace et ouvert ». Tout un programme. Espérons d’ailleurs que cela finira par déboucher sur un programme.

Le site pointe également vers d’autres spots de l’univers web de Ségolène Royal:

  • Un groupe Facebook – incoutournable en 2008 – qui compte un peu moins de 400 membres.
  • Une galerie Flickr toute récente (10 juin), sur laquelle viennent d’être mises en lignes des photos de meetings remontant à la campagne présidentielle. Il faudra voir si cette galerie sera régulièrement alimentée.
  • Une chaîne Dailymotion à peine plus ancienne (9 juin), qui regroupe déjà 265 vidéos mais seulement 34 fans.
  • Un Skyblog créé en mars 2007, et non actualisé depuis octobre. Encore un Skyblog à l’abandon…
  • Un article Wikipédia. Il est assez étrange de faire un lien vers l’encyclopédie collaborative, car elle est censée être neutre. Or, montrer ainsi que l’équipe web garde un oeil attentif sur ce qui est écrit à propos de Ségolène Royal ne rassure pas quant à la neutralité de Wikipédia.

A signaler également, une interview récente de Ségolène par plusieurs blogueurs politiques, dont Maxime Pasino, Marie-Isabelle Pichon, Dagrouik et Lt Casaldi. Dans une ambiance de goûter de mercredi après-midi, l’entretien fleure un peu l’amateurisme scolaire, face à une institutrice qui a l’air de s’ennuyer avec ces blogueurs « militants politiques modernes », comme ils disent. De toutes façons, la prise de son est ratée. Bref, je vous en dispense.

Photographie de Richard Ying.

Wikipédia antisémite ?

L’encyclopédie collaborative Wikipédia figure aujourd’hui parmi les 10 premiers sites mondiaux (source Alexa), avec plus de 60 millions de visiteurs uniques chaque mois. Elle est devenue une source de renseignement quotidienne pour les internautes, squattant la première position de Google pour à peu près toutes les requêtes possibles et imaginables.

Cet Oracle du web est certes extraordinairement utile, et son système d’intelligence collaborative représente le meilleur du Web 2.0, mais son hégémonie implique de respecter une règle absolue de neutralité des articles. Il s’agit d’ailleurs de l’un des 5 principes fondateurs de l’encyclopédie.

Or, la puissance de Wikipédia en fait un immense terrain de bataille pour tous ceux qui veulent diffuser des informations selon leur point de vue, notamment sur les sujets politiques. Pendant le débat de l’entre deux tours de la présidentielle 2007, des partisans avaient modifié en direct l’article consacré à l’EPR, voulant faire croire que Nicolas Sarkozy avait raison en affirmant qu’il s’agissait d’un réacteur de 4ème génération.

Il y a aussi des sujets de discorde bien plus graves, qui se jouent de façon invisible pour le lecteur lambda. Le conflit israélo-arabe est l’un d’entre eux. Depuis des mois, deux groupes partisans opposés – CAMERA et Electronic Intifada – composés de volontaires, s’affrontent en ligne pour modifier à leur façon tous les articles impliquant des enjeux israéliens et arabes.

Selon Aish.com1, de nombreux biais anti-israéliens existent sur Wikipédia, sous 3 formes : vandalisme, fausses allégations et tentatives de marginaliser Israël. Ceci se traduit par exemple en essayant de définir Jérusalem comme « capitale de la Palestine », ou plus sournoisement en mettant des liens vers des sources externes clairement antisémites dans des articles tels que « Egypte » ou « Camp David », dont l’audience est considérable. Ou encore, sur la page consacrée aux « massacres de la guerre israélo-palestienienne de 1948 », en ne listant que ceux commis par les Israéliens.

Cette lutte souterraine connaît parfois des moments très tendus. Fin avril, des « accrochages » ont mené au bannissement de plusieurs membres de CAMERA, dénoncés par Electronic Intifada aux administrateurs de l’encyclopédie. L’histoire complète est à lire sur Aish.

Pour poursuivre votre réflexion, sachez que Valeurs Actuelles a publié récemment un papier sur les défauts de l’encyclopédie en ligne, et ce blog anti-Wikipédia en relève tout un catalogue.

Image : logo de Wikipédia modifié par le groupe anti-israélien Electronic Intifada.

  1. un portail communautaire juif, certes, mais dont l’article est indiscutablement argumenté et étayé []

Obama a 1 million de supporters sur Facebook

Hier, Barack Obama a franchi la barre symbolique du million de supporters sur Facebook, ce qui le place très loin devant toutes les autres personnalités politiques présentes sur le réseau social. On ne connaît pas l’identité du millionième partisan, il ne pourra donc pas gagner son poids en chocolat.
Dans une note ce matin, le candidat démocrate se félicite de l’énergie de ses supporters sur le web, et les invite à se mobiliser encore plus pour sa campagne, par exemple en installant l’application Obama pour Facebook.

Quant à Hillary Clinton et John McCain, ils sont au coude-à-coude, avec respectivement 158 000 et 146 000 supporters. Mais McCain est sur une bonne tendance pour rattraper l’ex-candidate démocrate, qui stagne depuis son abandon de l’investiture face à Obama.

Voici un petit graphique de l’évolution du nombre de supporters des 3 candidats :

Source : Techpresident

Les 10 personnalités qui changent la politique et Internet

Un de ces jours, il faudra que je vous dresse une liste de mes sources d’information préférées pour les thèmes traités sur ce blog. L’une d’entre elle est sans hésitation PoliticsOnline, un site américain qui parle des mêmes sujets que Vicastel.net, mais en 10 fois mieux et 100 fois plus complet.

Or, PoliticsOnline et le Forum Mondial de l’e-démocratie (également une bonne source) lancent ces jours-ci la 9ème édition d’un concours pour élire les 10 personnalités les plus influentes dans le monde de la politique et d’Internet. Le fondateur de PoliticsOnline, Phil Noble, justifie son initiative de cette phrase bien sentie :

« The on and off-line world of politics are no longer separate realities…the leaders on the web are leading the world. »

Comme il a raison. Les candidats potentiels doivent répondre aux critères suivants:

  • Personnalités qui agissent concrètement et efficacement dans le domaine de la politique en ligne et/ou de l’e-Gouvernment
  • Organisations tournées vers l’avenir qui mènent sur le chemin de la révolution numérique
  • Idées ou stratégies innovantes qui ont changé pour toujours le processus politique

Si vous connaissez des personnes correspondant à ce profil, ou si vous estimez vous-même pouvoir participer à cette compétition, les dossiers doivent être soumis à cette adresse avant le 21 juillet. Une short-list sera ensuite proposée aux internautes le 28 juillet, qui seront invités à élire les 10 meilleurs.

Les gagnants du trophée remporteront… en fait, essentiellement leur quart d’heure de gloire, ainsi que des invitations au Forum Mondial de l’e-démocratie qui se tiendra en octobre à Issy-les-Moulineaux. Si cela vous intéresse, vous pouvez consulter la liste des vainqueurs 2007, en attendant de voter pour l’édition 2008.

Seriez-vous libéral sans le savoir ?

Alors que Bertrand Delanoë provoque grincements de dents et vapeurs en faisant son coming-out de « libéral » de gauche, le parti Alternative Libérale – peu connu du grand public malgré ses 1500 adhérents… – veut surfer sur ce mini-événement pour se faire une petite notoriété. Il a donc lancé donc le site Question de Liberté, qui propose un quizz intitulé Êtes-vous un libéral qui s’ignore ?

Censé mesurer votre taux de libéralisme, au sens social et économique, ce questionnaire est l’occasion de faire découvrir le programme politique d’Alternative Libérale. La ficelle est un peu grosse : les questions sont tellement orientées qu’on devine qu’il faut cocher « tout à fait d’accord » à chaque fois pour « bien » répondre. A la fin, on est cordialement invité à lire le programme du parti, et si vous avez fait un gros score, vous pouvez même recevoir un diplôme du Petit Libéral. Cool.