déc
6
Franchissant un pas supplémentaire vers une démocratie directe1 participative mondiale, CNN et Youtube ont spécialement mis en place une chaîne Youtube, pour permettre aux citoyens-acteurs que nous sommes tous de poser leurs questions directement aux dirigeants lors du sommet climatique de Copenhague, la semaine prochaine. Si votre question est sélectionnée, le monde entier pourra voir votre trombine sur CNN le 15 décembre, avec réponse des dirigeants en direct. Pour les francophones, vous passerez au 19/20 de France 3…
Google, qui s’investit décidément beaucoup dans la lutte contre le réchauffement climatique, ne serait-ce qu’en termes de communication, a également préparé un petit dossier spécial Copenhague, où l’idée est de pouvoir constater les changements sur notre belle planète depuis leur outil Google Earth. Arnold Schwarzenegger et Al Gore se sont même fendus d’une petite intervention.
- Trop dangereux [↑]
nov
22
Dans une relative indifférence pour le moment, un nouveau « Gate » a éclos cette semaine, qui risque pourtant de faire de gros remous dans le bain scientifico-politico-médiatique, à deux semaines de la conférence de Copenhague. Il se nomme le « ClimateGate » (une page Wikipédia officialise déjà le terme).
En deux mots : vendredi 20 novembre, des hackers ont pris possession et diffusé sur Internet plus de 4500 fichiers de travail et e-mails échangés depuis 10 ans par des scientifiques faisant autorité en matière de réchauffement climatique. Vous pouvez les voir ici. Bien qu’il soit trop tôt pour avoir pu dégager une synthèse de cette masse de documents, les premiers observateurs constatent que la communauté aurait fait collusion pour dénoncer d’une voix unanime l’implication de l’homme dans le réchauffement climatique. Quitte à s’arranger un peu avec la rigueur scientifique, et à orienter certains éléments au profit de la thèse dominante. Ainsi, les conclusions d’études aux résultats indécis auraient été accentuées dans le bon sens, et des éléments pouvant aller à l’encontre de la « pensée unique » auraient été passés sous silence. La parfaite concordance des voix des spécialistes en la matière cacherait donc de petits arrangements internes.
Le débat sur le réchauffement climatique étant en effet devenu un enjeu politique majeur depuis plusieurs années, les subventions de recherche à la clé sont considérables. On comprend donc où est l’intérêt de toute la communauté. On saura prochainement dans quelle mesure ces documents sont vraiment embarrassants ou anecdotiques, mais la communauté scientifique risque de perdre une partie de son capital crédibilité en prenant part aux manoeuvres politiques.
Edit du 23 novembre : des éléments d’analyse supplémentaire dans cet article du Monde
juin
17
Pour sacrifier à la tradition des blogs qui parlent de sites qui parlent d’autres blogs (heureusement que la presse ne fonctionne pas comme cela, l’intérêt des articles en serait limité), je vous signale cet article du Figaro.fr qui fait le point sur la couverture online des événéments consécutifs à l’élection présidentielle iranienne. Y sont recensés des comptes Twitter, des vidéos Youtube et des blogs qui racontent de l’intérieur les émeutes iraniennes.
Si Internet avait existé en 1968, le Printemps de Prague aurait-il connu le même dénouement tragique ? Et mai 68 aurait-il eu la même force si nos jeunes parents avaient pu exprimer en ligne leurs frustations contre la France gaulliste ?
jan
30
Loïc Le Meur, présent au forum mondial de Davos, perçoit un frémissement qui pourrait aboutir à l’émergence d’un nouveau socialisme, un « socialisme 2.0″.
août
12
Suite au piratage par les Russes du site du Ministère des Affaires Étrangères, le gouvernement géorgien a décidé de se réfugier sur Blogspot, la plateforme de blogs de Google ! Très simple à mettre en place et mieux sécurisé, Blogspot offre une solution de secours pour assurer la continuité de l’information gouvernementale aux citoyens.
Le nouveau site officiel du Ministère des Affaires Étrangères géorgien est donc accessible sur http://georgiamfa.blogspot.com/. Il est actualisé en permanence pour rendre compte de l’évolution de la situation dans le pays.
août
11
Le théâtre des terribles combats qui ont opposé cette semaine les forces géorgiennes et russes s’étend aussi au monde virtuel. Pas dans Counter Strike mais sur le web : plusieurs grands sites géorgiens ont été attaqués, devenant inaccessibles ou affichant de la propagande pro-russe.1
La page d’accueil du site du Ministère des Affaires Etrangères a ainsi été remplacée pendant quelques heures par des images dépeignant le président géorgien comme un nazi. Par ailleurs, des réseaux de serveurs commerciaux importants subissent des « floods » massifs depuis plusieurs jours, ce qui perturbe très fortement le trafic.
La Russie possède de nombreux hackers chevronnés, et la coordination de cette cyber-attaque en rappelle d’autres, récentes, contre d’anciennes républiques soviétiques. En 2007, en raison de tensions politiques, la Lituanie et l’Estonie en avaient eux aussi fait les frais. L’Estonie a d’ailleurs annoncé qu’elle allait dépêcher des experts en sécurité informatique pour prêter main forte à la Géorgie.
- Source : Washington Post [↑]
août
11
Reporters Sans Frontières ne relâche pas ses efforts pour dénoncer le régime chinois à l’occasion des JO de Pékin, et ce combat prend de plus en plus d’importance sur le web. Après avoir été hackés jeudi dernier, RSF riposte en appelant à cyber-manifester devant le Stade Olympique de Pékin.
C’est beaucoup plus facile que de prendre un billet d’avion pour aller sur place. Il vous suffit de vous inscrire sur le site et de choisir une banderole à brandir à l’écran : « Libérez les prisonniers olympiques », « Oui au sport, non à la répression », « Pas de fête olympique sans liberté »… En me connectant ce soir, j’ai constaté 16 723 manifestants virtuels.
L’impact de ce genre d’événement auprès des autorités chinoises est à mon avis strictement nul. Un peu comme si on essayait de repousser l’invasion russe en Géorgie en jouant à Counter Strike.
août
7
L’AFP rapporte que le site de Reporters Sans Frontières a été piraté aujourd’hui, à la veille de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin. Etant donné le militantisme médiatique de RSF contre les privations de liberté en Chine, il ne fait guère de doute que ce piratage est politique.
Selon des responsables de l’organisation, la provenance de l’attaque serait Taïwan, mais « de bons hackers peuvent la falsifier ». Suivez mon regard… D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que RSF est victime de cyber-attaques ces derniers mois.
août
2
Oui bien sûr, ils ont des têtes un peu kitsch. Et pourtant, vous avez tort de vous moquer, car cette image est tirée du site Yeh Hum Naheen. Il ne s’agit pas de la Star Ac’ locale, mais d’une ONG pakistanaise pour lutter contre le terrorisme dans le pays, qui a fait 2000 morts l’an dernier.
Le site a été lancé le 11 juillet pour recueillir des signatures en ligne, et a connu un impressionnant succès grâce à une promotion en presse et télévision. Le compteur dépasse déjà les 36 millions de signatures, ce qui en fait la plus grande pétition jamais réalisée sur Internet, bien au-delà de l’initiative pour le Tibet.
« Yeh Hum Naheen » signifie « Ce n’est pas nous » en pakistanais. Si vous êtes fan, sachez qu’un single avait vu le jour l’été dernier, et qu’un groupe Facebook et une page Myspace existent.
juil
25
Le Nouvel Obs rapporte qu’au Zimbabwe, Internet et les téléphones mobiles sont aujourd’hui le meilleur vecteur d’expression pour les opposants au régime autoritaire de Robert Mugabe. La presse et les médias traditionnels étant muselés, c’est à travers les nouvelle technologies que tente de se faire entendre la voix populaire.
L’ONG Kubatana a pour mission de fournir ces moyens d’expression : elle publie les billets de 13 blogueurs zimbabwéens dissidents, et envoie des SMS à 3800 abonnés. Des indépendants, comme le blog This is Zimbabwe ont aussi une certaine influence. Lorsque ce blog a lancé une campagne contre une entreprise allemande qui produit le papier de la monnaie nationale – une monnaie de singe – l’affaire a été reprise par les médias et la société a cessé de traiter avec le Zimbabwe. Des images volées comme celles d’un cadavre mutilé sont également publiées – toujours anonymement, par peur des représailles.
juil
20
Le président russe Dmitri Medvedev (42 ans) a prévenu son personnel gouvernemental que ceux qui ne savent pas encore se servir d’un ordinateur devront apprendre rapidement, sous peine d’être renvoyés. « Nous n’embauchons pas de gens qui ne savent pas lire ou écrire. C’est pareil pour l’utilisation d’un ordinateur. » a-t-il déclaré vendredi.
L’une des missions prioritaires du nouveau président est de moderniser la Russie et de lutter contre la corruption. Selon lui, si l’administration mettait en ligne contrats et documents officiels, cela permettrait d’être plus transparent et donc de diminuer le nombre d’irrégularités. « Le développement des technologies de l’information a un impact direct sur la croissance de la science et des technologies, sur l’efficacité de la gestion étatique et même sur le système politique, facilitant l’accès aux ressources et le développement démocratique », affirme-t-il même.
Mais depuis des années, l’évolution de l’administration est très lente, malgré une volonté politique de mettre en place un « Gouvernement électronique » d’ici 2010. L’incompétence du personnel à utiliser les outils informatiques serait l’une des premières raisons de cette lenteur.
La Russie est aujourd’hui le pays le moins connecté d’Europe, avec seulement 12% de la population qui utilise régulièrement Internet, mais l’augmentation du nombre d’internautes est très rapide.
juil
17
L’Inde compte actuellement plus de 665 millions de jeunes de moins de 35 ans, dont 100 millions seront l’an prochain en âge de voter pour la première fois. Celui qui saura convaincre la majorité de ce gigantesque corps électoral aura des chances d’être élu premier ministre.
L.K. Advani, candidat nationaliste Hindou de 81 ans, l’a bien compris et veut utiliser au maximum Internet dans sa campagne pour les élections de mai 2009. Il a donc mis sur pied une petite équipe composée d’analystes informatiques, de stratèges politiques et de managers, ayant pour mission d’étudier la stratégie Internet de Barack Obama et de se l’approprier pour communiquer de façon moderne auprès des jeunes Indiens. Sites web, blogs, vidéos sur Youtube, emailings, tous les leviers online seront analysés et éventuellement copiés. Les 185 millions de téléphones mobiles indiens (un chiffre qui augmente de 5,5 millions chaque mois) seront également un vecteur privilégié pour la communication d’Advani.
Cependant, le succès d’Obama auprès des jeunes ne repose pas seulement sur l’outil Internet, mais sur son charisme et sur l’image de nouveauté qu’il incarne profondément. Un vétéran avec 60 ans de politique au compteur pourra-t-il connaître le même succès simplement en utilisant les nouvelles technologies pour s’adresser aux jeunes ? Peu probable.
juin
1
Les dirigeants communistes chinois n’ont jamais été réputés pour leur accessibilité et leur proximité avec les citoyens. Contrairement à leurs homologues scandinaves, on ne souvient pas d’avoir vu des membres du gouvernement révolutionnaire faire leurs courses chez Ikea un samedi après-midi, ni prendre le bus pour se rendre au Parlement.
Et pourtant, il se pourrait bien le premier ministre chinois Wen Jia-bao soit en train de donner une leçon de communication (démagogie ?) politique à ses confrères occidentaux en s’inscrivant sur Facebook le 14 mai dernier. Ce n’est pas un imposteur – certains ont essayé au Maroc, ils ont eu des problèmes -, il s’agit réellement de la page du premier ministre.
Sa popularité étant décuplée depuis sa gestion de la catastrophe du tremblement de terre, Wen Jia-bao a connu une impressionnante augmentation de son nombre d’amis : 14 000 le 28 mai, 20 000 le 29 mai, et plus de 41 000 ce 1er juin, ce qui le hisse à la 6ème place des politiciens les plus populaires sur Facebook, devant Arnold Schwarzenegger, Nicolas Sarkozy ou George W. Bush ! Barack Obama doit commencer à regarder dans son rétroviseur pour surveiller ce concurrent venu de l’autre bout du monde… Et comme les internautes chinois sont maintenant plus nombreux que les américains, il est théoriquement possible que « Grand-père Wen » prenne un jour la 1ère place du podium.
Sur son « wall », près de 6000 messages, dont beaucoup postés par des Occidentaux, mais aucun qui ne soit trop critique. De nombreuses personnes plaident même pour l’attribution du Prix Nobel de la paix à Wen Jia-bao, à tel point que leur appel commence à être entendu. Voici un nouvel exemple de la façon dont le gouvernement chinois utilise Internet à son avantage, en censurant lorsque c’est nécessaire mais surtout en encourageant les manifestations de soutien. Allez, même pas cap’ de « poker » le premier ministre chinois !
mai
27
Parfaite transition pour mon retour de vacances : le gouvernement thaïlandais menace de fermer 29 sites coupables d’offense au roi Bhumibol Adulyadej. La police a convoqué les responsables de ces sites accusés d’insulte à la monarchie, dont Prachataï, Fah Diew Kan et Hi-thaksin.net.
La Thaïlande n’en n’est pas à sa première censure du web : Youtube avait été bloqué 4 mois l’an dernier, le temps que Google accepte de retirer des vidéos parodiques mettant en scène le roi à côté d’un pied. Pour un Français, ça n’a l’air de rien – notre président de la République est bousculé bien plus durement chaque jour – mais les Thaïlandais ont un grand respect pour leur roi, souvent considéré comme un demi-dieu, et ont un immense dégoût pour les pieds. Selon leur tradition, il s’agit de la partie la plus sale et la moins noble du corps, car elle touche terre. Comparer quelqu’un à un pied est donc une terrible insulte. Et sachant que le crime de lèse-majesté est passible de 15 ans de prison, les webmasters incriminés doivent être dans leurs petits souliers.
Par ailleurs, le Computer Crim Act voté en juillet 2007 a conduit à la mise en place d’un numéro court (le 1111) pour permettre à chaque citoyen de dénoncer un site web jugé trop taquin à l’endroit du souverain. Aujourd’hui en Thaïlande, il est donc simple comme bonjour de faire fermer un site politique un peu trop critique.
mai
7
La jeune cubaine Yoani Sanchez, qui tient à travers son blog Generation Y une chronique élégante et piquante de la difficile vie quotidienne sous le régime castriste, a reçu le mois dernier le prestigieux prix espagnol de journalisme Ortega y Gasset. Le quotidien El Pais lui a décerné cette distinction en raison de l’ »ingéniosité » dont elle fait preuve en surmontant les entraves à la liberté d’expression à Cuba, de son style « vivace » et de sa volonté de rejoindre « l’espace mondial du journalisme citoyen ».
Generation Y – ainsi nommé en référence au goût des Cubains pour les prénoms en Y – est le blog cubain le plus populaire, avec plus d’un million de visites mensuelles, principalement depuis l’étranger. Son poids politique est tel que Yoani Sanchez a été classée par le Times parmi les 100 personnalités les plus influentes en 2008. Un bel exemple pour la blogosphère !
Agée de 32 ans, philologue de formation, Yoani avoue avoir créé son blog pour « exprimer ses frustrations » – et faire connaître des aspects de la vie à Cuba qui ne sont jamais abordés dans la presse officielle, entièrement aux mains de l’Etat. Selon elle, recevoir ce prix « montre que les blogs cubains peuvent constituer une source parallèle d’informations, de réflexions et d’opinions indépendants des médias officiels de Cuba ». La liberté d’expression sous le régime communiste est en effet toujours aussi limitée, et tenir un blog politique est pour le moins sportif. Pour mettre en ligne des articles, la jeune femme doit se déguiser en touriste et se glisser dans des hôtels de La Havane permettant aux étrangers de surfer sur Internet. Car à Cuba, seuls les étrangers et quelques privilégiés (fonctionnaires et universitaires) ont accès au web. Et c’est seulement le mois dernier que le président Raul Castro a autorisé les Cubains à posséder un ordinateur et du matériel électronique, même si cette mesure ne fait que légaliser une situation déjà répandue grâce au marché noir.
Yoani Sanchez devait se rendre à Madrid ces prochains jours pour recevoir le prix Ortega y Gasset, mais elle a appris aujourd’hui que les autorités ne lui délivreraient pas d’autorisation de sortie du territoire. Elle a donc annulé son voyage. Selon la blogueuse, ce refus « va donner lieu à la chronique la plus pertinente sur la réalité cubaine que j’aurai écrite en 13 mois : que je ne puisse pas assister à la remise du prix, cela parle tout seul ».
