juliendray 150x150Sur son blog qu’il continue d’alimenter régulièrement, Julien Dray s’est plaint la semaine dernière de la déformation et de la diffusion sur Internet de propos qu’il a récemment tenus dans une émission sur Public Sénat à propos de Charles Pasqua.

Selon lui, le point de départ est une dépêche AFP mal orientée, mais les autres maillons de la chaîne sont sur le web : un article sur le site du nouvelobs.com, puis le blogueur Marc Vasseur.

Son interprétation est intéressante :

Je prends le soin de récapituler cet itinéraire, car il permet de comprendre comment se construisent les fausses rumeurs et les informations déformées, qui occupent une place croissante dans la presse en ligne, et dont j’ai eu à souffrir plus d’une fois dans mon « affaire ».

Au final, nous retrouvons un cas de figure qui devient assez classique : Internet est perçu comme une « machine à fabriquer des polémiques » (l’expression est d’Alain Duhamel).

Pourtant, la plupart des vrais gros buzz prennent leur source dans les médias traditionnels (ou du moins dans la version online de titres de presse traditionnelle) : Leparisien.fr pour « Casse-toi pauv’con », ou Public Sénat et Lemonde.fr pour les propos d’Hortefeux, par exemple. Internet n’est généralement pas à l’origine de ces informations, même si force est de reconnaître qu’il les a considérablement diffusées et amplifiées.

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geek politiqueOn s’en souvient, Nicolas Princen Sarkozy avait (re)lancé fin mai sa page Facebook, sur le ton détendu qui est de mise sur le web. On y apprenait ainsi qu’il avait lu deux livres et vu un film de Charlie Chaplin. Depuis le 22 mai, pourtant, les 162 000 groupies du Chef de l’Etat (on en a tous quelques uns parmi ses friends, avouez) sont restés sur leur faim, car seulement 8 mises à jour ont été publiées sur son mur.

Pourtant, le geek qui sommeille en notre Président se réveille avec les frimas de l’automne : à l’occasion du prochain sommet de Copenhague, consacré au réchauffement climatique, il ouvrira un compte Twitter pour nous rendre compte à chaque instant de l’avancement des négociations internationales. Vous imaginiez déjà Nicolas Sarkozy en train de se cacher sous son pupitre ou derrière Angela Merkel pour twitter frénétiquement sur son Blackberry ? Naïf que vous êtes ! Franck Louvrier nous avoue en réalité que « le président n’utilisera pas lui-même Twitter, mais on détaillera sa démarche tout au long du sommet et l’évolution des négociations ». Dommage.

Mais ce n’est pas tout : entraînée par la fièvre technologique de son mari, Carla Bruni-Sarkozy a inauguré aujourd’hui son propre site, carlabrunisarkozy.org. Non, vous ne pourrez pas y écouter des extraits de son dernier album culte, car il y avait déjà un site pour Carla Chanteuse. Cette fois, c’est de Carla Première Dame de France qu’il s’agit. Manque de chance, elle a du se faire recommander son hébergeur par Ségolène Royal, car ce soir, le site était tombé en raison d’un trop grand nombre de connexions.

En revanche, à Dominique de Villepin, Ségolène Royal n’a peut-être pas refourgué son hébergeur, mais certainement sa géniale inspiration graphique. Etrangement intitulé VillepinCom.net – « Com » pour « communauté » et non pas « communication » – c’est d’une plateforme communautaire qu’il s’agit, comme le confirme Brigitte Girardin, à l’origine de ce petit chef d’oeuvre du web. C’est vrai : on peut s’inscrire pour commenter les articles, et il y a même un forum1. Et tout ça grâce à une gestion de projet étonnamment visionnaire : « Au départ, on voulait juste faire un site, mais on s’est rendu compte que l’avenir était aux réseaux sociaux et que la plupart des partis allaient dans cette direction » raconte Brigitte Girardin. Retenez bien : l’avenir est aux fameux réseaux sociaux, vous en entendrez bientôt parler.

Allez, après tant de mauvaise foi, finissons sur une note positive : l’Elysée aurait comme projet de mettre en ligne un site « très interactif » d’ici la fin de l’année. Espérons que Ségolène Royal ne va pas leur refiler son développeur.

  1. ne soyons pas mauvaise langue : chaque utilisateur peut effectivement créer son profil, un peu à la Facebook []

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Dans la vie (d’un geek) il y a des plaisirs simples. J’ai eu la chance de pouvoir accéder au nouveau site de Ségolène Royal pour vérifier si l’hilarité générale était justifiée. Elle l’est.

Alors rien que pour vous, une authentique capture d’écran de la page d’accueil de Désirs d’Avenir du 17 septembre 2009.

Ca se passe de commentaires.

Page d'accueil de Désirs d'Avenir du 17/09

Cliquez pour agrandir l’image. 
NB: La déformation de certains mots n’est pas dûe à la capture d’écran, c’est d’origine.

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La blogosphère n’en croit pas ses yeux : le nouveau site de Ségolène Royal desirsdavenir.org, sorti le 15 septembre, est une véritable machine à remonter le temps. Bienvenue en 1998 !

Prenons les choses dans l’ordre. Censé être une plateforme communautaire moderne pour fédérer les militants et les sympathisants, ce site est avant tout… indisponible. En effet, l’hébergement serait une offre sous-dimensionnée à 10€ par mois. A l’heure où j’écris cet article, il renvoie toujours une erreur 500.

Pour autant, les captures d’écran des chanceux qui ont réussi à se connecter laissent pantois : une architecture adossée au CMS gratuit Joomla1, un fond d’écran gratuit tiré de Vistawallpapers.com, un titre qui semble écrit avec WordArt, aucun contenu sur la Home Page à part une vidéo, des boutons moches… le résultat semble totalement hallucinant, inexplicable.

Nouveau site de Désirs d'Avenir

J’attends de pouvoir juger de façon plus approfondie le site lorsqu’il sera à nouveau disponible, mais L’Express avance des raisons à cette navrante affaire. Le nouveau compagnon de Ségolène Royal, un homme d’affaires « très doué en multimédia », qui dirigerait également une vague web agency, aurait réalisé la chose immonde pour la modique somme de 41 860 euros. La facture étant envoyée à Pierre Bergé, dont on a sûrement parié qu’il n’aurait pas un oeil expert en matière d’Internet.

Dans l’absolu, un budget de 41 K€ ne serait pas excessif pour développer une vraie plateforme communautaire moderne et performante, à la hauteur des ambitions digitales de la femme politique la plus branchitudée de France. Mais pour un avorton de ce niveau…

Toujours est-il que l’objet du délit a aussitôt fait surgir, en plus d’un kyrielle d’articles grinçants, des blagues et des mèmes en tous genres :

  1. pas mal pour des sites simples, mais totalement inadapté pour des besoins plus complexes []

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twitter lexpress 162x300L’Express a été aujourd’hui à l’initiative d’un débat sur Twitter, de 13h à 14h, entre les twitternautes et les 3 seuls politiques français actifs sur Twitter : Nathalie Kosciusko-Morizet (@nk_m), Alain Lambert (@alainlambert) et Benoît Hamon (@benoithamon). Prévenus  un peu à l’avance, tous les Twitternautes pouvaient participer, puisqu’il suffisait d’ajouter le hashtag #lexpress à leurs Tweets.

Pourtant au final, l’expérience a été peu convaincante. Non pas par manque de participants, car des centaines de questions – souvent intéressantes – ont été posées, ni de la faute des trois politiques, qui se sont prêtés au jeu avec franchise. Ni même à cause du format court de Twitter, 140 caractères maximum, qui force les internautes à formuler des questions claires, et les répondants à aller à l’essentiel, abandonnant la langue de bois, comme le remarque Alain Lambert.

Finalement, le principal problème, c’est que Twitter est surtout conçu pour diffuser des messages instantanés à sens unique, pour « gazouiller » mais pas pour dialoguer. Ce n’est pas un outil adapté aux débats : vu la rapidité à laquelle s’enchaînaient les Tweets, les réponses des participants s’affichaient 20 ou 30 lignes au-dessus de la question initiale, ruinant toute lisibilité. Il manque à Twitter un affichage imbriqué des réponses (à l’instar de nombreux commentaires de blogs aujourd’hui, par exemple), pour pouvoir suivre les questions/réponses sans faire de fouilles archéologiques.

Les participants ont eux-même reconnu le faible intérêt de cet exercice :

NKM : Merci à tous. Exercice difficile. Dubitative sur la valeur ajoutée au débat

Benoît Hamon : suis assez d’accord avec @nk_m sur la faible valeur ajoutée du débat.

Euphémismes pour dire que personne n’y a rien compris. Quoi qu’il en soit, cela reste une jolie opération de comm’ online pour L’Express, et l’affirmation de la suprématie des 3 élus, qui règnent pour l’instant quasiment sans concurrence dans le paysage politique français sur Twitter, et sont devenus les chouchous des Twitternautes.

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Fin mars, Pierre Moscovici avait envisagé d’arrêter son blog, déçu et fatigué par la mesquinerie des attaques dont il fait souvent l’objet à travers ses commentaires. Il n’ a pas finalement pas mis son ultimatum à exécution, et continue d’écrire avec la même régularité. Pourtant, il a livré à nouveau cette semaine un billet plus personnel sur la violence des coups qu’il encaisse sur Internet. Et dresse un intéressant parallèle entre l’adoucissement du débat politique du « monde réel » , et au contraire la grande dureté des débats sur Internet.

Selon lui, le monde politique français ne connaît plus aujourd’hui les formidables affrontements des deux siècles précédents, où les enjeux étaient autrement plus lourds pour les hommes qui décidaient de porter leurs idées ; et de citer les grands combats des années 1930, où Léon Blum fut par exemple confronté à l’antisémitisme.

La courtoisie républicaine, l’indifférenciation des discours ont incontestablement progressé. Est-ce un bien? Je ne sais pas, au fond, car cette indistinction peut aussi nourrir la frustration des citoyens [...].

Parallèlement à cet assagissement des politiques, Moscovici observe l’évidente violence des débats sur Internet, où l’anonymat de l’écran permet à chacun de s’exprimer sans retenue, et qui sert de refuge (certains diraient de fosse d’aisance) aux frustations des Français.

Ceci me rappelle une réflexion de Jean-François Kahn lors d’une commission parlementaire (dont je ne retrouverai pas la vidéo) : selon lui, il est sain que les débats parlementaires soient violents, à la mesure des attentes et des exigences des citoyens, sans quoi ceux-ci s’exprimeraient dans la rue s’ils s’estimaient mal représentés par l’hémicycle.

La réalité de ces deux tendances est indiscutable pour qui s’intéresse à la politique et lit la blogosphère. Pourtant, sont-elles vraiment si étroitement corrélées ? « L’étrange dureté du virtuel » est-elle vraiment le reflet des opinions sincères des auteurs ? Les internautes (blogueurs, commentateurs, utilisateurs de réseaux sociaux) ne se livrent-ils pas à l’exagération, protégés par un relatif anonymat et piégés par l’immédiateté de ce média qui pousse à la polémique et à la surenchère ? L’avenir nous l’apprendra et nous verrons si le décalage entre l’exaspération affichée des Français, qu’on ne peut pas ignorer dès que l’on se connecte, et une situation sociale dans le pays, certes sensible mais qui n’a pas (encore ?) explosé, était un exutoire salvateur ou bien un grondement annonciateur de la tempête.

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segolene femme marqueJ’ai reçu il y a quelques semaine un exemplaire du livre de François Belley, « Ségolène ® la femme marque ». Publicitaire de son état et passionné de politique (nul n’est parfait), l’auteur se propose de disséquer le phénomène Ségolène Royal exactement à la manière d’une marque commerciale. L’ouvrage, dont on aurait pu craindre qu’il soit un peu abscons comme le sont les cours de marketing, se révèle en fait précis, bien documenté et vivant.

Tout au long du livre, François Belley s’applique à démontrer que la communication de Ségolène Royal, en particulier depuis 2006, correspond point par point à la stratégie marketing d’une voiture ou d’un parfum. Jusqu’à retoucher son appellation, « Ségolène », dont le patronyme a disparu au profit du prénom.

Le style Ségolène, du moins pendant la campagne présidentielle, reposait en grande partie sur la notion de démocratie participative. Et pour cela, Internet est LE média qui permet au consom’acteur – pardon, au citoyen-expert – de s’exprimer et de s’épanouir. Ainsi, l’ouvrage raconte comment la candidate a construit son programme présidentiel sur la synthèse (supposée) des participations des internautes sur desirsdavenir.org. Exactement à la manière du web 2.0, le programme Royal aurait été le premier programme User Generated Content. L’intérêt ? « Personnaliser le produit favorise les ventes. Face à une offre toujours plus pléthorique, cela permet surtout aux consommateurs de s’approprier le produit. » Mais avec le succès des urnes qu’on sait, il semble que les citoyens ne soient pas encore tout à fait prêts pour la démocratie participative.

Quoi qu’il en soit, bien que l’auteur ait fait le choix de ne s’intéresser qu’à Ségolène Royal, dont le cycle de vie est sans doute déjà en phase de maturité, et risque de commencer à entrer en déclin en même temps que le PS, la démarche est convaincante et originale. Une analyse de François Bayrou sur le même mode mériterait le détour :-) Plus d’informations sont à trouver sur www.lafemmemarque.com

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facebook sarkozy 150x150On le savait, le président de la République a un profil Facebook depuis mars 2009, mais celui-ci offrait assez peu d’intérêt au demeurant, puisqu’il se limitait à publier des communiqués officiels et des coupures de presse.

Pourtant, deux jours après la vidéo « Bon courage chouchou » diffusée cette semaine, Nicolas Sarkozy a actualisé mercredi sa page Facebook, pour la première fois d’une façon beaucoup plus personnelle et intime. Jugez plutôt :

j’actualise mon profil avant le jeudi de l’Ascension avec mes dernières lectures : « Pierre et Jean » (sic) de Maupassant et « Le Lièvre de Patagonie » de Claude Lanzmann. Dernièrement, j’ai aussi vu l’inoubliable film « Les Feux de la Rampe » de Charlie Chaplin.

Dans la foulée, sa photo en costume-cravate a été remplacée par une image de vacances, où le président apparaît tout sourire, le col de sa chemise blanche défait, et même la vidéo de Femmes Actuelles de cette semaine a été publiée. Quant au champ « Activités » de son profil, il est modestement renseigné par « Course à pied, régulièrement » : Nicolas Sarkozy rend bien mal hommage à son hyperactivité, car on ne peut nier qu’il remplit ses journées avec un peu plus qu’une heure de jogging.

Bref, la stratégie de communication de l’Elysée serait-elle entrée dans une phase de reconquête des coeurs via Internet ? Cela se pourrait bien. Il y a des gens payés pour y réfléchir (et copier Obama), comme le jeune Nicolas Princen, ou Franck Louvrier :

« Nous avons décidé de sortir de l’info traditionnelle, cela rentre dans la démarche de s’adapter aux évolutions technologiques »

D’un point de vue de la communication web, cette utilisation de Facebook va dans le bon sens. Reste à savoir si cet outil sera régulièrement actualisé sur le même ton, ce qui est indispensable pour établir une relation durable et plus proche avec les internautes. Et pourquoi pas ouvrir un jour un fil Twitter ? Mais on plaint les journalistes et blogueurs qui devraient suivre sur leur écran le rythme effréné de l’hyperprésident…

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Et voici la vidéo qui va buzzer cette semaine : Nicolas Sarkozy qui débarque, à l’improviste, en pleine interview de sa femme avec Femmes Actuelles à l’Elysée. La scène, qui dure quelques minutes, en est presque touchante d’intimité.

Le président, assis sur un accoudoir, explique en deux mots son programme de la journée -- une réunion avec le premier ministre irakien et un jogging -- avant de repartir comme une fleur, accompagné d’un « bon courage chouchou » venu du bout des lèvres de sa femme.

Sur le web, on soupçonne déjà le coup de comm’ monté à l’avance (lire les commentaire sur Le Post, Youtube) dans le but de passer du gimmick « casse-toi pauvre con » à « bon courage chouchou ». Sans doute s’agit-il plus simplement d’une occasion saisie au vol, d’une bonne improvisation en communication politique. 

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indiana jones 150x150Une fois qu’une information est publiée sur Internet, il est quasiment impossible de la faire disparaître.

C’est ce que nous prouve une fois de plus le magazine Challenges, qui a utilisé la machine à remonter dans le temps du Web pour retrouver le site « fantôme » d’Imeda, la société de conseil de Bernard Kouchner, dont parle Pierre Péan dans son brûlot paru cette semaine, « Le monde selon K.« . 

Pierre Péan écrit dans son livre :

Le site internet d’Imeda que j’ai consulté quand j’ai entamé cette enquête indiquait que cette société de conseil [Imeda, ndlr] avait bien effectué un audit du système de santé gabonais démarré en novembre 2003, [et] avait élaboré la mise en place d’un système national d’assurance-maladie (…) Le site désignait également Bernard Kouchner comme associé à ces deux études d’Imeda au Gabon. » 

Et de déplorer que l’internaute ne peut plus vérifier cette information aujourd’hui, le site ayant disparu depuis. Mais c’était compter sans la Wayback Machine, qu’un journaliste de Challenges a utilisé pour des petits travaux d’archéologie

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Les syndicats cherchent à mobiliser un maximum de monde pour la grève générale prévue jeudi 29 dans toute la France. Et maintenant, les manifs s’organisent aussi par Internet : le site www.29janvier2009.fr a été lancé dès fin novembre pour préparer l’événément et chauffer un peu les protagonistes.

Et la CGT a même créé un plan Google Maps pour communiquer le détail des réjouissances à travers le pays. Un pas de plus vers les manifs online, sans sortir de chez soi ?

Via Le Monde

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Nul doute que la bourrasque technologiquo-politique américaine vient d’atteindre le bassin parisien : en ce premier mois de l’an I de l’ère Obama, nos parlementaires ont découvert les joies des petites vidéos politiques virales. En moins de deux semaines, on a vu surgir trois vidéos web virales concoctées par des députés eux-mêmes

La première était attendue depuis décembre : Jean-François Copé nous avait promis un petit montage de derrière les fagots dénonçant les cabotineries improductives des députés de l’opposition tentant d’obstruer le travail parlementaire. Lancée le 12 janvier sur un site ad’hoc laissant espérer de futurs épisodes, elle est quelque peu décevante, manquant d’exemples criants malgré une intéressante leçon sur la cuisson du homard, et un éclaircissement sur la nature de Casimir.

Bien que la vidéo connaisse un succès d’audience mitigé (seulement 40 000 visionnages), le groupe PS, qui a du temps à tuer, concocte dès le lendemain une réplique du même tonneau démontrant l’incontestable utilité de cette honorable technique de guérilla parlementaire. 

Et la semaine dernière, la cacophonie lors du débat sur la limitation du temps de parole – qui a amené  l’opposition à entonner la Marseillaise, avant de quitter la séance – a été filmée et montée pendant la nuit, pour mettre en ligne à l’aube cette savoureuse petite vidéo, relayée notamment par Le Figaro et Libération. Plus de 100 000 visionnages, ce qui n’est pas mal.

Que penser de ce triptyque ? La communication politique via des vidéos diffusées sur Internet n’est pas tout à fait nouvelle, même en France, puisque le phénomène a connu un coup d’envoi lors de la présidentielle de 2007. La souplesse, la réactivité et le faible coût de la production sur le web sont des atouts qui séduisent les politiques. Mais jusqu’à présent, il s’agissait surtout de vidéos à contenu classique : interviews, explications pédagogiques, petits reportages… 

Or, maintenant que les députés commencent à entrevoir la puissance du buzz sur le web lorsqu’ils disposent de contenu croustillant, on peut prévoir que la prépondérance du sensationnel, de l’émotion, bref de la forme dans la communication politique ne fera que se renforcer, et qu’on touchera moins au fond. Mais qu’on touchera le fond.1

  1. Pas pu résister… []

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Les hommes politiques ont beau jurer qu’ils vont utiliser le web communautaire et participatif pour une meilleure communication avec les citoyens, ils n’ont pas suffisamment les mains dans le cambouis pour connaître la notion de web 2.0… après Frédéric Lefebvre qui refuse d’avouer son ignorance, Benoît Hamon répond avec le plus long « heuuuu » du monde.

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Dans sa vidéo hebdomadaire postée la semaine dernière sur Desirsdavenir.org, Ségolène Royal livre ses bonnes résolutions pour 2009 : elle veut notamment faire monter en puissance sa stratégie Internet pour créer un réseau suffisamment fort pour faire contrepoids à la direction officielle du PS, qui l’a « laissée à la porte ». A plus long terme, c’est évidemment la course pour la présidentielle 2012 qui est en ligne de mire.

« Venez nombreux, adhérez et faites adhérer [...] Nous allons continuer à mettre sur le site les meilleures contributions des experts, des économistes, des intellectuels, des sociologues que nous rencontrons, parce que je souhaite que cette matière grise soit mise à la disposition du plus grand nombre. [...] Je veux que les militants de Désirs d’avenir soient aux côtés de ceux qui souffrent et qui disparaissent en silence, filmez-les, recueillez leurs témoignages, faites-les porter sur le site de Désirs d’avenir »

Ségolène Royal annonce également une nouvelle version : « Nous allons restructuer le site pour lui donner beaucoup plus d’ampleur et d’impact, et j’ai besoin de vos contributions. » L’association compterait actuellement autour de 10 000 adhérents, avec un objectif de 15 000 adhérents d’ici trois mois.

Après l’UMP et le MoDem, c’est donc au tour du PS – ou du moins d’une branche du parti – de se sentir inspiré par la cyber-campagne de Barack Obama. Il reste néanmoins à voir si ces nobles intentions seront réellement suivies, et si les outils Internet seront utilisés avec savoir-faire. Car le site CongrèsUtileEtSerein.com ressemblait plus à un alibi de démocratie participative qu’à une version française du solide réseau de militants tissé par Barack Obama sur le web.

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xavier bertrand 150x150Le nouveau numéro un de l’UMP, Xavier Bertrand, commence à battre le rappel des troupes pour remettre le parti en ordre de bataille en vue des élections européennes de 2009 et régionales de 2010. En particulier, l’objectif est de recruter de nombreux nouveaux adhérents, pour grossir les rangs face à un PS qui risque de devenir plus combattif avec Martine Aubry à sa tête.

 

Mais la campagne de Barack Obama est passée par là, et l’UMP compte bien en tirer des enseignement, ainsi que le révèle le magazine Challenges du 11 décembre :

« C’est très difficile d’augmenter le nombre de militants à l’ancienne, bénévoles, confie un dirigeant de l’UMP. En revanche, il faut faire participer davantage de gens grâce à Internet.«  Depuis quelques mois, sous la houlette de Xavier Bertrand, une task force de communicants [...] travaille à une profonde refonte du site de l’UMP. S’inspirant de ce qu’a fait Barack Obama. L’appel d’offres a déjà été lancé.

De fait, cette volonté de mieux exploiter Internet pour recruter avait déjà été abordée à l’université d’été de l’UMP, début septembre. On a aussi appris de la plume de Christophe Ginisty que le MoDem musclait sa stratégie online. On n’attend donc plus que le PS.

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