sept
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Cette semaine, c’est Le Monde qui ressort le marronnier : “La blogosphère américaine peut-elle faire basculer l’élection présidentielle ?”. L’occasion de se poser encore une fois l’obsédante question existentielle des blogueurs politiques : la blogosphère a-t-elle réellement de l’influence sur la vraie vie ? Bloguons-nous dans un verre d’eau, ou les vrais gens commencent-ils enfin à nous lire, fin 2008 ?
La démocratisation des blogs se fait année après année, élection après élection, mais ses lecteurs restent encore une population bien particulière, une élite assez homogène. Une étude dresse ainsi le portrait-robot du lecteur de blogs américain : homme de 35 à 54 ans, plutôt démocrate, ayant fait des études supérieures, peu religieux. En France, on peut considérer que le MoDem et la gauche sont beaucoup plus représentés que la droite parmi les blogueurs.
La blogosphère ressemble donc plutôt à un grand club qui débat abondamment mais, au final, prêche surtout des convertis. Ce n’est pas encore un média de conquête politique1.
Pourtant, il serait erroné de dire que la blogosphère fonctionne en vase clos et n’a aucune influence sur la vie politique réelle. Ces derniers mois en France, les exemples du “casse-toi pauvre con“, de la grossesse de Rachida Dati ou du fichier Edvige prouvent qu’un phénomène peut partir du web et se propager dans les médias traditionnels, atteignant finalement le grand public.
Si, aujourd’hui, la blogosphère n’a pas assez de puissance pour influencer à elle seule l’opinion publique et a encore impérativement besoin du relai des médias traditionnels comme caisse de résonance, les blogueurs ont toutes les raisons d’espérer que leur pouvoir d’influence va continuer à grandir, et ce de deux manières :
- l’audience d’Internet en général, et incidemment des blogs, augmente constamment, générant ainsi une influence directe de plus en plus forte
- les journalistes traditionnels sont de plus en plus attentifs aux informations et aux mouvements venus du web. Ils relaient donc plus facilement ce qui s’y dit, augmentant ainsi l’influence indirecte des blogs.
Pourtant, dans leur grande majorité, les blogueurs sont loin d’avoir le talent des vrais éditorialistes et journalistes politiques, bien qu’ils semblent parfois croire le contraire. De plus, ils ont très rarement accès à des informations exclusives, se contentant généralement de reprendre des infos déjà existantes2.
Alors ? En réalité, la vraie force d’influence de la blogosphère politique réside plutôt dans sa capacité d’amplification :
- s’intéresser à des informations ignorées par les grands médias - soit sciemment occultées, soit jugées indignes d’intérêt - et les amplifier de manière à les remettre sur le devant de la scène
- mobiliser pour une cause et réunir des grands mouvements citoyens. Ainsi, les 157 000 signatures contre Edvige et les 25 000 membres des groupes Facebook sont une preuve incontestable que de nombreux Français veulent débattre de ce fichier.
Et une fois que les médias de masse ont détecté un mouvement sur le web, ils relaient l’information. Qui sait, dans quelques années, la blogosphère aura peut-être assez de puissance pour se suffire à elle-même ?
- D’ailleurs, Obama n’utilise pas Internet pour conquérir directement des électeurs : c’est pour lui avant tout un moyen de lever des fonds auprès de sa base, et d’inciter les internautes à aller sur le terrain, militer et engranger des voix [↑]
- Par exemple, la vidéo “Casse-toi pauvre con” a été diffusée par Le Parisien et la grossesse de Rachida Dati a été révélée par PurePeople, qui n’a rien d’un blog [↑]
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Commentaires
2 commentaires pour “Influence de la blogosphère : sommes-nous si peu de choses ?”
Je préfère être impuissant que de mettre en avant une certaine puissance sur des sujets aussi marginaux que la grossesse d’une femme !
@abadinte : tu penses que c’est Chirac, le père, c’est ça que tu essaies de dire ?